CONVENTION CANADIENNE DE
M. le Président et Messieurs,
En plaçant au nombre des sujets qui devaient être traités dans cette convention, celui de l'éducation du peuple, vous av> z par là même proclamé toute l'importance que vous attachez à ses progrès, toute la prééminence que vous lui donnez dans votre pensée sur une foule d'autres matières, toute l'anxiété que vos cœurs éprouvent à l'égard de cette grande cause qui est à la fois celle de la religion, de la société, de la famille.
Le choix de ce sujet vaut à lui seul un discours ; et cependant un tel discours, pour être complet, devrait être tout un traité. Vous avez montré en le plaçant, pour ainsi dire, au premier rang que vous savez apprécier, d'un côté tout ce que l'éducation a
(1) Cette convention de3 Canadiens-français de 1o ite l'Amérique avait été convoquée pour la célébration de la Saint-Jean-Baptiste, à Montréal. Elle eut lieu dans la salle de concert du collège Sainte-Marie, le lendemain de la fête qui fut la plus splendide de ce genre que Ton ait vue en Canada.
34G discours sur l'instruction publique.
fait pour le Canada, de l'autre tout ce que le Canada a fa: l'éducation ; et quant à vou=. Messieurs, qui de toutes les parties de l'Amérique, vous êt^s rendus à l'appel de la vieille : vous nous avez d^jà prouvé par des faits bien éloquents que vous comprenez tout ce que l'éducation pourra faire pour vos jeunes et florissantes populations : et que par conséquent vous ne lui marchanderez jamais ce que vous devez faire pour elle.
Ce que l'éducation a fait pour nous, Messieurs, notre histoire est là pour le dire. En très-grand nombre, les premiers colons étaient instruits ; nos vieux registres en font preuve, le r qu'en ont fait M. Garneau, M. Forland, et i'abbe Tanguay, constate q l'une très-forte proportion d'entr'eux savait écrire. Mais ils avaient mieux que cela, c'était une génération forte et formée aux traditions religieuses et sochles du pays, à cette époque, le plus civilisé et le pius éclairé de l'Europe. L'éducation domestique, ia première, la plus essentielle, celle à laquelle l'instruction, n'importe à quel degré, ne supplée que difficilement, ne supplée aucunement si elle n'est appuyée sur l'idée religieuse, l'éducation domestique de ces premiers colons était excellente et c'est el'e qui. transmise d'âge en âge, a valu à leurs descendants le titre de peuple gentilhomme, titre qui. si je ne me trompe pas. leur fut décerné pour la première fois par le c Andrew Stuarl. Permettez-moi de le dire en passant. . dans ce mot de quoi répondr à bien des dénigrements, de quoi nous consoler de bien ries injustices ; il est à la fois un héritage à conserver et un glorieux trait-d'union entre nous et la popu lation britannique, s'il nous a été décerné, comme je le pense, par un homme qui fut une des gloires de l'autre race, qui dans tous les cas fut le loyal et sympathique rival de nos tribuns de cette époque.
Ce que nous avons fait pour l'éducation, notra histoire i pour le dire : soyons heureux, si nous le voulons, de ce qui se fait de nos jours, félicitons-nous d -s j >rogrès que nous avons vus se réaliser dans un très-court espace de temps : aspirons généreu- :.t à de plus grands progrès : mais si nous nous intéressons au présent, si nous espérons beaucoup de l'avenir, soyons justes
envers le passé, surtout lorsque ce passé est celui de nos héros, de nos missionnaires, de tous ces vaillants pionniers, braves enfants de la vieille France qui n'ont pas >u peur de ce rude et sauvage pays où les Français d'aujourd'hui ne s'aventurent qu'en hésitant ; qui n'ont craint ni ses hivers, ni ses forêts, ni ses terribles indigènes dans un siècle où les armes que l'homme avait pour lutter contre la nature étaient si faibles auprès de celles qu'il possède aujourd'hui.
La pensée qui portait le plus grand nombre d'entr'eux vers ces rives en apparence si inabordables était une pensée de civilisation et par conséquent d'éducation. C'était la conversion et l'éducation des peuplades sauvages de ces contrées, peuplades dont la foi robuste de nos ancêtres comptait bien faire, suivant l'expression consacrée dans tous nos vieux récits, de bons enfants de l'Eglise et de fidèles sujets du Hoi très-chrétien.
Admirons, Messieurs, la récompense de cette héroïque charité envers ces peuples barbares, car si les établissements fondés surtout pour eux nTont pu accomplir que d'une manière très- imparfaite cette partie de la sublime mission d ) nos pères, c'est de là que sont sortis, pour nous, la force, la lumière, la vie, le salut de notre race ! (/est là que s'est formé ce clergé nombreux, zélé, moral et instruit qui a été la pierre fondamentale de notre nationalité, qui se répand aujourd'hui, comme notre race elle-même, sur toute la surface de l'Amérique, portant avec lui partout la consolation, la suprême philosophie, la science de la vie en vue des véritab • s destinées de l'homme. (App.)
C'e-t de là qu'est sorti co barreau, cette magistrature, intègre, éclairée, patriotique, qui nous a donné les Bé lard, les Moquin, les P pineau, les Vallières, les LaFontaine, les Morin, les Cartier, j) air ne parler que de ceux qui ne sont plus ; qui a toujours été à l'avant-garde pour la défense de nos libertés
De là est sorti tout le corps professionnel, hommes de scifnce et de travail, médecins, notaires, arpenteurs, ingénieurs, fonctionnaires et employés publics de tout genre, si utiles à la société, remplissant quelquefois dans des conditions bien pé-
348 discours sur l'instruction publique.
nibles de bien honorables fonctions et souvent s'élevant par leur seul mérite aux premières charges de l'Etat.
