‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 298 sur 361 · XXV. — Jésus -Christ la vigne · texte numérisé non relu

XXV. — Jésus -Christ la vigne

Jésus, vous nous avez dit à tous, en parlant à vos disciples : «Je suis la vigne, vous êtes les branches.» (Joan. xv, 5.) Belle parole 1 Puisse -je la comprendre, la goûter et la pratiquer!

De même que la branche, unie au cep de vigne, reçoit continuellement de lui la sève et la vigueur qui lui fait produire des fruits , tandis que la branche séparée du cep se dessèche et n'est bonne qu'à être jetée au feu : de même, voulez -vous dire par cette comparaison, tandis que nous demeurons en vous,, dans la foi, l'espérance et la charité, vous nous communiquez toutes les influences , les richesses et la fécondité de votre grâce ; et nous portons beaucoup de fruits , c'est-àdire que nous accomplissons beaucoup de bonnes oeuvres pour le ciel. Mais, séparés de vous, nous devenons tout arides, et, ne fructifiant pas pour Dieu, nous méritons la condamnation et les flammes. Saint Augustin l'a dit : « La branche n'a que deux places possibles, le cep vivifiant ou le feu dévorant. Aut vitis aut ignis. »

C'est avant votre douloureuse passion que vous nous donnâtes cette leçon de la vigne et des rameaux. Par là , vous avez voulu nous faire comprendre que vos blessures étaient comme des incisions miséricordieuses pour introduire les branches sauvages appelées à se transformer en vous. Vous avez voulu encore nous avertir que bien des tribulations se rencontreraient pour nous ébranler et nous détacher de vous , mais que nous devions rester fermes, et qu'alors le poids des peines d'ici-bas, loin de nous séparer de vous, servirait d'abord à nousémonder, et serait ensuite, comme un pressoir mystique, pour faire sortir de notre cœur un vin mystérieux, qui participe à la vertu de votre sang versé sur la croix.

Vous nous donnâtes cette même instruction, après l'institution de la sainte Eucharistie, pour que nous comprissions bien que c'est par ce sacrement surtout que nous vous sommes unis; que votre sang précieux est la sève de notre vie, qu'il en est la force, qu'il en est la joie, et qu'une ardeur toute divine doit en être le fruit.

Vigne mystique, je suis le sarment inutile, j'ai épuisé en vain vos grâces et je suis presque desséché ! J'ai donc mérité les flammes ! Mais puisque vous ne m'avez pas encore retranché, puisqu'il est encore temps de reverdir et de fructifier, agréez la promesse que je vous fais d'être plus fidèle à vos inspirations, et pardonnez-moi toute l'inutilité de ma vie jusqu'à ce jour. Amen.

XXVi — Jésus -Christ le principe et la lin.

Jésus, comme Dieu, vous êtes le principe et la fin de toutes choses. Vous en êtes le principe par la création des êtres, leur conservation et leur gouvernement plein de sagesse. Vous êtes le premier-né de toute créature , parce qu'étant le Verbe, vous êtes engendré de toute éternité par votre Père. Vous êtes la fin des choses ; car vous les avez créées pour glorifier votre intelligence, votre justice, votre bonté et vos autres divines perfections.

En tant qu'homme , vous êtes le principe , parce que vous êtes le chef de l'Église, et que votre Père vous a donné toute puissance pour la gouverner. Vous êtes en même temps la fin des choses, car tout est pour l'homme , l'homme pour le Christ et le Christ pour Dieu. (I Cor. m, 23.) Vous êtes le premier-né d'entre plusieurs frères, parce que vous avez été prédestiné avant toute créature; et votre prédestination a été le modèle de la prédestination des élus. Vous êtes le premier-né d'entre les morts, parce que vous êtes ressuscité le premier, par votre propre vertu. Enfin vous êtes, dans les desseins de la Providence, V alpha et V oméga, puisque tout commence par vous et se termine en vous.

Je vous remercie, ô mon Sauveur, de ce que vous m'avez

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