‹ L'Instruction du peupleChapitre 146 sur 186 · ORÉGON · texte numérisé non relu

ORÉGON

Population : 1860, 52,465; 1870, 90,923.

La loi organique de l’Orégon stipule que le gouverneur de l’État remplira les fonctions de surintendant d’instruction publique, à moins que la législature n’en décide autrement. Conjointement avec le secrétaire et le trésorier de l'État, il constitue un comité de commissaires chargé de vendre les terres des écoles et de l’université, et de placer les fonds qui en proviennent.

Les surintendants de comté sont élus pour un terme de deux années et reçoivent une rétribution qui ne sera pas en dessous de cinquante ni au dessus cinq cents dollars, suivant la décision de la cour du comté. Il a le droit d'établir les limites des districts, de les changer, suivant les réclamations, de recevoir ou d'ordonner de percevoir l’ar-

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gent destiné aux écoles et d’en répartir le produit entre les districts de son ressort. Il règle les examens pour le diplôme d’instituteur et délivre ces diplômes. Il administre les terres de l’école et visite les écoles une fois par mois. Il est fait un procès-verbal de ses travaux ainsi que des examens pour l’obtention des diplômes.

Les districts sont organisés par les électeurs, qui choisissent trois directeurs et un clerk, sous la direction desquels les écoles sont placées. Ils ont le pouvoir, avec l’autorisation des habitants, d’acheter, de louer ou de construire des écoles, de les meubler et d’engager des instituteurs. Le district constitue une personne civile. L’enseignement est gratuit comme dans tous les États aujourd’hui.

Les classes durent, au moins, trois mois dans l’année. Aucun instituteur ne peut être employé dans les écoles publiques à moins d'avoir un diplôme.

Le clerk du district tient les comptes du district et agit en qualité d'attorney dans tous les procès.

Le produit do toutes les terres ou legs concédés à l’État pour les besoins de l'éducation sont à jamais consacrés à cette destination ainsi que tout l’argent résultant des biens en déshérence ou confisqués. Les cinq cent mille acres qui ont été concédés par le Congrès à l’État, sont appliqués aux besoins scolaires, ainsi que les cinq pour cent du produit net des ventes des terres publiques. Ces ressources réunies forment un fonds consolidé, irréductible et séparé, consacré aux besoins de l’école publique.

De plus, la cour du comté doit lever annuellement une taxe de deux mills par dollar à percevoir de la même manière que les autres impôts. Les districts ont aussi le pouvoir de lever des taxes pour les besoins scolaires.

STATISTIQUE (1871)

Enfants de 4 à 20 ans 31,055

Élèves inscrits 21,000

Districts scalaires 630

Revenu scolaire 153,009 doit.

PENS YLVANIE.

Population : 1860, 2,906,215; 1870, 3,521,791.

D’après la loi de 1836 chaque township, quartier ou bourg en dehors de la ville de Philadelphie, forme un district d'école séparé.

Chaque district a un comité de directeurs scolaires de six membres, dont deux sont choisis chaque année. Ces directeurs sont autorisés, s’ils le trouvent bon, à diviser les districts en sous-districts, avec la faculté de choisir une commission, composée de trois membres, qui administre les affaires locales du sous-district.

Les directeurs sont tenus de visiter chaque école de leur district au moins une fois par mois, et d’inscrire le résultat de ces visites dans les procès-verbaux du comité. Ni les directeurs, ni le trésorier ni les commissions primaires no reçoivent aucune indemnité. Les directeurs ont aussi le pouvoir d’examiner et de tjommer les instituteurs.

Chaque district constitue ainsi une organisation indépendante, représentée par le comité des directeurs et n’ayant aucun rapport avec les autres fonctionnaires des lownships ou des comtés. Il y a un surintendant de comté élu par les directeurs réunis en « convention » et commissionnés par le surintendant général de l’État. C’est à lui que les directeurs adressent leur rapport annuel. Le surintendant ou inspecteur du comté adresse également un rapport annuel au surintendant général de l’État qui, lui, adresse son rapport à la législature. Le surintendant est nommé par le gouverneur, avec l’avis et le consentement du sénat.

Les écoles sont entretenues en partie au moyen d’une taxe général de l’État, mais principalement, par les taxes locales. Les surintendants de comté ont un salaire dont le montant est Qxé par les directeurs réunis en convention.

L’Élata été divisé en douze grands districts, dans quatre desquels des écoles normales sont établies.

