VIII. — Jésus modèle de pauvreté
pauvre Jésus! pauvre dans votre enfance, pauvre dans le cours de votre vie, pauvre dans votre mort, pauvre dans votre sépulture! je vous adore et je veux vous ressembler. Éclairez-moi sur les caractères de la pauvreté d'esprit.
Ces caractères se résument ainsi :
1" Ne rien posséder en propre , ne rien donner, ne rien recevoir et ne disposer absolument de rien, sans la permission des supérieurs.
2° N'avoir rien de superflu , rien qui ressente la vanité ou le luxe dans les habits, la demeure, la nourriture, et tout le reste.
3° Ne contracter aucun attachement, même occulte, aux choses dont on a l'usage.
4" Souffrir volontiers et en paix les suites de la pauvreté, comme la faim, la soif, le froid, une nourriture misérable; car, selon saint Thomas, le religieux qui ne veut souffrir aucune privation dans les choses nécessaires , n'est pauvre que de nom ou d'imagination.
5" Se réjouir quand on est privé même de l'indispensable, comme le faisait le grand patriarche des pauvres, saint François d'Assise, qui alors chantait d'allégresse.
Je vous demande , ô mon Jésus , la grâce d'observer ainsi la pauvreté évangélique à laquelle vous m'avez appelé. Je reconnais la faveur que vous m'avez accordée en me choisissant pour en faire le vœu. Car il me délivre du péril et de l'embarras qu'entraîne après soi la disposition des biens de ce monde; il procure à mon âme le repos intérieur; et il m'offre un bon moyen de pratiquer plus facilement le précepte que vous avez fait au chrétien, de renoncer à tout ce qu'il possède pour être votre disciple. Puisse -je profiler de cette faveur.
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Votre Psalmisle l'a dit : « Heureux celui qui comprend le mystère du pauvre et de IMndigent (Ps. xl, 2); » accordez-moi cette intelligence. Votre Apôlre à son tour enseigne que « c'est à cause de nous que vous vous êtes fait pauvre , afin que votre pauvreté fût cause de notre richesse » (II Cor. viii, 9); donnez-moi donc, je vous en supplie, de devenir un vrai pauvre, par amour pour vous , plus encore que par le désir des récompenses que vous avez promises à la sainte pauvreté.
Je vous demande pardon, ô mon Sauveur, des nombreuses fautes que j'ai commises contre l'esprit de ce vœu, en recherchant avec trop d'empressement ce qui me plaisait. Faites-moi la grâce d'être entièrement détaché de tout à l'avenir, et de souffrir les privations avec patience d'abord, puis ensuite avec joie. Amen.
IX — Jisus- Christ modèle d'obéissance.
Vous nous avez donné l'exemple de la plus parfaite obéissance, ô mon Jésus! Vous l'avez pratiquée depuis le commencement de votre vie dans le sein de Marie, jusques à votre dernier soupir sur la croix. En effet, dès le premier instant de votre incarnation vous dîtes à votre Père céleste : Me voici; je viens pour faire votre volonté. ( Hebr. x , 7.) Vous lui répétiez souvent aussi pendant votre vie mortelle : Mon Père, que voire volonté soit faite et non pas la mienne. Faire la volonté de votre Père en toutes choses était votre nourriture. (Joan. IV, 34.) Vous ne lui avez pas obéi à lui seulement, mais encore à votre Mère et à Joseph pendant trente années; car l'Évangile résume cette longue partie de votre vie en un mot : «Il leur était soumis» (Luc. ii, 51); c'est que vous les regardiez comme les représentants de votre Père , qui vous voulait dans cet état de dépendance pour en être glorifié.
Quoique vous fussiez venu au monde uniquement pour accomplir le grand ouvrage de notre rédemption par la prédication de l'Évangile, vous n'avez voulu sortir de votre état d'obscurité, vous produire dans le "monde que par un nouvel ordre de votre Père. Quittant celte vie cachée qui avait été un