‹ L'instruction primaire avant 1789 à Orléans et dans les communes de l'arrondissement d'après desChapitre 3 sur 71 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Rétablir, pour une partie de notre province, la vérité sur l'état précis de l'instruction primaire durant les siècles antérieurs au nôtre; dégager cette question des préjugés qui l'obscurcissent, tel est l'objet de cette étude. Pour traiter un tel sujet avec la gravité qu'il requiert, nous ne puisons nos documents qu'à des sources parfaitement authentiques. Enfin nous appuyons nos conclusions sur le témoignage des principaux auteurs du régime scolaire de 1791, pour former du tout un faisceau de preuves irréfragables.

Dans ces pages, nous n'offrons qu'un chapitre de la vaste statistique intellectuelle entreprise par des érudits de tous nos départements. Nous eus* sions vivement souhaité de donner plus de développement à ce travail en l'étendant aux trois autres arrondissements du Loiret. Pour ceux de Pithiviers et de Montargis, leur situation scolaire a déjà été exposée d'une façon suffisante, bien que sommaire, par un savant distingué et trèsversé, en outre, dans les questions d'enseignement. Quant à l'arrondissement de Gien, les documents officiels font complètement défaut aux archives du département.

L'étude qui va suivre avait été préparée en vue du concours auquel la Société archéologique et historique de l'Orléanais conviait, pour 1880» tous les travailleurs de bonne volonté. Elle y fut honorée d'un premier prix.

L'organe autorisé de la commission pour l'examen des mémoires présentés à ce concours, M. Tranchau, inspecteur d'académie honoraire, — qu'une science profonde et une longue pratique du professorat, jointes à une délicatesse d'esprit tout attique, avaient désigné au choix de ses collègues pour les fonctions de rapporteur, — voulut bien rendre hommage à notre consciencieux labeur en des termes dont nous sommes justement honorée ; mais il nous signala certains desiderata. Nous nous bornerons a reproduire quelques passages du compte-rendu de notre mémoire, auquel l'éminent rapporteur n'a pas consacré moins de quatre pages :

« Nous sommes en présence, dit-il, d'une étude qui nous parait, sans jeu de mots, magistrale. Nous aurions désiré qu'elle n'eûl pas de si vastes proportions.... » — Cette observation était relative à Tune de ses parties que nous avons depuis fait disparaître, comme ne se rattachant pas assez étroitement à l'enseignement élémentaire. — M. Tranchau ajoutait : « Ces réserves faites, nous n'avons plus qu'à louer ce travail, fruit de recherches minutieuses, dont la mise en œuvre constitue une histoire extrêmement intéressante de l'instruction primaire... L'auteur suit, paroisse par paroisse, les traces quelquefois bien légères de

l'enseignement.». On voit déjà l'importance d'une étude ainsi étayée sur les archives»*. Il y a dans ces pages, dont l'érudition est relevée par des détails curieux, des révélations inattendues sur certains épisodes, comme l'histoire du jansénisme à Orléans, à propos de l'école des filles de Saint- Paul. C'est à regret que nous n'y insistons pas davantage (1)... »

Pleine de déférence pour le désir de la commission, et sentant toute la valeur d'avis d'une si haute compétence, nous nous sommes empressée d'y donner satisfaction en élaguant les pages surabondantes, et surtout en complétant nos recherches autant que l'état des documents Ta permis. Nous n'y avions fait entrer tout d'abord que les communes composant le district d'Orléans ; nous y avons ajouté le reste de Y arrondissement tout entier.

C'est alors qu'encouragée par de précieuses adhésions, et affranchie de l'obligation de dissimuler notre nom, qui hous était imposée par notre participation au concours, nous pûmes recevoir de plusieurs membres de la savante compagnie d'intéressantes communications dont nous nous sommes fait un devoir de signaler les auteurs.

(1) Le rapport de M. Tranchau, déjà livré à l'impression, est compris dans le tome XIX des Mémoires de la Société archéologique et historique de l'Orléanais, consacré tout entier à la reproduction d'une partie des mémoires couronnés au concours de 1880,

Dans un travail dont les éléments sont forcément nombreux et dispersés, Ton ne saurait se flatter d'en avoir, de prime abord, épuisé la matière. Si, malgré nos efforts et nos soins, certains détails ont pu nous échapper encore ; si quelques documents nouveaux, venant à être découverts par d'autres, pouvaient servir à compléter notre livre, loin de le regretter, nous nous en réjouirions au contraire. Notre intérêt est celui de la vérité ; nous n'en connaissons point d'autre; c'est le seul que nous ayons cherché à faire prévaloir. Mais ne semblera-t-il pas qu'ayant à traiter un sujet où il ne nous était pas donné de mettre à contribution des recherches antérieures aux nôtres, nous puissions tout au moins solliciter quelque indulgence?

Nous osons donc l'espérer; et, pour emprunter, en terminant, au livre d'un illustre académicien une phrase qui s'applique de tous points au nôtre, nous dirons comme lui : « Ceci est de l'histoire, et rien de plus... Le lecteur, placé en face des textes, pourra les interpréter lui-même et se faire une opinion personnelle ; il aura les mêmes pièces que moi pour conclure. » Nous n'ajouterons rien à ces mots de M. Taine, car ils résument exactement notre ouvrage.

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