‹ L'Instruction du peupleChapitre 104 sur 186 · GENÈVE · texte numérisé non relu

GENÈVE

(1865). Population : 82,876. — Catholiques, 42,099; protestants, 40,069.

Voici d’après le rapport de MM. Mouchet et Chautems, inspecteurs des écoles primaires, la situation de l’enseignement primaire pendant l’année 1870-71.

Le nombre des écoles primaires du canton est de 70; 8 dans la ville de Genève, 62 dans les autres communes; 21 écoles sont destinées aux garçons seuls, 21 aux filles seules et 28 sont mixtes. Ces écoles forment 46 classes distinctes dans la ville de Genève et 75 dans les autres communes; soit en totalité, 131 classes distinctes dans le canton.

Le nombre des élèves répartis entre ces écoles est de 6,441 ; soit 3,313 garçons et 3,128 filles, Le canton de Genève compte une population de 85,000 âmes environ.

Voyons maintenant le degré d’instruction des jeunes gens appelés à commencer leur service militaire. En 1871, le nombre des recrues

a été de 756, dont 440 Genevois et 316 Suisses d'autres cantons. Ils ont été soumis à un examen portant sur la lecture, l’écriture, le calcul et l’orthographe; cet examen a donné les résultats suivants: 548 examens ont été déclarés « très-suffisants, » 50 « suffisants, » 52 « insuffisants, » 6 « nuis, » Des 6 hommes illettrés, 4 sont Génevois, 2 Suisses d'autres cantons. Parmi les Génevois, 2 sont incapables d’acquérir de l'instruction'.

On ne trouve dans le canton de Genève que 1 élève sur 13 habitants. C'est presque trois fois moins que dans le canton de Neufchatel. Il est vrai qu’a Genève l’enseignement n’est pas obligatoire et que le tiers de la population est formé d’étrangers venus de la Savoie et de la France. En 1859, quand Genève n’avait que 66,000 habitants, on comptait déjà 5, MO enfants dans les écoles, soit à peu près le même nombre qu’aujourd'hui. Mais les élèves des écoles publiques, les seules inspectéesel recensées, ne forment qu’une partie de la population scolaire.

Il faut y joindre :

1° Les élèves des écoles catholiques dirigées par les frères de la doctrine chrétienne et les sœurs de la charité.

2° Les élèves des écoles confessionnelles protestantes, dirigées par des comités libres, poursuivant un but religieux.

3" Les élèves des écoles privées entreprises dans un but de spéculation, qui réunissent nombre d’enfants des deux sexes do la classe aisée.

4" Les élèves du collège , dont les classes inférieures répondent à l’enseignement primaire.

5° Un grand nombre d'enfants (de filles surtout) qui restent dans leurs familles, en recevant des leçons individuelles ou des leçons collectives à domicile.

les communes ont dépensé pour l’enseignement primaire. 84,486 fr.

L'État 112,882

Total 197,368

La dépense par habitant monte donc à 2 fr. 30 c. et à 35 francs par élève. C’est bien moins que dans les cantons de Neufchatel, Zurich, Saint-Gall, etc. Et cependant Genève est riche ; il est vrai qu’elle

1. M. Ernest Naville m’écrit à ce sujet : « Les enfants de notre canton qui ne reçoivent aucune instruction sont une exception in/lniment rare. Je ne me rappelle pas avoir jamais rencontré, ni à la ville, ni à la campagne, un Génevois (homme ou femme) ne sachant pas lire. Je souligne Génevois, parce que, depuis quelque temps surtout, nous sommes inondés d’étrangers généralement privés d'instruction. »

s’est endettée pour bâtir des ponts, des quais, des boulevards et des édifices grandioses, à l’exemple de Paris. — Les instituteurs appelés régents reçoivent un traitement de 1,000 à 1,400 francs outre le loge ent.On s’occupe en ce moment d’une révision de la loi scolaire qui a i.iutira, croit-on, à l’adoption de l'enseignement obligatoire.

Page 1