Il y a en Pensvlvanie 75 inspecteurs pour 13,300 écoles, soit en moyenne 177 écoles par inspecteur. Le total de leurs traitements s’élève à 78,400 dollars soit environ 5,300 fr. en moyenne.

Les écoles sont entièrement gratuites. Il faut qu’elles soient ouvertes six mois dans l’année pour participer aux fonds publics.

Elles doivent enseigner obligatoirement la lecture, l'écriture, la grammaire, l’arithmétique, la géographie et l’histoire des États- Unis.

Les instituteurs doivent être d’une moralité irréprochable et posséder un diplôme pour les six branches obligatoires. Us sont tenus de noter sur un tableau le nombre des élèves, leur nom, âge, présence. Ces conditions doivent être remplies, sinon le district est exclu de la répartition du fonds scolaire.

Les enfants ont droit de fréquenter l’école de leur résidence de six à vingt et un ans.

Revenus scolaires. — Le total des fonds scolaires de l'État, des

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comtés et des townships est de 6, 3i8, 538 dollars, donnanten <868 un revenu de 502,356 dollars.

Il y a un Impôt de l’État de deux mills par dollar (soit un centime par cinq francs) sur tout le capital imposable. Il a produit en <868, 900,000 dollars. Le revenu total a été de 6,896,879 doll.

L'auditeur de l’Étal partage les subsides entre les comtés, </3 d’apres l’étendue du territoire, et 2/3 d'après le nombre d'enfants audessous de vingt ans. Les surintendants de comté font la répartition entre les townships d’après les mêmes bases. Les trustées des townships font le partago, moitié d’après le nombre d'enfants au-dessous de vingt et un ans, moitié d'après le total des jours de fréquentation certifiés par les instituteurs.

Les conférences d’instituteurs ont le plus grand succès dans la Pensvlvanie. Il s’en est tenu dans tous les comtés. Le nombre des assistants s’est élevé en <868 à 28,230 dont <<,381 instituteurs.

Les cinq écoles normales ont eu en <870, 2,675 élèves. La valeur de la propriété des écoles s’élève à 422,273 dollars. Leur revenu monte à <28,070 doll.

L'institut deBloomsbury, possédant un des plus beaux bâtiment de l’État (coût <00,000 dollars) a été reeonnu comme école normale de l’État. Déjà 65,000 dollars sont souscrits pour ériger une nouvelle école normale à West-Chester, et l’on arrivera bientôt aux <00,000 dollars ;ugés nécessaires. A Pittsburg, on a jeté les fondements d’une école qui coûtera 200,000 dollars.

L’État est divisé en comtés, townships et districts.

Le surintendant de l’État est nommé par le gouverneur. Il touche 2,500 dollars. On est d’avis qu’il vaudrait mieux le faire nommer directement par les électeurs pour un terme assez long. Depuis <854 les comtés ont tous des surintendants ou inspecteurs. Ils sont élus par les membres des comités scolaires. On demande qu’ils soient nommés par le surintendant général. Mais M. Wickersham dit, dans son rapport, que ce mode de nomination constituerait une centralisation contraire à l’esprit des institutions républicaines et ne donnerait probablement pas de meilleures nominations. Ces surintendants de comté jouissent d'un traitement de <,000 à 2,000 dollars.

On se plaint de la négligeance des directeurs de district et pour y mettre un terme on propose do réduire leur nombre, de les rétribuer ou même de les faire nommer par une autorité supérieure. Le surintendant général s’élève vivement aussi contre cette réforme, par des raisons qui montrent bien quelles sont les idées américaines en matière d’administration.

Ce serait d’abord, dit-il, un abandon de ce grand principe anglo- , saxon, base de tout le système politique des États-Unis, à savoir

que l’administration locale doit émaner directement de l’élection.

Les comités nommés par l’autorité supérieure vaudraient mieux peut-être, mais l’intérêt que le peuple porte à l’école diminuerait, et c’est là le (Joint principal. Un peu de bien fait par le peuple luimême vaut mieux qu’un plus grand bien opéré par des agents extérieurs. C’est le self-govermnenl qui a fait l'Amérique ce qu’elle est, et, à aucun prix, il n’y faut porter atteinte.

Payer les fonctions de commissaire d’école ne vaudrait rien; on y appellerait ainsi des chercheurs de place de bas étage et on éloignerait toute une classe d'hommes respectables et haut placés qui relèvent l’école par leur patronage.

Ce qu’il faudrait, c’est de faire choisir par le comité un secrétaire rétribué, qui expédierait la besogne régulière et matérielle, on laissant la direction supérieure au comité.