C'est là que se sont formés les premiers instituteurs laïques peu nombreux à cette époque, dont la tache a été si difficile, si ingra'e, si on la considère au point de vue matériel, si grande et si belle, si on l'envisage d'un point de vue plus élevé.
De ces institutions viennent aussi nos littérateurs, nos écrivains, poètes, historiens, publicistes, journaistes, qui ont défendu et défendent si bien notre cause et commencent déjà à révéler à la France l'existence de sa fille ainee, la Nouvelle- France si longtemps oubliée.
C'est de là qu'est sortie, au moins en partie, cette bourgeoisie active, industrieuse, économe, persévérante, qui s'est fait peu à peu unf place dans le commerce et dans l'industrie, malgré l'isolement au |uel nous ont si longtemps condamnés notre brusque s pa ration de notre ancienne mère-patrie, et les préjugés mutuels qui nous éloignaient de ceux qui tenaient entre leurs mains le seul capital étranger accessible à notre pays.
C'est des premières institutions qui ont été fondées spécialement, comme le disaient elles-mêmes ces femmes héroïques. la Mère Marie de l'Incarnation et la Sœur Bourgeois, pour la conversion et l'éducation des petites sauvagesses, que sont sorties •ces vierges admirables, qui ont béni ei purifie le foyer de la famille canadienne, qui ont fait nos aïeules et nos mères ce qu'elles ont été et à qui nous devons peut-être ce qu'il y a de mieux en nous (vifs applaudissements.)
Se multipliant avec une prodigieuse rapidité, e°s institutions répondent à tous les besoins, à toutes les aspirations, dejxrs les plus «'levées jusqu'aux plus humbl» s, s'implant nt et se propagent sur tous les points de l'Amérique, Suivant, que dis-je? précédant même les populations catholiques qui s'y group nt de toute part, et renouant aux extrémilés du monde, dans les régions polaires môme, les traditions des premières héroïnes «le notre histoire. Humbles, s'ignorant elles-mêmes, ces femmes dévouées marchent les premières à la conquête de ces pays lointains, et préparent les germes de '.a proapér té pour des
sociétés nouvelles qui se demanderont peut-être un jour avec Indifférence, comme d'autres l'ont lait souvent, à quoi de pareilles institutions peuvent être bonnes ?
Le génie de la nationalité et de la religion n'ignora rien de ce qui était nécessaire ou utile à cette époque éloignée ; il prévit ce qui devait s j développer plus tard, et l'immortel Laval, dans son plan d'éducation, avait fait une place pour une école normale d'instituteurs et pour une école des arts-et-métiers, qui existèrent môme pendant que que temps à Saint -Joachim.
Le peuple sut en général répondre à ces généreuses aspirapirations. Que de nobles sacrifices se sont imposés tant de nos bons cultivateurs pour faire instruire quelques-uns de leurs enfants ! Que d'etforts ont été faits dans ces temps reculés pour se procurer ce qui aujourd'hui est mis à la portée de tous !
En ce qui concerne l'instruction primaire, il y eut sans doute comme une lacune, comme un temps d'épreuve; mais comparée à l'étendue et à la durée de l'œuvre, cette période ne fut, pour bien dire, qu'un moment d'hésitation causé par nos luttes politiques, par l'injustice des gouvernements, et qui ne saurait être mis au compte ni du clergé ni des populations.
L'Institut des Frères Charon, qui, à leurs fonctions d'hospitaliers avaient ajouté celles d'instituteurs, s'était éteint en 1747. Quelques écoles tenues par les franciscains, par des instituteurs laïques subventionnés par les jésuites, les sitlpiciens, les curés et les fabriques, et celles des sœurs de la Congrégation formaient à la conquête tout le corps de l'instruction primaire, D^jà les besoins dépassaient les ressources du clergé, des particuliers et des fondations. La question de l'Instruction publique fut quelque temps à l'or Ire du jour ; mais le gouvernement était aux mains d'une oligarchie locale peu scrupuleuse et, il faut le dire, peu intelligente. Si l'Angleterre sut être juste pour nous dans plusieurs grandes occasions, si elle fut souvent inspirée par une politique honorable et libérale, l'oligarchie s'était décidée à nous débarrasser de ce qui cependant ne nous gê îait aucunement, notre langue et notre religion, — elle essaya d'importer tout d'une pièce un système d'écoles ; elle fit venir des maîtres
350 DISCOURS sur l'instruction publique.
dont quelques-uns ignoraient la langue du pays, pour enseigner dans des écoles où la religion du pays serait également ignorée : en un mot, elle tenta d'établir ici le système que l'on veut imposer à nos frères, les Acadiens du Nouveau Brunswick, et que nous avons repoussé, comme ils le repoussent eux-mêmes. Avec une population homogène, comme Tétait alors celle de nos campagnes, la lutte fut bien courte : les prêtres détendirent aux familles d'envoyer leurs enfants à ces écoles et, vous le voyez : point d'enfants, point d'écoles. (Rires et app.)
La législature s'alarma avec raison de cet état de choses ; elle fit diverses tentatives pour y remédier et elle eut des écoles assez nombreuses subventionnées en partie par elle et par les fabriques : c'était alors l'âge d'or de l'Instruction publique. Les membres du parlement étaient eux-mêmes inspecteurs d'écoles gratuitement et distribuaient des récompenses aux élèves. (Rires et app.)
