‹ L'Instruction du peupleChapitre 124 sur 186 · CONNECTICUT · texte numérisé non relu

CONNECTICUT

Population : 1860, 460,147; 1870, 517,454.

Les lois scolaires du Connecticut ont été littéralement copiées sur celles du Massachusetts.

Voici un aperçu de la législation sur cette matière. Les autorités ehargées de l’administration des écoles sont : 1° Un comité de district d’une ou de trois personnes, annuellement choisies par les électeurs légaux de chaque district, qui nomme en même temps les autres fonctionnaires du district, un commis, un receveur, et un trésorier. — 2° Un comité scolaire de trois membres qui soigne les affaires financières avec un commis, un receveur et un trésorier. — 3° Un conseil d’inspecteurs d’école ou surveillants ne dépassant pas le nombre de neuf personnes également élues annuellement dans chaque circonscription. Ce conseil est chargé en principe de l’entière direction des écoles. Il fait subir un examen aux instituteurs, visite deux fois toutes les écoles durant chaque saison scolaire, annule les certificats des instituteurs qu’il juge incapables et fait un rapport annuel à la société des écoles. Ce comité peut nommer un inspecteur effectif pour visiter les écoles, examiner les instituteurs et faire le rapport annuel. — 4° Le commissaire du fonds d’école qui est chargé de la direction de ce fonds et de la répartition de son revenu. Ses fonctions n’ont trait qu’aux finances. 5° — Un surintendant des écoles communales, dont le devoir est de recueillir et de répandre les informations, de réunir les conférences d’instituteurs et de faire un rapport annuel à la législature.

Les ressources des écoles communales proviennent : 1° du revenu

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annuel du fonds scolaire dont le capital s'élevait en 1863 à doll. 2,049,426 ; 2* de la moitié du revenu des fonds de dépôt des toivnships, dont le capital était de 763,661 doll. ; 3“ du revenu scolaire du fonds local; 4° du produit de la taxe de la congrégation d’école; 5° du produit de la taxe du district; 6“ autrefois des rate bills ou rétribution scolaire payée par les enfants qui fréquentent l'école. Les raie bills ont été supprimés récemment. L’instruction est maintenant entièrement gratuite.

L’État est divisé en 213 congrégations scolaires correspondant aux anciennes divisions paroissiales. Chaque congrégation est subdivisée en petites corporations territoriales, appelées districts scolaires, qui ont le droit de construire des écoles, de nommer des comités locaux, de nommer l’instituteur, de lover des taxes et de faire des règlements, non opposés à ceux de la congrégation à laquelle elles appartiennent. On se plaint que beaucoup d’enfants ne fréquentent pas les écoles. Dans certain district un quart ne se fait pas inscrire, et l’assistance journalière est bien irrégulière. C’est un mal que tous les inspecteurs des comtés signalent avec effroi.

Un moyen de le combattre serait, dit le comité supérieur, de distribuer les subsides de l’État en raison de la fréquentation. Les parents, qui sont les contribuables, auraient ainsi d’autant plus à payer qu’il y aurait moins d’enfants dans les écoles.

Le Connecticut était un des rares États, avec le Michigan, New- York et New-Jersey, où l’école n’était pas gratuite. En 1868 la gratuité a été volée presque à l’unanimité par les deux chambres, avec l’appui décidé de la presse et des hommes de tous les partis. Les autres États ont aussi aboli toute rétribution scolaire, et aujourd’hui on peut dire que la gratuité complète est tin principe américain. Il est digne de remarque qu’on soit arrivé à ce résultat, par l’expérience et la libre discussion. A New-York les bons effets de la gratuité ont été merveilleux. Dès la première année il y a eu 25,91 1 enfants de plus dans les écoles. L’amour du peuple pour les écoles s’est accru, les instituteurs ont été mieux rétribués, et les contribuables ont largement augmenté les contributions par leur vole. Le droit qu’a l’État de maintenir son existence, dit très-bien le surintendant M. Northrop, implique le droit d’établir des écoles gratuites. L’instruction est le droit, le devoir, l’intérêt universel de la société. La guerre civile n’a été possible que parce que les écoles libres manquaient dans le Sud. Dans la Virginie occidentale on a inauguré le système de la gratuité au milieu des horreurs de la guerre. Depuis lors plus de 1,200 maisons d'écoles ont été bâties au prix de 1,000,000 de dollars.

