‹ L'Instruction du peupleChapitre 80 sur 186 · CES · texte numérisé non relu

CES

Laïques. . .

Religieux . .

Total .

En ajoutant 1,048 instituteurs et institutrices employés dans les pensionnats primaires, on arrive au grand total de 10,578. Sur ce nombre 3,680 seulement étaient munis d'un diplôme, et 3,593 appartiennentaux écoles communales. De sorte que, sur les maîtres et maîtresses des écoles libres ou adoptées, 87 seulement avaient donné la preuve qu’ils étaient capables de remplir leur mission.

La rémunération des instituteurs est plus élevée en Belgique que dans la plupart des autres pays d’Europe. D’après le règlement du 10 janvier 1863, le revenu, se composant d’un traitement fixe et du casuel, ne peut plus être inférieur à 850 francs dans les écoles de la troisième catégorie (60 élèves au plus), à 950 francs dans celles de la deuxième catégorie (61 à 100 élèves), et à 1,050 francs dans les écoles de la première catégorie (101 élèves et au delà). Pour les sous-maîtres attachés aux écoles de la catégorie supérieure, le minimum est de 700 francs.

Les instituteurs et sous-instituteurs touchent en moyenne, outre la jouissance d’une maison et d’un jardin, 1,265 fr. Certains emplois accessoires produisaientencore 233 fr. par tète en moyenne, soit environ 1 ,500 fr. au total.

Nombre d'élèves. — En 1869, on comptait dans les écoles primaires 593,379 élèves, dont 494,590 dans les écoles soumises à l’inspection: 267,688 garçons et 226,902 filles, et 98,789 dans les écoles privées: 35,181 garçons et 63,608 filles. Les écoles des communes recevaient 257,298 garçons et 167,051 filles, total : 324,349. Les filles sont beaucoup plus nombreuses dans les écoles privées, parce qu’elles s’y livrent à differents travaux rétribués, entre autres â la confection des dentelles.

La population de la Belgique étant de 5,021,336, on estime le nombre des enfants en âge d’école à 753,200 dont présents à l’école, 593,375; manquants, 159,821.

En déduisant 3,377 enfants au-dessous de quinze ans qui reçoivent l’instruction dans des établissements ressortissant au département de Injustice, on arrive à un déficit effectif de 156,444. On trouve donc en Belgique 1 élève par 8,4 habitants ou 11,9 % de la population, au lieu de 1 sur 7 ou 15 °/°i proportion normale des pays où l’obligation scolaire est sérieusement appliquée, comme en Allemagne et dans les pays Scandinaves.

Sur les 494,590 élèves fréquentant les écoles soumises à l’inspection, 339,231 y étaient admis gratuitement, 363,814 s’étaient fait inscrire; d’où résulte que 24,573 avaient été refusés. Le rapport triennal constate que beaucoup de communes accordent la gratuité à des élèves solvables et il menace de « faire cesser cet abus. » Le rôle de l’État est-il donc d’éloigner les élèves de l’école? No devrait-il pas, au contraire, les y appeler, en étendant le plus possiblo la gra-

tuile, el, ce qui vaudrait mieux encore, en la reniant générale pour tous, comme beaucoup de pays l’ont fait déjà ? Les rétributions scolaires n’ont produit que 935,750 fr. en 1869.

On objecte que la gratuité n'attirerait pas les élèves, parce que les parents n’estiment que ce qu’ils payent. Les faits démontrent le contraire; car la moyenne de la fréquentation a été, pour les élèves gratuits, de 196 jours et pour les élèves payants, de 194 seulement.

Grâce à l’impulsion imprimée au développement de l’instruction des adultes par un ministre dévoué à l’enseignement, M. Vau den Peereboom (circulaire du 1er septembre 1x6G), le nombre des écoles destinées à cette classe de la population a notablement augmenté.

Ainsi, en 1837, il n’y en avait dans tout le pays que 1,047 et, en 1869, 2,620 Le nombre des écoles communales d’adultes proprement dites s'est élevé, dans la même période, de 1 25 a 1 ,601 .

La population do ces écoles a suivi la même progression : de 173,596 élèves, elle s’est élevée à 217,168. Les écoles communales, qui n’avaient en 1857 qu’un contingent de 7,704 élèves, en comptaient 65, 030 en 1869.

A la date du 31 décembre 1869, les éoolos gardiennes étaient au nombre de 609, dont 1 19 écoles communales, 2 15 privées soumises à l’inspection et 255 privées entièrement libres. Le personnel enseignant se compose de 16 instituteurs et de 928 institutrices. Sur 60,370 enfants qui fréquentent les écoles gardiennes, 43,133 ont été admis gratuitement.

Il existe dans chaque province une caisse de pension pour les instituteurs, alimentée par une retenue sur les traitements et par des subsides de la province et de l’État. Elle est administrée gratuitement par la députation permanente de la province.

Les recettes totales des 9 caisses ont été, en 1869, de 2,080,093 fr. Le total des pensions et secours s’est élevé à 637,322 francs. D'après un excellent arrêté du 2 juin 1862, des gratifications en argent, en livres et une décoration civique peuvent être accordés aux instituteurs les plus méritants. En 1869 oent soixante-neuf gratifications ont été distribuées : total 25,350 francs, et 184 récompenses en livres, coût 9,000 francs.

Les budgets communaux ont affecté aux distributions de prix

123,685 francs.

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