De grands efforts furent faits dans ces temps par des citoyens généreux et influents qui pro liguaient leurs soins et leur argent pour fonder des sociétés comme la société d'éducation des Messieurs et celle des Dames de Québec, dont les écoles laïques ont été plus tard remplacées par celles des F>c-es -des Ecoles Chrétiennes et des Sœurs de Charité. Au premier rang, parmi ces hommes zélés, figurait M. Jo-eph-François Perrault, d >nt nous voyons aujourd'hui le petit- fils au nombre des organisateurs de cette grande démonstration nationale. (Vifs appl )
Non contint d'avoir publié un grand nombre d° traités élémentaires sur la jurisprudence, l'agriculture, l'histoire du Canada, et un grand nombre de livres élémentaires, M Perrault établit à ses frais plusieurs écoles où il fit même des essais d'horticulture, d^enseignement pratique . des arts-et-métiers et où il introduisit le système lancastérum ou d'enseignement mutuel, qui faisait alors fureur, mais qui est moins en vogue aujourd'hui. Je crois même que ce système a foncti nné en Canada avant que d'avoir été introduit aux Etats-Unis. S'il en est ainsi, Messieurs de la République, c'est toujours quelque chose que d'avoir devancé vos concitoyens sur un point, i Rires.)
DISCOtRS SUR L'INSTRUCTION PUBLIQUE. 351
Il en est des systèmes d'enseignement comme de bien
d'autres choses, comme des systèmes politiques qui passent
et repassent ; et vous vous souvenez de cet homme d'esprit qui disait, en parlant d'un remède; surtout servez- vous -en pendant qu'il guérit. Si vous voulez me permettre de faire le savant, je vous dirai qu'il y a quatre systèmes d'enseignement : le premier, le système individuel, nVst pas un système du tout, les autres sont le système mutuel, le simultané t.-t le simultanémutuel ; c'est ce dernier que l'on suit aujourd'hui chez les Frères des écoles chrétiennes et dans nos écoles normales.
Mais cette loi de l'Instruction primaire qui tirait tout son appui de la législature, dans laquelle les municipalités n'avaient aucun intérêt pécuniaire, cette loi, en vertu de laquelle chaque école recevait une subvention du gouvernement, en proportion du nom!»re d'enfants qui figuraient sur les rapports des instituteurs, était sujette à bien des abus. Tout imparfaite qu'elle fût, cependant, elle faisait un grand bien ; mais il arriva ce qui se voyait souvent alors; dans ces temps de défiance mutuelle, les lois ne se passaient que temporairement et il y avait chaque année une liste des lois expirantes. A la veille de nos troubles politiques, la vieille oligarchie représentée dans le Conseil législatif, c'est-à-dire ceux-là mêmes qui nous accusaient sans cesse d'ignorance dans les termes les plus insultants, refusa de renouveler la loi de l'éducation et elle expira! Pour tout cela, toutefois, l'Instruction publique ne mourut point ; elle eut seulement une subite défaillance.
Mais jamais à aucune époque les Canadiens-Français ne gémirent sous le joug de cette ignorance absolue que des touristes et des écrivains plus ou moins officiels, et plus ou moins prévenus, n'ont cessé de leur attribuer. Dans un excellent livre publié à Londres, en 1830, M. Pierre de Laterrière a fait bonne justice de ces assertions et en particulier de celle qui a été si souvent répétée que la majorité ou un très-grand nombre de nos représene tants étaient tout-à-fait illettrés. Malheureusement, il l'a traitéavec trop de dédain, etn'est pas entré dans des détails qu'il serait très-utile de constater maintenant. Cette vieille fable reparait
de temps en temps, dans les livres et les journaux ; mais j'ai entendu dire moi-même à l'honorable L. J. Papineau, dont elle excitait justement l'indignation, que le nombre de nos députés à qui l'on pouvait faire ce reproche fut en réalité très-minime.
Après l'Union, sous la constitution de 1841, l'instruction primaire a pris les plus grands développements. A quelque chose malheur est bon, et l'exemple du Haut-Canada, dont la popu'ation récemment venue d'Europe avait apporté avec elle le goût des institutions libres et du régime municipal, mit bientôt au nombre des compensations à ce régime injuste, au moins dans le principe, une excellente loi d'éducation, d'après laquelle le gouvernement, les municipalités, et les pères de famille étaient appelés à faire chacun leur part, au moyen de l'octroi public, de la cotisation foncière et de la rétribution mensuelle. Mais un obstacle formidable se dressa tout d'abord à l'exécution de cette loi.
Ici, Messieurs, en vous disant ce que nous avons fait pour l'éducation et ce qu'elle a fait pour nous, si les bornes imposées à ce discours me le permettaient, j'aimerais à voas décrire cette lutte longue et opiniâtre d'un patriotisme plus éclairé contre les préjugés qu'un patriotisme véritable et relativement juste avait implantés et développés au cœur même des populations. De l'ancien régime français et des exactions de l'intendant Bigot, Y habitant canadien avait conservé une sainte et légitime horreur de toute espèce d'impôts, horreur que les patriotes de toutes les nuances avaient cultivée avec soin sous l'ancienne constitution pour en faire la base de la résistance à l'oligarchie. Il fallut un grand courage à ceux qui les premiers bravèrent le mécontentement public et tentèrent de vaincre celte résistance des populations agricoles si* difficile à combattre dans tous les pays, et dont nos voisins des provinces maritimes nous ont donné tout dernièrement un notable exemple.
A ceux qui les premiers se lancèrent avec les nouvelles lois de l'instruction publique sur ces ragues populaires si facilement soulevées, si difficilement apaisées, peuvent s'appliquer avec
une justesse peu commune les vers si souvent cités qu'Horace a dédiés aux premiers et audacieux navigateurs :
Illi robur et ses triplex Circà pectus erat.
