YI. — ÉCOLE DES BEAUX-ARTS
Un établissement sur lequel je crois devoir entrer dans quelques détails est la nouvelle école des beauxarts, qui est venue prendre dans l'enseignement de l'université d'Yale une place importante. Elle doit sa naissance à l'offre faite par M. Auguste Street de faire élever à ses frais, à l'angle de la Chapelle et de High street, un vaste bâtiment pour y établir les cours et pour recevoir les objets d'art.
Le plan adopté par les fondateurs et par un comité composé des professeurs Porter, Tacher et Gilman, consistait à organiser des expositions temporaires et des conférences faites par les savants et
les artistes. Le bel et spacieux édifice, achevé en 1866, reçut du professeur Morse, de New-York, le célèbre Jérémie de Washington AUston, acheté au prix de 3S,000 francs ; du docteur Robert W. Forbes, de New-York, un paysage représentant le mont Washington, par Alexandre Wust; de M. Street, plusieurs centaines de médaillons et une copie du tableau de la sainte Famille, par Jules Romain; de M. William Thompson, une statue de marbre repré* sentant Ruth dans le champ de Boo2 et recevant de lui un bienveillant accueil, œuvre de 6.-B. Lom-' bardi, de Rome. Le président du collège, M. Wool* sey, enrichit aussi le nouveau musée de plusieurs tableaux faisant partie de la collection de Trumball, habilement réparés par M. Chase» du Massachusetts. Le soin d*acheter pour le musée une série de plâtres reproduisant les chefs-d'œuvre de l'art plastique a été confié à M. Charles Perkins, l'auteur des Sculpteurs Toscans^ kurs œuvres et leur temps. Enfin une des galeries contient la collection de Jarves, précieuse pour l'histoire de la peinture ec Italie, depuis lès premiers siècles jusqu'à l'époque éclectique.
Toutes ces collections sont ouvertes gratuitement au public. Les motifs les pluâ* élevés ont engagé les fondateurs de cette institution à donner aux beaux -arts , dans l'université d'Yale, une place que les autres universités ne manqueront
pas de leur, accorder, à son exemple. «Les beauxarts, disent-ils, revêtent d'une forme, perçue par les yeux et par VoreiUe, les idées de beauté qui ne 3oat autre chose qu'un reflet de la perfection divine. Leur culture n^a pas seulement pour objet d'agrandir la sphère des connaissances humaines, en appelant sur un terrain nouveau l'exercice de la raison^ Les beaux-arts développent l'imagination et élèveot Tèsprit à une conception de plus en plus idéate de toutes les branches du savoir auxquelles il se livre. Il ne suffisait pas au Créateur, ajoutentils, d'avoir adapté ses œuvres aux exigences de la vie et au développement de l'intelligence; il a youlu les couronner , pour aiosi dire, de l'auréole de la beauté, afin que l'homme comprit combien ses œuvres, à lui, sont au-dessous de l'idéal qu'il conçoit, mais qu'il ne peut atteindre qu'en les marquant, à son tour, autant que le permettent ses forces, du sceau de la perfection. Ce qui doit faire sentir la nécessité de comprendre Fétude des beauxarts dans le cercle qu'embrasse l'éducation , c'est que par ïâ mystérieuse harmonie qui s'établit, dans l'âme humaine, entre toutes les idées, le beau etlèbieû s'associent d'une nianière tellement intime qu'il est impossible qu'elle sôit éprise de P^mour du beau, sans être en même tems pénétrée de l'amour de la vertu. » Enfin, des considérationspuisées dans la nature même de la société améri-
caine, contenant encore, comme toutes les nations à leuï période de formation, quelques éléments grossiers et rudes, font attacher un prix infini à tout ce qui ennoblit les âmes, fait taire les appétits sensuels et inspire le goût des pures jouissances intellectuelles. L'amour de l'art, avec les raffinements qu'il amène à sa suite , est le privilège des nations parvenues à leur plus haut degré de civilisation. Les beaux-arts faisant désormais partie de réducation publique lui apporteront donc un élément dont l'influence ne tardera pas à se faire sentir. Je reviendrai sur ce sujet en m'occupant de l'université de Michigan.
tB MUSÉE d'histoire NATURELLE.
C^est encore pendant les dernières années écou*lées que les collections de minéralogie et de géologie, lontemps désignées sous le nom de Cabinet du Collège^ ont reçu de notables additions. Mais plus de la moitié des échantillons ^ tirés en grande partie de la vallée du Connecticut, n'avaient pu^' faute d'un local suffisant^ être mis sous les yeux du public. La nomination d'un professeur de ioolo^ gie a fait donner Une immense extension aux collections d'histoire naturelle, et le collège possède^ à l'heure qu'il estj plus de deux cent mille spécimens zoologiques, il fallait, pour que toutes ces
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richesses pussent être convenablement placées et scientifiquement classées, un édifice proportionné à leur importance. Un don de 7S0,000 fr., fait au collège d'Yalé par le généreux M. George Pea* body, en a rendu la construction possible. Le musée d'histoire naturelle , qui portera son nom, offrira bientôt un nouveau témoignage de son inépuisable bienfaisance.