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ÉCOLE DES MINES

Cette école, fondée depuis quelques années seulement, à acquis une grande importance. Elle a pour but, comme son nom l'indique, de former des ingénieurs des mines. Le cours d'études est de trois années. L'addition d'un cours préparatoire d'une année a été jugée nécessaire.

L'enseignement embrasse : la géométrie analytique, lé calcul infinitésimal, la géométrie descriptive, la mécanique, le dessin des machines, les machines employées dans Texploitation des mines, la physique, la chimie inorganique , la chimie analytique, la métalliurgie, la cristallographie, la minéralogie, l'essayage des métaux, la géologie, la

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paléontologie , la botanique , la construction des cartes, les rapports entre les sciences , les langues allemande et française.

Le corps des professeurs, préposés à ces différentes branches d'enseignement, a décidé que le diplôme d'ingénieur des mines ne pourrait être accordé qu'à des sujets ayant parcouru d'une ma-^ Bière sérieuse le cours complet d'études. Une juste sévérité est donc appliquée aux examens que doivent subir les aspirants à ce grade. L'épreuve à laquelle les examinateurs attachent le plus de prix consiste à présenter un projet d'exécution pour une exploitation métallurgique ou un travail de mines, avec plans, dessins, devis, détails de constructions, etc. , conformément à des données fournies par les professeurs. Ce genre de travail est précisément celui qui devra être demandé au jeune ingénieur ou métallurgiste, quand il entrera en fonctions, s'il a le bonheur de trouver un emploi.

Le président du collège de Columbia, Thonorable M. F.-A.-P. Bamard, qui a bien voulu me faire les honneurs de cette belle institution , a pu la comparer aux écoles des mines de Paris et de Londres, a 11 a trouvé, m*a-t-il dit, l'école de Paris établie dans un immense et splendide bâtiment, et pourvue de collections scientifiques qui n'ont point de rivales dans le monde pour leur beauté et leur richesse. )»

Il m*exprimait aussi toute son admiration pour les savants chargés des différentes parties de l'enseignement et la solidité des études. Mais il ne pouvait s'empêcher de reconnaître que, pour la facilité et l'ordre des travaux, il préférait les vastes laboratoires et les grandes salles de Golumbia collège, où se réunissent tous les élèves ayant à exécuter les mêmes' travaux , aux nombreuses classes où tés élèves de Paris se livrent séparément à l'étude des différentes parties de la science. Cet arrangement rend la surveillance plus difficile et l'intervention des mattres moins profitable à tous. Les mêmes inconvénients existent à l'école de Londres.

M. Barnard regrette que l'étude des langues mor dernes et principalement de l'allemand et du français, si utile aux jeunes gens qui, dans l'intérêt dé leur profession, doivent compléter leurs études dans les pays étrangers, soit beaucoup trop négligée par les étudiants américains.

« Celui qui voyage, disait-il, en parlant d'après sa propre expérience, sans s'être rendue familière, par la pratique, la langue du pays qu'il visite, comprendra mieux que je ne pourrais le dire le sentiment pénible qu'il éprouve en présence des objets sur lesquels il aurait besoin de recevoir des indications précises, s'il ne peut ni adresser des questions aux personnes avec lesquelles il se ren* contre, ni répondre à celles qui lui sont faites.» La

nécessité de Tétude des langues étrangères est donc trop vivement sentie à Fécole des mines pour que, dans un avenir prochain , renseignement du français et de l'allemand n'y soit pas régulièrement introduity comme on l'a fait déjà, depuis plusieurs années, au collège Harvard.

A ce sujet, le savant président de Columbia collège me signalait l'embarras que cause à toutes les personnes qui s'occupent de l'organisation de l'instruction secondaire l'accumulation des matières dont elle a dû nécessairement être surchargée, lorsqu'à, l'enseignement longtemps borné à l'étude des langues anciennes il a fallu ajouter l'histoire, les langues modernes, les nombreuses branches de l'enseignement scientifique, et une foule de matières accessoires.

Cet encombrement, contre lequell'université française n'a point encore trouvé de remèdes, donne lieu dans tous les pays aux mêmes plaintes. M. Barnard juge que tous las élèves ne pouvant embrasser le cercle entier d'études ainsi multipliées, ce qu'il y a de mieux à faire, c'est de leur laisser le choix des cours scientifiques ou littéraires qui répondent le mieux aux carrières qu'ils se proposent d'embrasser. Quelques-uns seraient obligatoires, les autres facultatifs. Quant aux langues modernes, il serait d'avis qu'on en commençât l'étude dans les classes inférieures, usage heureusement introduit dans les

lycées de France, depuis plusieurs anoées y comme je le lui ai fait observer. Elle devrait essentiellement faire partie de renseignement élémentaire. Les langues et les littératures anciennes continueraient à être Tobjet principal des études dans les classes supérieures de renseignement secondaire pour les jeunes gens qui se disposent à suivre les cours de la faculté de droit. Ils suivraient alors une partie seulement des cours scientiBques. Ce serait le contraire pour ceux qui, se préparant à la profession médicale, aux écoles spéciales pour les mines, les arts et les manufactures, pourraient porter )a plus grande partie de leurs efforts sur les mathématiques et les sciences naturelles. Je laisse ici ces questions intéressantes , dont Texamen m^entralneraît trop loin. J'aurai peut-être, dans le cours de cet exposé, plus d'une occasion de les reprendre.

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