A M. Morin et à M. LaFontaine, qui firent voter les deux premières lois de l'instruction primaire, au Dr. Meilleur, qui fut chargé de leur exécution, le pays doit une éternelle reconnaissance.
De cette lutte à laquelle prirent part et les curés et une foule de citoyens zélés dans toutes les parties du pays, sortit un résultat beaucoup plus grand que celui que l'on avait droit d'attendre. Rien ne réussit si bien que ce qui est contesté et discuté; rien n'est apprécié comme ce qui est le prix des plus grands labeurs, des plus vives contradictions. Un élan puissant fut imprimé et il ne se borna pas à l'instruction primaire et à l'action du gouvernement et des municipalités. Le clergé, dont les ressources augmentaient et dont la sollicitude s'accroissait en proportion d<- sa tâche, multiplia les institutions de haute éducation, et l'on en vint même à se demander si l'on n'avait point dépassé le but, et à s'occuper sérieusement d'une classe d'institutions qui forment ce que l'on appelle, en Belgique, l'enseignement moyen, tenant le milieu entre l'éducation classique et l'instruction primaire.
A mesure que l'œuvre s'étendait, à mesure qu'elle se développait, des besoins nouveaux se faisaient sentir, besoins qui rencontrèrent chaque fois et qui rencontrent encore aujourd'hui plus d'un formidable obstacle dans la concurrence que leur font d'autres nécessités publiques. Remarquez-le bien, messieurs, tandisque tous les autres services qui émargent au budget sont anciens et depuis longtemps jugés indispensables ou bien sont appuyés par de puissants intérêts locaux ou individuels, le chapitre de l'instruction publique se présente avec son seul mérite, et charge nouvelle et croissante, il a encore à lutter contre toutes les critiques, plus ou moins fondées, auxquelles son administration est nécessairement exposée. Il y a plus, les subventions des écoles communes et celle de l'éducation supé-
354 DISCOURS sir l'instruction publique.
Heure ont pour les protéger, la première, l'intérêt des masses qu'elle soulage directement pour autant au moins en apparence, la seconde, l'intérêt des corporations et des localités ; tandis que les mesures administratives, les institutions spéciales du gouvernement, l'organisme même de l'instruction publique n'obtiennent et ne conservent que difficilement des allocations qui semblent être autant d'enlevé à des demandes qui jouissent d'une plus grande faveur.
Malgré ces difficultés sans cesse renaissantes et quelquefois aggravées par les passions politique s, l'instruction publique a pu obtenir et conserver jusqu'ici quelques-uns des moyens d'action indispensables à son développement et qui existent sous diverses formes dans tous les autres pays. C'est ainsi que nous avons conquis successivement les bureaux d'examinateurs pour l'admission des instituteurs, l'inspection des écoles, le conseil de l'instruction publique, les deux journaux de l'instruction publique, les conférences d'instituteurs, les écoles normales, la caisse de retraite des instituteurs, les écoles d'agriculture, les écoles de réforme et d'industrie, et, tout dernièrement, les écoles de sciences appliquées aux arts. Par ces divers moyens d'action une meilleure méthode pédagogique se répand graduellement, une classe d'instituteurs mieux préparés à leurs importantes fonctions se forme etjutte avec courage contre les difficultés de leur état; les branches les plus pratiques, telles que les leçons de choses, le calcul mental, la tenue des livres recrutent un plus grand nombre d'élèves et le niveau de l'enseignement s'élève graduellement, quoique moins rapidement qu'on pourrait le désirer.
Ce n'est pas à dire qu'il ne reste beaucoup à faire et des choses très-importantes, urgentes même. L'enseignement du dessin, de l'algèbre et de la géométrie devra encore se propager et s'élever davantage dans nos écoles-modè;es ; celui de la lecture expressive et de la lecture raisonnée, et les leçons de choses dans nos écoles élémentaires ont à faire des progrès analogues à ceux que l'analyse grammaticale, les dictées orthographiques et la calligraphie ont faits depuis quelques années ; enfin l'en-
■ment mov^-n et l'enseignement spécial déjà représentés jusqu'à un certain point dans notre système par les i normales, les académies commerciales de nos grandes villes, par un certain nombre de nos collèges industriels et de nos î-modèles dans les cnmpagnes, l'enseignement moyen et l'enseignement spécial ou professionnel ont un très-grand besoin d'être développés.
La tendance descho-es sur ce continent nous poussera nécessairement dans cette voie où nous ne faisons que d'entrer. Mais il ne faut non plus rien exagérer, et ne pas trop restreindre notre enseignement classique et supérieur auquel nous devons tant de succè?. Nos rivaux des autres origines ont fait d'heureux efforts pour faire disparaître la supérii rite qu'ils admettaient cher': nous sur ce point, et que lord Durham lui-même a constatée dans son rapport ; ne nous hâtons point de déposer une si belle couronne ; parons-la de tous les accessoires utiles que nous voudrons ; mais de giâce, ne la laissons pas tomber du front de notre jeune nation.
C'est la culiure d^s lettres qui élevé les idées, qui fortifie les plus généreuses dispositions de i'homme, c'est elle qui. combinée avec l'éducation domestique de nos pères et rayonnant de nos collèges dans nos familles, a conservé la distinction et la véritable noblesse des sentiments, et a été l'une des sources les plus vives du patriotisme et de l'honneur civique.
