CONCLUSION
On ne cesse de nous répéter: «Toutes les nations vraiment progressistes ont adcpté l'instruction obligatoire. Allons-nous plus longtemps persistr à marcher à la queue des nations civilisées ?»
Actuellement le bolchévisme menaçant rend songeurs les gouvernements de tous les pays.
Supposez qu'il vienne à envahir et à dominer tous les peuples, excepté la province de Québec. Faudrait-il dire alors: Voyez donc, toutes les nations ont adopté le bolchévisme. Persisterons-nous plus longtemps à marcher à la queue des peuples bolchévisés ?
Ne souriez pas, la comparaison est exacte: c'est simplement pour les deux cas affaire de plus et de moins dans le désordre, dans la violation du droit naturel. Dans le premier cas, il s'agit d'une tyrannie plus dissimulée, moins brutale et bien portée, parce qu'elle a été consacrée par le tem::s et par la mode; dans l'autre, ils'agit d'une tyrannie violente et encore nouvelle. Voilà toute la différence. Tout comme aujourd'hui le bolchévisme, il y a cent cinquante ans, les principes révolutionnaires, condensés dans la doctrine de Rousseau, commencèrent à envahir la plupart des peuples. Aujour:
d'hui l'atmosphère universelle en est toute saturée; on les respire, on en vit, on les applique presque partout dans le gouvernement des sociétés. Les catholiques eux-mêmes en sont inconsciemment victimes. Et alors, également inconscients de l'énormité qu'ils commettent, ils répètent: Persisterons-nous plus longtemps à tenir la queue des nations civilisées ?—c'est-à-dire des nations gouvernées d'après les principes qui affranchissent les Bouvernements de l'autorité divine et du droit naturel; qui, sous le couvert trompeur du suffrage universel et sous l'étiquette menteuse de liberté, cachent la plus odieuse oppression des droits de la famille et du peuple livrés aux caprices des majorités.
Eh bien, que le temps et la mode viennent à consacrer à son tour l'anarchisme dans le monde ; que le bolchévisme russe fasse tache d'huile sur notre planète. Quand tous les peuples auront été atteints, peut-être s'élèvera-t-il des voix dans la province de Québec pour crier: «Sortons enfin de notre coquille, Allons-nous marcher plus longtemps à la queue des nations bolchévisées ?»
Mais ces cris ne partiront pas cette fois du côté des puissants et des riches, qui trembleront alors pour leur peau et pour leur caisse; ces voix sortiront de la foule internationalisée qu'on aura commencé par contraindre injustement à l'école, puis à l'école neutre, areligieuse, puis à l'école antireligieuse; qu'on aura désaffectionnée de la religion
et des ses prêtres et qui, n'ayant plus d'aspirations vers l'Au-delà, hurlera ses désirs de jouissances terrestres et s'élancera à l'assaut des fortunes.
Dieu nous garde d'un tel malheur. Mais pour en être préservés, fermons l'oreille aux criailleries des anticlériaux et aux voix inopportures des hommes malavisés qui poussent notre gouvernement à copier en tous points les nations civilisées. Restons à la queue des nations civilisées pour tout ce qui fait, à la face du monde, notre honneur et notre espoir.
Restons à la queue des nations civilisées, en gardant inviolée la société domestique et l'autorité du père qui en est le chef constitué par Dieu.
Restons à la queue des autres nations en abhorrant le divorce et le malthusianisme viveurs et
‘es qui tarissent la sève de tant d'-‘res peuples; en continuant à donner largement, sans les compter, des enfants à la patrie et à l'Église.
Restons à la queue des nations et des autres provinces du Canada, «en gardant la religion à la base du programme officiel des écoles prinaires» et en respectant scrupuleusment les droits des minorités. Faisons l'étonnement du monde civilisé, en continuant à envoyer librement tous nos enfants à l'école jusqu'au moins à l'âge de 14 ans, en accomplissant par le volontariat ce que les autres pays et les autres provinces ne réalisent pas même avec la conscription scolaire.
Restons à la queue des autres provinces, en
apprenant deux langues, quand elles se targuent de n'en parler qu'une et qu'elles veulent proscrire l'autre sur les lèvres de nos compatriotes.
Marchons à la queue des nations en accentuant l'infériorité du taux de notre criminalité, en nous conformant dans notre vie publique et privée -Aux prescriptions de l'Église et du droit naturel. Et quand la vague du bolchévisme, déferlant sur tous les rivages, aura submergé les autres peuples et les autres Provinces, elle viendra se briser sur le roc de Québec, parce que le peuple de croyants qui le domine sera resté fidèle aux Principes éternels de gouvernement Gui font la sécurité et la stabilité des sociétés.