QUATRIÈME PARTIE
manité; à votre nom , tout genou doit donc fléchir, au ciel, sur la terre et dans les enfers.
Vous êtes le roi de gloire, car vous avez triomphé du péché et de la mort; vous avez aussi détruit l'empire du démon, renversé le règne de l'idolâtrie ; et vous vous ôtes fait reconnaître, adorer, servir dans toutes les parties du monde. Celte gloire royale a éclaté dans votre Résurrection et surtout dans votre Ascension, quand vous avez pris possession de votre trône céleste; et c'est là qu'assis à la droite de votre Père, vous recevez à jamais les adorations de toute créature.
Votre gloire sera consommée, lorsque après avoir jugé les vivants et les morts, les anges et les démons, après avoir mis sous vos pieds les réprouvés et la mort, votre dernière ennemie, vous remonterez au ciel avec une majesté admirable, accompagné des anges et des bienheureux. Alors, offrant à Dieu votre royaume et votre royauté , vous reconnaîtrez que toute la gloire que vous avez reçue et celle qu'auront en vous les élus pendant l'éternité vient du Tout-Puissant, qui au ciel sera « toutes choses en tous. » (I Cor. xv, 28.)
Je vous adore , ô Jésus, comme mon roi. Je me soumets entièrement et de tout cœur à votre domaine souverain ; car il m'est plus glorieux de vous obéir que de devenir le plus puissant roi du monde.
Je vous remercie , grand prince , de m'avoir choisi préférablement à tant d'autres, pour faire partie de votre royaume. Moi, à mon tour, je vous ai choisi dans mon baptême pour
l^on monarque, et j'ai renoncé à l'empire de Satan, votre en-
^Bmi , pour vous rendre les hommages qui vous sont dus
^Hmme à mon premier Souverain.
^ Faites-moi la grâce, ô Seigneur, d'être fidèle toute ma vie à vous bien servir, en vous faisant régner sur ma volonté , mon esprit, mes sens et mes passions. Je ne veux plus chercher qu'à vous plaire, comme les fidèles sujets n'ambitionnent que de plaire à leur monarque. Trop largement récompensé si je mérite que vous m'appeliez un jour un bon et fidèle serviteur. Amen. (Matth. xxv, 23.)
Vil. — Jésus -Christ maître et docteur.
Vous êtes, o mon Jésus, le Maître, le Docteur. C'est vous qui nous instruisez au dehors par votre parole, et au dedans par vos inspirations. Vous êtes la lumière du monde , puisque avant votre venue toutes les nations marchaient dans les ténèbres, et étaient assises à l'ombre de la mort. Vous êtes notre apôtre et l'ange du grand conseil envoyé par le Père, pour nous enseigner la voie du salut. Vous êtes encore l'évêque de nos âmes , parce que vous nous visitez et vous veillez sur nous.
Je vous reconnais comme le prophète par excellence , celui par qui tous les autres prophètes ont parlé; et vous avez vous - même prophétisé beaucoup de choses dont les unes sont accomplies déjà , les autres s'accompliront à la fin des temps. Vous avez été oint et sacré prophète, non d'une onction corporelle comme l'étaient les prophètes des juifs, mais d'une onction toute spirituelle, par l'union de la Divinité à votre humanité, et par l'infusion de toutes les grâces que votre âme reçut dès le premier instant, pour instruire le peuple chrétien.
Je vous remercie, ô mon Maître, de ne m' avoir pas fait naître dans le temps où, en dehors de la Judée , les ténèbres du paganisme couvraient toute la terre; car j'aurais été idolâtre comme le reste des hommes.
Faites -moi la grâce de suivre la lumière de la vérité vous avez apportée dans le monde, de pratiquer la doctri que vous avez enseignée, d'entendre votre parois avec s mission, et de suivre toutes vos maximes, surtout la p essentielle pour quiconque veut être du nombre de vos disciples : renoncer à soi-même, porter sa croix chaque jour et vous suivre.
Je vous demande donc, ô mon Jésus, de bien soutenir cette croix, dont votre exemple m'enseigne clairement le prix. Je vous demande enfin la grâce de me comporter en tout conformément aux leçons que vous m'avez données , leçons d'humilité, de douceur, de chasteté, de pauvreté, d'obéissance,