L'enseignement classique n'est pas non plus aussi dédaigné qu'on le tuppo-e, même chez les peuples les plus mercantiles, les plus pratiques. Le Haut-Canada a ses écoles de grammaire, ses lycées, ses collèges ; les Etats-Unis ont leurs High Sc/toolst et vous seriez étonnés du nombre d'exemplaires auquel se tirent les éditions des classiques que Harper et Appleton impriment à l'usage de ces intitulions. L'Ecosse passe à bon droit pour contenir le peuple le plus apte au progrès moderne, le plus âpre aux choses de la rie; industrieux et commerçants, les Ecossais sont ivp.indus sur tous les points du globe, et l'on a dit de celte race hardie et aventureuse que partout où un chardon pouvait
356 DISCOURS sur l'instruction publique.
pousser un Ecossais pouvait prospérer ; eh bien, dans un grand nombre d'écoles de paroisse, en Ecosse, on enseigne encore les rudiments des langues mortes, comme préparation au collège. La Belgique est bien certainement de tous ceux où se parle la langue franc use, le pays le plus remarquable pour son industrie et pour ses progrès matériels ; cependant ses écoles moyennes se divisent en deux classes, les athénées et les écoles moyennes proprement dites, et dans les premières on enseigne les litté^ ratures grecque, latine et française. Enfin, la Prusse, le pays par excellence du positivisme, la Prusse a conservé l'enseignement classique jusque dans ses real-shule ou écoles pratiques.
Permettez-moi à ce sujet un^ anecdote ou plutôt un souvenir qui vous montrera en même temps quels honneurs l'Allemagne sait rendre aux professeurs et aux instituteurs de la jeunesse. En' mars 1867, le vénérable M. Ranke, frère du célèbre Léopold Ranke, qui a écrit cette belle histoire des Papes que vous connaissez, M. Ranke atte;gnait sa cinquantième année de professorat. On fit une grande célébration de cet anniversaire, un jubilé ; j'étais présent à cette fête : des drapeaux et des banderoles ornaient, comme ici aujourd'hui, quelques rues de la ville, et une foule émue et empressée contenant l'élite de la société, se porta vers les trois institutions qu'avait dirigés l'heureux et noble vieillard : un collège, une écolo d* demoiselles, et une école pratique. Il y eut discours, musique, poésie, et tout ce que l'on peut désirer dans une pareille solennité ; malheureusement pour moi, dans les deux premières institutions presque tout se fit en allemand ; ce ne fut qu'au real-shule d'où il m'avait semblé que les langues mortes devaient être bannies que j'eus le plaisir d'entendre du grec et surtout du latin, car, pour le grec, je l'avoue à ma honte, c'était encore un peu de l'allemand pour moi. (Rires.) Peut-être le personnel du realshule était-il comme bien d'autres en ce monde, appréciait-i! mieux ce qui n'est que facultatif que ce qui est obligatoire.
N'exagérons donc point un mouvement bien nécessaire, sans doute ; mais faisons-le ce mouvement, sans détruire ou amoindrir ce qui a fait notre gloire. Au sujet de l'éducation comme
au sujet de la nationalité, étendons, ne repoussons point, n'exaltons pas un moyen de succès aux dépens des autres ; prenons-les tous et, afin de donner la part large et juste à chacun, redoublons, s'il le faut, la somme de nos efforts et de nos sacrifices. Préparons-nous par les études pratiques, par les connaissances usuelles, préparons-nous aux grandes destinées qui s'ouvrent pour les deux rives du St. Laurent, formons des marchands, dt-s ingénieurs, des chimistes, des manufacturiers ; mais s >yons certains aussi qu'un peu de littérature est un lustre qui ne nuit pas à l'éclat de l'or, que Virgile ou Racine ne contredisent rien de ce qu'enseignent Euclide et Barème, et que pour avoir commenté Homère, M. Gladstone n'en est pas moins un des plus grands économistes, un des plus grands financiers de l'Europe. Ne négligeons point non plus les beauxarts qui, au point de vue même de l'industrie, ont une si grande portée et qui eux aussi élèvent les idées et les aspirations du peuple.
Vous surtout, Messieurs, qui vivez à l'étranger, prenez ce qu'il vous faut du progrès moderne, mais ne renoncez pas au glorieux héritage du passé ; ne vous en laissez pas imposer par ceux qui vous représentent vos pères ou vos frères, comme des ignorants. Sous ce rap, ort comme sous tous les autres, vous pouvez, suivant le mot d'Isidore Bédard, marcher lêle levée !
Non, ils n'étaient pas, ils ne pouvaient être des ignorants ^eux qui ont eu la suprême science : croire, espérer et attendre ; ceux qui n'ont point abandonné l'idée religieuse et nationale dans les plus rudes épreuves, ceux qui ont préparé ce que nous voyons ! Cette magnilique démonstration, l'ordre, la décence, l'intelligence, les sentiments généreux, l'élégance qui y président, nous ont fait voir que vous avez conservé sur tous les points de l'Amérique beaucoup plus intact qu'on ne le pensait, le précieux dépôt de nos traditions, et que vous rapportez ici avec vous et la langue que les orateurs choisis par vous ont si purement parlée et le titre glorieux de peuple gentilhomme dont vous savez vous montrer dignes. Soyez-en liers, revètez-vous-en comme d"un eplendide vêtement afin que l'on dise de vous, comme Virgile
