‹ L'instruction civique a l'écoleChapitre 44 sur 105 · LE VOTE · texte numérisé non relu

LE VOTE

— Je vous ai dit, mes enfants, que Le service militaire est réglé par des lois, les impôts par des lois, toutes les affaires civiles et les procès criminels par des lois. Rien ne se fait sans des lois. Si les lois sont bonnes, tout marche bien. Si les lois sont mauvaises, tout va de travers. Rien de plus important par conséquent que de faire de bonnes lois.

Je vous ai dit aussi qui faisait les lois. C’est tout le monde, puisque c’est le suffrage universel qui nomme les personnes chargées de ce difficile travail.

Vous voterez, vous aussi, dans quelques années, quand vous serez majeurs, c’est-à-dire quand vous aurez 21 ans. Il est donc indispensable que vous sachiez comment les choses se passent, ou sans cela vous seriez de véritables aveugles et non de vrais citoyens. Si les citoyens ne savaient pas ce qu’ils font, la souveraineté du peuple ne serait qu’une tromperie.

Tout citoyen français âgé de 21 ans, qui n’a pas été

l’instruction civique a l'école

condamné par les tribunaux correctionnels ou cours d'assises pour quelque acte infamant *, est électeur, c’està-dire peut voter et nommer un député.

Nous savons déjà que la France est divisée en départements, en arrondissements, en cantons, et enfin en communes. Eh bien ! chaque arrondissement, élit un député ; quand sa population est supérieure à 100,000 habitants, il est divisé en circonscriptions dont chacune élit son député.

Monsieur le Maire faisait entrer les bulletins dans la boite.

Tous les citoyens inscrits sur les listes électorales de la circonscription ont le droit de voter. Yous savez bien comment cela se passe : on a voté ici, il y a eu dimanche quinze jours, pour le conseiller général du canton ; c’est lamême chose pour le député. Vous avez vu tous les citoyens arriver à la mairie. Sur la table se trouvait une boîte en bois fermée à clef et pourvue d’un orifice en forme de fente; c’est ce qu’on appelle l’urne électorale. Derrière la table étaient assis monsieur le maire et messieurs Dufort etGuitrat, conseillers municipaux.

Chaque citoyen en arrivant disait son nom ; monsieur Dufort regardait sur la liste électorale s’il était inscrit, et signait en face du nom de cet électeur, de sorte qu’il ne lui était pas possible de voter deux fois.

Alors l’électeur remettait au maire un morceau depapier blanc plié, et le maire le faisait entrer dans la boîte.

Sur ce morceau de papier, qu’on appelle bulletin de vote, était inscrit le nom de l’homme ou, comme on dit, du candidat, que l’électeur jugeait le plus digne d’être nommé.

Gela a duré de huit heures du matin à six heures du soir. Alors le maire a déclaré le scrutin clos, il a ouvert la boîte, tiré et compté tous les bulletins, et lu à haute voix les noms inscrits sur chacun d’eux. On a ainsi connu le nombre de voix obtenues par chaque candidat.

Comme la même chose se faisait en même temps dans chaque commune appelée à voter, on a su le soir qui avait le plus de voix, qui était élu.

Je vous l’ai dit, pour les députés c’est la même chose. Or, comme ce sont les députés qui font les lois, vous voyez qu’en définitive la loi sort de la boîte en bois, ou plutôt des bulletins que les citoyens y ont mis.

DEUXIÈME LEÇON

Page 1