En Pensylvanie, le roulement parmi les instituteurs est aussi grand que dans les autres Étals. Ainsi en 1868, sur les 15,504 instituteurs do l’État, non compris Philadelphie, 2,579 n’avaient jamais enseigné; 2,728 avaient enseigné moins d’une année; 2,938 seulement avaient enseigné pendant plus de cinq ans. Rien ne fait mieux saisir la mobilité extrême des situations dans la société américaine. Les instituteurs obtiennent, après examen, des surintendants du comté des diplômes valables pour le comté seulement. Les diplômes que délivrent les écoles normales sont valables pour tout l’État.

D’après M. Wickersham, il faudrait enseigner dans les écoles primaires le chant et le dessin.

On se plaint de l’irrégularité do la fréquentation des élèves et même d’un « absentéisme » effrayant. ‘A Pittsburg, un relevé récent a prouvé que 3,781 enfants entre six et quinze ans, ou environ un quart des enfants de cet âge, n’allaient pas à l’école. 8,478 élèves suivaient les écoles publiques, 4,877 les écoles privées.

A Philadelphie, malgré les énormes sacriGces faits pour répandre l’instruction, environ 11,000 enfants de six à douze ans ne reçoivent pas d’instruction. Ce sont en général des enfants étrangers à l'État, des immigrants, mais le mal n’en existe pas moins. 815,753 enfants vont aux écoles publiques, 85,000 aux écoles privées : total, 900,753, ce qui fait 1 élève par 3 habitants. Proportion énorme, mais comme en Amérique on compte l’âge d’école de cinq à vingt et un ans, il en résulte qu’on trouve encore 75,000 enfants qui font défaut. En Europe, on compte l’âge scolaire de six à douze ans. Quand on obtient 1 écolier sur 7 habitants, on estime que tous les enfants vont à l’école, et ils y vont en effet, quand l'enseignement obligc- * toire est sérieusement appliqué, comme en Prusse et en Saxe.

Bf. Wickersham est d’avis que l’on ne peut, sans danger pour les

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institutions républicaines, tolérer quo tant d’enfants croissent dans l’ignorance et dans le vice. Ce sont eux qui vont peupler les prisons, et il faut recourir à des lois énergiques pour couper le mal dans ses racines.

Les dépenses pour l’instruction sont énormes et couvertes presque entièrement par des taxes locales. Il en résulte que l’impôt scolairo est très-lourd dans les districts pauvres et peu peuplés, et qu’il règne une grande inégalité dans la taxation. Ainsi, dans Potier county, la taxe monte à 22,68 mills (') par dollar de capital, et dans le Delaware county seulement à 4,50 mills.

On ne veut pas se départir du principe fondamental de l’administration anglo-saxonne, qui consiste à faire payer les services locaux par les taxes locales, sans quo le produit de l’impôt passe par les mains de l’État, pour revenir ensuite aux communes. Cependant, quand il s’agit d’un service d’intérêt général, M. Wickersham est d’avis que l’État pourrait intervenir par des subsides plus considérables, afin de diminuer l’inégalité de taxation, qui est vraiment excessive. Ce sont ces petites républiques, les loivnships, qui font la vie des États et de la grande fédération. Il ne faut pas porter atteinte à leur individualité. On pourrait néanmoins accorder une place plus grande au principe de la solidarité et faire supporter une part du fardeau par l’État tout entier, comme dans le New-York ou dans les États où existe un grand fonds scolaire.

STATISTIQUE

Rapport du surintendant M. Wickersham pour 1870.

Nombre de districts scolaires 2,002

— des écoles 14,212

— des instituteuis . 17,612

— des élèves aux écoles publiques. . 828,801

Fréquentation moyenne 555,911

Écoles privées : Instituteurs 818

— — Elèves 24,815

dollars.

Traitement mensuel d’instituteur .... 40 Ou

— — d’institutrice .... 32 29

1. Ces 22 mills fbnt environ 11 centimes par 5 francs ou 2 fr. 20 cent, par 100 francs de capital. Si le capital produit 5 p. 100, c'est la moitié du revenu qui est absorbé par l’enseignement. Mais le capital évalué donnant 10 p. 100, c’est environ le 1/4 de la rente qui est enlevé. Qu’en dirait-on en Europo?

dollars.

Dépense de l’instruction par élève. ... 6 30

Dépenses pour le personnel. ...... 3,745,415 81

— pour le reste 7,771,701 20

Total 11,517,177 01

Valeur de la propriété scolaire 15,837,183 »

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