VIII.— La sainteté de Dieu, sa pureté infime
mon Dieu, vous êtes infiniment saint, et la sainteté par essence, car vous êtes la loi éternelle, vous êtes la perfection sans limites, vous êtes la bonté même, choses qui constituent la sainteté essentielle. Aussi vous avez un éloignement invincible pour toute imperfection et pour tout défaut.
Vous haïssez nécessairement le péché, qui est opposé à votre loi immaculée et à votre bonté sans mesure. Les anges et les bienheureux dans le ciel sont si ravis de votre sainteté , que dans leurs extases, transportés de sentiments d'admiration, d'adoration, d'amour, de joie, ils crient continuellement : Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu des armées/
Vous êtes aussi la source, le principe, la cause, la règle, le modèle et la fin de toute la sainteté et de toute la pureté qui sont dans les anges et les hommes. C'est vous qui communiquez à toutes vos créatures , pour les convertir, les inclinations saintes qu'elles éprouvent, et leur donnez ensuite toutes les vertus surnaturelles qui les perfectionnent. Vous êtes encore la fin et le couronnement de leur sainteté, car elles n'y parviennent qu'en s'unissant à vous comme à leur but suprême, pour vous honorer, vous glorifier, vous aimer, vous louer et vous posséder.
Je vous demande, ô mon Dieu, la science du salut. Puisque c'est votre volonté que nous soyons saints, et que vous
nous avez fait un commandement d'être parfaits comme vous êtes parfait vous-même , je désire être fidèle à vos grâces , et me servir des moyens que vous me donnez pour m'avancer chaque jour de vertu en vertu afin de devenir heureux. Car la sainteté que j'obtiendrai sur la terre sera la mesure de la félicité éternelle que je posséderai, une fois rejoint au peuple des élus, dans le ciel.
Accordez-moi la grâce, ô divin Maître, d'être fidèle aux promesses que je vous ai faites à mon baptême, de travailler à ma sanctification. C'est pour cela que j'ai renoncé à Satan et à ses séductions, ne voulant suivre que Jésus, sa doctrine et ses exemples. J'ai renonc'é aussi aux œuvres du démon , aux pompes du monde, à ses maximes corrompues et à ses vanités, pour suivre les maximes du Sauveur et pratiquer les vertus chrétiennes. J'ai renoncé enfin au péché, que votre sainteté a en horreur. Ne permettez pas, ô mon Dieu, que je sois infidèle à ces solennelles promesses. Faites, au contraire , que j'imite en toutes choses Jésus-Christ , le modèle de notre sainteté. La grande règle de la sainteté de l'homme en ce monde^ c'est de faire en chaque chose votre volonté, ô mon Dieu, vous qui êtes la loi éternelle. Faites-moi la grâce de chercher cela seul. Puisqu'il n'arrive rien que ce que vous vouiez ou permettez dans votre providence à l'égard des élus , j'accepte par avance toutes les maladies, les afflictions, les sécheresses, les contradictions et les mépris qu'il vous plaira de m'envoyer. Je ne regarderai en toutes ces choses que vous, qui vous servez des causes naturelles et de la malice même des démons pour accomplir votre sainte volonté en nous.
Le véritable moyen , ô mon Dieu , pour devenir saint en ce monde, c'est d'accomplir fidèlement les obligations de l'état où vous nous avez appelés. Faites-moi la grâce d'être. fidèle à bien m'acquitter de ces devoirs , pour contenter votre désir qu'on les accomplisse avec une entière exactitude et avec une constante ferveur.
La mesure de la sainteté et de la perfection de l'homme sur celte terre, c'est votre amour, ô mon Dieu I Plus on vous aime, plus on est saint. Car vous qui êtes le saint des saints, vous