‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 259 sur 361 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

VOS perfeclious de la manière dont elles peuvent être connues en elles-mêmes. Car leur esprit, si puissant et étendu qu'il soit, et si pénétrante que soit la lumière que vous y répandez, est toujours borné, limité et fini. Mais vous, ô mon Dieu , en même temps que vous êtes infini en vous-même et capable d'être connu d'une manière infinie, vous êtes seul infini dans votre connaissance; seul donc vous pouvez comprendre votre essence et vos divines perfections.

J'adore, ô mon Dieu , la grandeur incompréhensible de votre Majesté et de vos divines perfections. Je reconnais qu'elles dépassent l'intelligence de toutes les créatures spirituelles, et que vous habitez une lumière inaccessible où il n'est permis à personne de pénétrer.

Je me soumets, aveuglément, ô Vérité sans bornes, à tout ce que vous avez eu la bonté de me révéler dans vos saintes Écritures et de me proposer par votre Église. Quelle insigne témérité, si je voulais pénétrer vos décrets, peser vos jugements, sonder vos mystères! Lorsque je trouverai quelques difficultés dans ce que vous me proposez comme objet de ma foi , je serai heureux de confesser la faiblesse de mon esprit et l'épaisseur de mes ténèbres. Je m'humilierai , ô grand Dieu , en considérant la petitesse de mes lumières , qui ne me per- 1 mettent de comprendre les propriétés d'aucune de vos créa- ( tures, pas même d'une fourmi ou d'un moucheron ; bien moins, ' de vous comprendre vous-même. Et comment pourrais-je me rendre compte de vos grandeurs infinies, quand les anges et les bienheureux ne le peuvent dans le ciel! Je m'abîme dans mon néant, Seigneur; et la profondeur de ce néant même, j'avoue que je ne la comprends pas.

Augmentez en moi, ô mon Dieu, ce sentiment d'anéantissement profond, je vous en supplie, par Jésus-Christ Notre- Seigneur. Amen.

V VII. — La puissance de Dieu.

S Vous êtes infiniment puissant,, ô mon Dieu! Vous avez

j'ait tout ce monde : le ciel avec les constellations , l'air

avec les oiseaux, la terre avec les animaux et avec l'homme pour roi. Vous avez tiré du néant tous les êtres, vous les avez formés sans aucune matière préexistante, vous les conservez continuellement; et ils retomberaient dans le néant si vous suspendiez un seul moment envers eux les influences de votre force infinie. Vous pouvez tout ce que vous voulez ; et il vous serait facile, si cela vous plaisait, de créer une infinité d'autres mondes par une seule parole; car rien ne résiste à votre toute-puissance.

Vous avez montré la force de votre bras dans l'Incarnation de votre fils, Notre- Seigneur Jésus - Christ , et dans la vocation des gentils à la foi. Vous continuez à la faire éclater en soutenant votre Église de siècle en siècle, malgré l'opposition des grands de la terre , la malice des démons, la perversité des hérétiques et la lâcheté des mauvais chrétiens. Vous manifesterez plus hautement encore votre puissance à la fin du monde, par la résurrection des morts, par la glorification des saints dans le ciel, et par la punition des pécheurs dans les enfers; et pour opérer ces merveilles, vous n'avez besoin d'aucun secours, votre secours étant votre pouvoir même.

Je m'humilie, ô mon Dieu, sous votre toute-puissante main. Je suis pénétré d'un profond respect et je me soumets entièrement à vos ordres. Quand je considère ma faiblesse et votre force infinie, j'aime à me placer sous la dépendance de votre Majesté, devant laquelle toute créature doit s'abaisser. ^ Si ceux qui s'approchent de leur souverain ne le font qu'avec soumission et vénération, avec quels sentiments d'adoration ne dois -je pas me comporter partout envers vous , qui êtes le Roi des rois , et surtout lorsque je vous ofi're mes prières !

Faites, ô mon Maître, que je pense souvent à votre divine puissance, que je me sente environné et pénétré entièrement par elle, et que je me la représente comme étant toujours prête à m'écraser si j'osais violer votre loi; afin que cette crainte m'empêche de vous offenser et me porte à garder j fidèlement vos ordres divins. Car, vous l'avez dit, « il faut / craindre celui qui, après avoir ôté la vie, a la pouvoir de/ précipiter dans les enfers. » (Malth. x, 28.)

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