UNE LEÇON DE MORALE DANS LA RUE
Socrate S qui fut un des hommes les plus sages des temps anciens, avait coutume de dire à ses disciples qu il ne pouvait leur enseigner qu’une science; mais c’était la première et la plus indispensable de toutes, la science qui rend les hommes bons et honnêtes en les éclairant sur leurs devoirs : la Morale.
1. Socrate, illustre philosophe athénien, combattit les sophistes^ qui corrompaient les jeunes gens en leur enseignant à mépriser leurs parents, les lois et la pairie. Accusé d’offenser les dieux, il fut condamné à boire la ciguë (469-400 av. J. -G.).
UTILITÉ DK lViXSTRUCTION MORALE
Un jour, dans une rue d’Athènes, sa patrie, il fît la rencontre d’un jeune homme qui lui parut de bonne mine, et il résolut d’en faire son disciple et son ami. Il lui barra le chemin avec son bâton et lui dit : — Sais-tu où se vendent le pain et la viande? — Oui bien, répliqua Xénophon (c’était le nom du jeune homme): tu trouveras ces choses au marché de l’Agora, — Et
sais-tu, poursuivit Socrate sans baisser son bâton, où l’on peut acheter des vêtements et des chaussures? — Oui, dit l’autre. Et il enseigna à Socrate les marchands. — C’est très bien; mais maintenant, jeune homme, puisque tu sais tant de choses utiles, pourrais-tu me dire où Ton apprend à devenir un homme de bien? Cette fois, Xénophon se tut et rougit ; Socrate lui dit alors : — A quoi bon savoir le reste, si tu ignores la seule chose qui soit essentielle? Et quel usage feras-tu de ta science, si tu ne sais pas t’en servir pour le bien? Elle sera dans ta possession comme un oiitil aux mains d’un homme sans
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expérience ; il le manie au hasard et se blesse plus qu’il n’avance dans son ouvrage.
Et comme Xénophon demeurait confus devant Socrate et honteux d’avoir si longtemps négligé la véritable instruction^ le sage lui dit : — Viem avec moi et nous étudierons ensemble la science du ôien. Ainsi fut fait, et Xénophon, formé par les leçons de ce maître, devint un des citoyens les plus éclairés de la Grèce et l’un de ceux qui font le plus d’honneur à ce pays si fécond en grands hommes et en hommes vertueux.
DEUXIÈME RÉGIT