La dernière guerre a prouvé au peuple la nécessité de l’instruction et a été ainsi l’occasion d’un immense progrès. Cette crise a été un

profond enseignement pourle pays tout entier. Les grands événements réveillent les âmes et accroissent leur énergie. Une nouvelle ère a commencé pour l’enseignement comme pour l'histoire politique du pays; jamais lesamis de l’instruction n’ont reçu autant de marques de sympathie; partout les citoyens sont prêts à accroître leurs sacrifices pour la grande et sainte cause de l’instruction universelle; c’est un entrainement d’enthousiasme semblable à un rcvival, il un réveil religieux. La gratuité a amené plus de 10,000 enfants à l’école, et tous les partis en reconnaissent les avantages. Le dessin commence à être enseigné dans beaucoup d'écoles: on couvre les murs de tableaux noirs ( Black board) et à mesure que le maître explique un sujet, il l’illustre par des dessins à la craie que les élèves doivent imiter. C'est un art que l’on enseigne dans les écoles normales et que l’on applique à la géographie, à la botanique, à la physiologie, à la zoologie, etc. .

La gymnastique et même l’exercice militaire sont introduits dans beaucoup d’écoles presquo sans frais, et les résultats en sont excellents ; peu à peu, dans le Connecticut comme ailleurs, Indivision par townships remplace l’organisation par district. M. Horace Mann disait à ce sujet : jo considère la loi autorisant les townships à se subdiviser en districts, comme la plus fâcheuse qu’on ait jamais adoptée en fait de règlement scolaires.

Les avantages de la division par townships , comparée à celle par districts, sont nombreux. Ce système 1° favorise la graduation des classes; 2* il établit de l’unité, de l’harmonie, de l'esprit public dans l’organisation; il évite les conflits et les litiges; 3° il égalise les avantages de l’éducation; 4" il répartit les dépenses avec plus d'égalité; 5° il économise les dépenses; 6" il assure de meilleurs instituteurs; 7» il permet de les conserver plus longtemps. Dans le Connecticut, dit M. Northrop, nous avons 146 écoles avec une assistance moyenne de 2 à 6 éleves, et -14") avec une assistance de 2 à 10 élèves. C’est un éparpillement de forces déplorable; il faut réduire le nombre des écoles pour les avoir meilleures.

L’activité du surintendant est vraiment extraordinaire. Dans l’année 1868-69 il a donné 161 conférences, visité 411 écoles, et 405 lownships et questionné plus de 25,000 enfants. Tous les inspectours se plaignent du changement constant de maîtres. Très-fréquemment on prend un instituteur l’hiver qu’on remplace l'été par une institutrice. Rarement le maître reste deux ans attaché à la même école. Le tiers environ de tout le personnel enseignant est nouveau dans la carrière et n’a jamais enseigné; l'expérience leur manque complètement. Le renouvellement constant dos autorités scolaires, surintendants, inspecteurs, membres des comités est aussi un vice sérieux, qui nuit considérablement à l’efficacité du système. Les résultats de l'expérience

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acquise sont constamment pordus. En Allemagne avec des sacrifices bien moindres on obtient des résultats plus complets. La vie, l’activité répandues ici dans le corps social doivent amener nécessairement plus de changements que dans les sociétés européennes; mais l’intérêt de l'enseignement exige impérieusement plus de fixité dans les situations et les emplois. C’est sur ce point que les amis de l'instruction devraient porter tous leurs efforts, en Amérique.

Le rapport du surintendant pour 4870 contient les données suivantes :

Nombre des Toumships. 463

Districts scolaires 1,555

Écoles publiques 1,644

, Classes dans ces écoles. 2,248

Enfants de 4 à IG ans 128,448

Enfants inscrits dans les écoles publiques. 110,640

Écoles privées 345

Enfants dans ces écoles 9,304

Hiver. — Intituteurs 702

— Institutrices 1,670

Été. — Instituteurs 185

— Institutrices 2,141

Instituteurs n’ayant jumais enseigné. . . . 607

dollars.

Traitement mensuel pour instituteurs. 63 10

— — — institutrices. 31 29

Fonds d’école. Capital 2,013,375 »

Revenu total des écoles 1,484,016 »

Dépense totale en 1870 1,621,387 »

Dépense en 1861 345,184 »

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