358 DISCOURS sur l'instruction publique.
disait de ses compatriotes : populum Romanum emlem que togniam. (Applaudissements prolongés )
Et tandis que j'y .suis, messieurs, tout dernièrement encore on a voulu, pour justifier la guerre impie que l'on fait à nos frères les Acadiens, sur ce terrain même de l'instruction publique, on a voulu mettre en contraste le chiffre des éèves de nos écoles avec celui des écoles du Haut-Canada, ainsi que celui des personnes sachant lire et écrire dans chaque province, d'après le dernier recensement. Disons de suite que ce recensement a fait justice du reproche d'exagéraiion adressé à nos statistiques scolaires : le recensement publiant ie nombre des entants fréquentant les écoles un jour donné, et la statistique scolaire celui de toute Tannée, il doit nécessairement y avoir une différence. Or cette différence est proportionnellement la même pour Ontario que pour Québec ; un rapport est donc confirmé par l'autre. Mais pour ce qui est de ce chiffre lui-même, ce n'est ni à l'enseignement religieux, ni au système scolaire qu'il faut s'en prendre. Qui ne connaît point les difficultés plus considérables qui existent dans notre pays, par le climat, par la richesse moins grande des populations, dont on nous fait.il est vrai, également un crime, et surtout par la disposition géographique des établissements qui sont plus compactes dans le Hau; -Canada où il y a beaucoup plus de petites villes et de villages ? Il y aurait bien aussi quel jue chose à dire sur l'étrange manie de tout apprécier uniquement par les chiffres, c'est-à-dire par la quantité et non point par la qualité. Uncalculafaire.ee serait de trouver le nombre d'hommes ne sachant que lire pt écrire, qu'il faudrait réunir, pour égaler -la puissance réelle d'un homme véril ment instruit.
Quoiqu'il en soit, Messieurs, que ces reproches nous animent à de plus grands et, s'il est possible, à de plus généreux elforts l
Une chose surtout ressort de cette mémorable réunion ; c"est la solidarité de toutes les populations franco-canadiennes de l' Amérique. Ne craignez pas dans vos besoins de vousadi à nous, vous qui vivez loin de la patrie canadienne. D dans bien des endroits nos prêtres et nos religieuses sou*
DISCOURS sur l'instruction purlique. 359
allés vous trouver et quelquçs-uns des élèves de nos écoles normales ont accepté la même mission. Je ne saurais vous dire avec quel orgueil nous voyons ici un d'entr'eux, M. Lebœuf, qui remplit maintenant, aux Etats-Unis, des fonctions judiciaires importantes. (Vifs appl )
-lu -qu'à un certain point, notre rôle envers vous est celui que la France, notre ancienne mère-patrie, a joué envers nous, et ce rôle les communautés les plus nombreuses, les mieux installées parmi vous, pourront bientôt le remplir à l'égard des établissements plus pauvres, des groupes français encore isolés. Déjà vous avez vos journaux et vos écoles ; bientôt vous aurez vos livres, et la langue française pénétrera en plus d'un endroit qu'on lui croyait fermé pour toujours.
Certes, messieurs, tout le monde ici sympathise avec le désir si énergiquement manifesté par plusieurs d'entre vous de rapatrier en masse nos compatriotes ; mais cette tâche ne pourra jamais s'accomplir que partiellement et graduellement et, dans l'intérêt même de cette cause, il faut veiller à l'autonomie de ceux qui resteront. La manifestation d'aujourd'hui y contribuera puissamment; nous nous sommes comptés et, suivant le mot si vrai de M. Gaillardet, qui eut, lui aussi, cette grande idée de l'union des populations franco-américaines, c'est déjà quelque chose de se compter, car, disait-il, si le droit est la force aux yeux de Dieu, le nombre est la force aux yeux des hommes !
L'instruction dans la langue maternelle, la lecture des livres français, celle des livres canadiens, après le lien plus puissant encore de la religion, sont les meilleurs gages de votre autonomie. Faites connaître à vos enfants Le mouvement littéraire et intellectuel de notre pays depuis les jours où les Viger, les Morin et les Parent ont jeté les fondements de notre littérature et rendu à notre langue, qui déjà commençait à s'altérer, sa pureté première, jusqu'à cette floraison si rapide qu'étalent aujourd'hui tant de jeunes et brillants écrivains. Faites-leur lire nos portes, nos historiens, nos publicistes, ce sera un des meilleurs moyens de leur faire aimer notre nationalité.
Je sais que, comme nous, plus encore que nous, vous avez
360 DISCOURS sur l'instruction publique.
besoin d'une autre langue ; mais rien ne vous empêche de conserver en même temps la vôtre. C'est une grande et belle chose que de parler les deux plus belles langues des temps modernes, celles des deux plus grandes nations de l'Europe. C'est même un immense avantage, au point de vue du développement de l'intelligence ; car là où double est la peine, double aussi est la récompense.
Messieurs, cette pensée de fraternité bien comprise qui vous a réunis de tous les coins de l'Amérique, elle sera utile aux plus grandes comme aux plus petites communautés de notre origine. Ce que l'une fera pour les autres lui sera rendu au centuple. Déjà dans les limites de notre Confédération, il n'est pas impossible que le salut de la plus grande province franco-canadienne, celle de Québec, ne soit dû un jour aux Acadiens des Provinces Maritimes ou aux Métis de Manitoba. Faites beaucoup pour les Acadiens, nous disait dans une conférence M. Rameau, faites beaucoup pour eux, et soyez certains qu'un jour ils vous le rendront. Ce généreux Français, qui le premier s'est occupé sérieusement de nous, qui le premier nous a conseillé lïmmigration française et belge, comme moyen de réparer les pertes que nous ne pouvons pas entièrement empêcher, — c ;r sur ce point encore je vous dirai : ne soyez pas exclusifs, ne repoussez pas un moyen de salut parce que vous en préférez un autre, employez-les tous et vous n'en aurez peut-être point trop. — M. Rameau donc nous disait que c'était la charité cosmopolite de la France qui sauverait un jour la France elle-même, et il nous donnait la même recette. Eh bien ! elle peut s'appliquer et elle s'est déjà appliquée à l'instruction publique, et c'est une gloire pour le Bas-Canada de songer que les établissements d'éducation catholiques et français qui se développent sur tant de points en dehors de nos frontières, sont dus en grande partie aux sacri lices des habitants de la vieille province, permettez-moi de le dire, de la province-mère !
