‹ L'instruction obligatoire au ManitobaChapitre 5 sur 19 · ESSENTIELLEMENT CANADIENS · texte numérisé non relu

ESSENTIELLEMENT CANADIENS

Les Canadiens-français et les catholiques de cette Province ont de par la constitution, au Manitoba comme dans tout le Canada, des droits qui ne sauraient leur être enlevés

Ils ne sont pas ici des nouveaux venus, le Canada est leur pays natal, ils sont essentiellement Canadiens, ils sont sujets britanniques par traités, non par conquête !

Quiconque se rend dans la vieille ville de Québec, peut y voir un monument élevé à la mémoire de deux grands généraux Wolfe et Montcalm, tous deux mourant en même temps pour leurs rois, l'un victorieux, l'autre défait, mais scellant de leur sang^ l'union du Canadien-anglais et du Canadien-français sous uu même drapeau.

Des traités ont été signés ; ils doivent être respectés par tous» autrement il y aura guerre.

L'honorable proposeur de cette motion a exprimé son plaisir

et son bonheur d'avoir entendu les enfants des nouveaux colons, <;hanter le *'God save ila King" et le "Maple Leaf foi ever".

J'ai à répondre à mon honorable ami, qne les Canadiens-français catholiques ont fait plus que chanter et prier pour le roi, ils ont combattu bravement et ils ont verte leur sang pour la couronne britannique ; et cela sans l'aide de l'instruction obligatoire, mais dans un temps où ils recevaient leur éducation dans leurs propres écoles catholiques.

Je ne demande pour eux aucunes louanges. Le Canadienfrançais ne faisait que remplir son devoir vis-à-vis sa patrie ; mais je demande le légitime respect de ses droits.

A partir du jour où nous sommes passés sous la couronne britannique, nous avons été loyaux à notre serment d'allégéanceet comme je l'ai dit déjà, le Canadien-français a répandu son sang plusieurs fois pour le drapeau britannique ; ce drapeau nous l'avons défendu glorieusement dans plusieurs batailles.

I e Canadien français a sauvé le Canada à l'Empire en lY^5t aucun anglais ne peut le nier.

II l'a fait de lui-même, sans y être forcé, à un moment où» sans lui, le Canada serait passé à des mains étrangères, et cela malgré les invitations les plus pressantes, lesexhortatiotss les plus chaleureuses d'un Lafayetie, d'un K-ochambault, qui mettaient derant ses yeux le vieux drapeau, symbole de l'honneur, teint de «on sanff et encore tout embaumé du pénétrant parfum de la patrie à peine perdue.

En 1812, trois cents héros canadiens-faançais arrêtaient la marche triomphale d'une armée américaine et sauvaient le Canada â l'Empire. Le Canadien est prêt à répéter les mêmes exploits, mais il ne permettra pas à un ignorant de piétiner sur ses droits en demandant l'adoption d'une résolution dont l'unique but est leur annihilation.

Je prétends que la résolution actuelle a ce caractère agressif contre nous.

Dans l'état actuel de la question scolaire, aucune loi d'éducation forcée ne peut être mise en vigueur dans cette province.

Que cette résolution soit dirigée contre les catholiques de cette Province il ne peut y avoir la-dessus aucun doute. La clause S invoquant le jugement du conseil privé en 1892 dans la cause de la ville de Winnipeg et Barrett le prouve clairement.

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