Et même aujourd'hui la France, sans presque le savoir, continue sa glorieuse mission à notre égard : à nos prêtres et à nos religieuses cependant si nombreux, viennent s'ajouter chaque jour
ses prêtres et ses religieuses, et souvent prêtres français et prêtres canadiens, religieuses françaises et religieuses canadiennes partent ensemble pour les points les plus éloignés de ce continent.
Pour 1* ignorer, Messieurs, il ne faudrait connaître ni cette noble maison de St. Sulpice de Montréal, qui a fait, qui fait encore, et qui fera longtemps de si grandes choses dans notre pasy, ni cette illustre Compagnie si célèbre dans notre histoire et qui nous donne aujourd'hui l'hospitalité ; toutes deux, ainsi que tant d'autres ordres religieux, se recrutent encore plus en Europe que parmi nous. (Appl.)
Mais je m'oublie, messieurs, on ne m'avait donné que vingt minutes pour traiter ce grand sujet, pour vous dire ce que l'éducation a fait pour nous, ce que nous avons fait pour elle ; et j'ai déjà dépassé ces limites : je demande quelques minutes de plus pour un acte de justice et de reconnaissance.
Je ne saurais laisser passer cette solennelle occasion de rendre témoignage à la mémoire d'un homme dont la mort a été un grand deuil public, à Sir George Cartier, qui m'a si puissamment aidé, et souvent, je n'ai pas honte de le dire, si habilement dirigé, pendant mon administration scolaire. A son énergie, à sa persévérance sont dues plusieurs lois importantes sur Tinstruction publique avant la Confédération ; à son aide active, celle qui, depuis, a réglé des questions importantes entre la majorité et la minorité religieuses. Dès le principe, nous avons adopté une politique libérale, qui a eu son contre-coup dans le Haut- Canada, tout en empêchant bien du mal chez nous ; en allant plus loin encore, nous aurons fait un grand bien à nos compatriotes des provinces maritimes, si la majorité qui les froisse dans ce qu'ils ont de plus cher, peut apprendre quelque chose de notre exemple, ne fût-ce que d'avoir la moitié de la justice et de la libéralité que nous avons montrées.
J'ai aussi à remercier mon honorable successeur, M. Ouimet, qui s'est mis à l'œuvre avec tant de zèle et d'habileté, des paroles beaucoup trop bienveillantes qu'il a eues pour moi dans ses discours publics et dans ses rapports officiels.
362 DISCOURS sur l'instruction publique.
Enfin, Monsieur le président et Messieurs, j'ai à vous remercier et à vous demander pardon : à vous remercier de votre indulgente attention, à vous demander pardon d'avoir osé traiter dans un cadre nécessairement si restreint un pareil sujet. Mon excuse est dans l'obligeante invitation de votre comté, dans l'enthousiasme du jour, dans cette atmosphère toute imprégnée d'un patriotisme tellement enivrant que ceux qui l'ont respiré^ ne doutent plus de rien.
Même dans les circonstances les plus défavorables, il était impossible de refuser son concours à cette réunion fraternelle où sont accourues portées par l'électricité les félicitations, les sympathies de tous les groupes français de l' Amérique depuis Vancouver jusqu'aux rives de l'Atlantique, nobles témoignages qui ont été couronnés pir la plus auguste et la p'us émouvante de toutes les approbations, i) en un mot, grande et belle journée dont le souvenir imposant sera lui-même une des pages de notre histoire.
(1) Le Souverain Pontifa avait envoyé sa bénédiction par un télégramme.
NOTES ET ERRATA
Page 1. — Au lieu de "quoique " lisez " quoi que."
Page 2.— Au lieu de " 3,495,761, " lisez : " 3,485,761 . "
Page 3 — Après " Les Allemands sont presque tous dans la province d'Ontario qui on renferme 158.603," au lieu de "la province de Québec n'en compte que 31,942," lisez: "la province de la Nouvelle Ecosse en compte 31,942, et la province de Québec n'en a que 7,963. "
Page 10S. — Les revenus des commissaires d'école de Montréal, indiqués dans cette page, sont ceux de 1872-73- ; ils ont beaucoup augmenté depuis. Le budget scolaire de Montréal ferait honneur à une province.
Pour l'année 1875-76, le revenu des commissaires catholiques s'e.-t composé de $80,029 taxes municipales, $14,516 subventions du gouvernement, $13,190 payées par les élèves, et $556 d'autres sources — en tout, $108,291.
Le revenu des commissaires protestants se compose de $74,187 taxes municipales, $4,922 subventions du gouvernement, $20,316 payées par les élèves — en tout $99,425.
Ceci est indépendamment du produit de la vente des débenturen ou obligations autorisées pour l'achat de terreins ou construction d'édifices.
Page 117— 2e alinéa, 3e ligne, au Heu de " 4,003 " lisez " 4,237."
Page 127.— Le Dr. Morrin n'a point légué sa bibliothèque médicale à l'Université Lavai; mais cette institution a hérité de celle du Dr. Fargues, qui était aussi lui protestant.
Pngp 128. — Après les mots "les collèges protestants, $3,733," ajoutez: "et les universités protestantes, $2,619. "
Page 131. — M. Pabbé La^aeé a aussi été chargé d'une mission en Europe par le gouvernement local.
Page 139. — Dan? la dernière colonne du petit tableau, au lieu de "total." lisez: "total prélevé j" ce- total ne comprend point les subventions du gouvernement.
Page 150.— Au lieu de "7,069," lisez: "7,906."
Page 152. — Après " en usajre " ajoutez " dans les écoles normales et dans les écoles-modèles annexes. H
Page 154. — Au lieu de " le lieutenant-gouverneur est le visiteur,"' lisez, : " le lieutenant-gouverneur tu est le visiteur. "
364 NOTES ET ERRATA
Page 158.— Au lieu de " pour le semestre de l'année 1872," lisez: '• pour le premier semestre de l'année 1872."
Page 167. — Au lieu de " pour école normale," lisez: "pour l'école normale."
Page 183. — 3e colonne du tableau, 3e ligne, au lieu de "96,029," lisez: "94,029." Ceci était une erreur typographique dans le rapport du surintendant de la Nouvelle-Eeosse.
Page 234. — La terre de prairie et la forêt ne forment point la moindre partie des territoires du Nord-Ouest, comme il y est dit; mais malheureusement une partie assez considérable de la forêt passe pour ne pas être beaucoup plus cultivable que le disert. Du reste, plus on étudie et plus on explore ces vastes régions, plus on leur trouve de ressources.
Page 240. — Au lieu de " vingt-deux membres, dont douze catholiques et i.eu{ protestants, " lisez : " vingt-deux membres, dont douze protestants et neuf catholiques. "
Page 272.— 1er alinéa, après "ces fonctionnaires sont nommés par le gouvernement, " ajoutez: "sur la recommandation de la section catholique ou delà section protestante du conseil de l'Instruction publique. "
Page 276. — Au lieu de " système compulsoire " lisez " système compulsif."
Page 294. — Nous avons dû avoir recours à des suppositions pour quelques-uns des chiffres de ce tableau.
Pour la province d'Ontario, nous avons supposé qu'un tiers des institutions désignées en bloc comme " Académies and priva te schools, " dans les rapports, étaient des académies, et nous les av< as placées avec les " lycées, académies et éeoles de grammaire. " D'après les informations que nous avons pu obtenir, cette division est assez exacte. Beaucoup de ces écoles privées sont des pensionnats tenus par des religieuses, et nous les avons, dans toutes les provinces, classées parmi les académies.
Pour les académies et les écoles privées de l'Ile du Trince- Edouard, de la Nouvelle Ecosse, de Terreneuve et de Mani ainsi que pour toutes les écoles des territoires de Kiwétin et du Nord-Ouest, nous avons obtenu des renseignements que nous avons lieu de croire très-exacts.
Il y a à iManitoba 3 collèges, un collège catholique, un collège anglican et un collège presbytérien. Los écoles du Nord-Ouest et celles de Kiwétin sont entretenues par les missions soit catholiques soit protestantes.
Quant au Nouveau-Brunswick et à la Colombie Britannique, les renseignements dont nous avions besoin en dehors des rapporta officiels, et que nous avons demandés il y a longtemps, ne nous étaient pas encore parvenus quand ce tableau a été imprimé, et nous avons dû nous contenter de ce que nous avons pu trouver dans les journaux, dans Sadlier's Catholic Directary, ot de nos propres si: |
NOTES ET EMU TA
iions. D'après des renseignements très incomplets cependant qui nous sont parvenus depuis, nous avons lieu de croire que le chiffre que nous avons attribué aux écoles indépendantes de la Colombie est de 2 ou 300 trop élevé.
Page 269. — La section protestante du Conseil de l'Instruction publique s'occupe aussi de classer les académies protestantes, et connue la section catholique, elle se propose d'éliminer graduellement de la liste de ces institutions toutes celles qui, par leur enseignement, ne s'élèvent pas au-dessus des écoles primaires. Page 247. — Au lieu de " viii," lisez : " ix." Page 267.— Au lieu de " ix," lisez : " x." Page 315. — Au lieu de "Stuart's," lisez: " Steioart's." Page 315. — M. Lovell, dans son Canada Directory de 1871, donne le tableau suivant des journaux qui se publiaient à cette époque.
"u CS
Deux fois la semaine
Mensuels
Total
Nous avons constaté dans la liste qui suit ce tableau l'omission de trois publications importantes: La Revue Canadienne, le Canadian Naturaliftti à Montréal, et Le Naturaliste Canadien, à Québec. Un certain nombre de journaux, tant anglais que français, qui en font partie sont déjà disparus ; d'autres ont surgi depuis. On nous a passé une liste des journaux de la province, d'après laquelle il y jurait en 1876, 45 journaux et périodiques anglais, 42 français et 4 anglofrançais ) 91 en tout; mais il est à remarquer que dans cette liste les différentes éditions d'un même journal lorsqu'elles ne portent pas un autre nom, ne sont point comptées pour autant de journaux comme dans celles de M. Lovell qui, en tenant compte de ce fait, se trouveraient réduites à 79 pour la province de Québec, 233 pour Ontario, 30 pour la Nouvelle Ecosse, 29 pour le Nouveau-Brunswick et 13 pour Terreneuve.
NOTES ET ERRATA
Page 302. — Les calculs suivants sont ceux auxquels il est fait allusion dans cette page. Ils établissent la proportion «les personnes de l'âge de 21 ans à 41 ans, sachant lire et écrire, d'après la supposition qui y est faite pour celles qui sont plus âgées; si l'on trouvait cette supposition trop élevée, on pourrait facilement faire les mêmes calculs sur une autre donnée.
Hommes.
Incapables de lire.
P3r- Femmes. ^P?*** non. | de lire.
Proportion.
AU-DESSUS DE 20 AXS INCAPABLES DE LIRE. (Chiffres du recenscmeni.) 265,219 | 107,782 | 2.46 | 268,649 | 84,080 | S. 19