IV. — COLLEGE AGRICOLE DE l'ÉTAT DE PENNSYLVANIE
L'étendue des terres nationales attribuées à l'État de Pennsylvanie, pour l'établissement de son collège agricole, est de 720,000 acres, dont la vente a produit une somme de 1 ,700,000 fr.
Cinq cours d'études y sont établis pour les sciences, les lettres, l'agriculture, le génie civil et méca-
nique, ayant pour couronnement les diplômes de bachelières lettres, de bachelier en agriculture, d'ingénieur civil et d'ingénieur des mines.
Les programmes de ces différents cours ne différent de ceux des collèges et des facultés que par Taddition du département spécial d'agriculture; et dans ce dernier, les jeunes gens, tout en recevant l'instruction qui doit faire d'eux des agriculteurs habiles et exercés, participent à des leçons qui, dans* l'ordre scientifique et littéraire, les placent au niveau de leurs condisciples des autres sections.
L'enseignement de l'agriculture est non-seulement envisagé dans ses rapports scientifiques avec la chimie, la physiologie végétale et animale et la zoologie, mais encore traité comme une science expérimentale ayant ses méthodes, ses moyens et ses objets spéciaux de recherches. Des expériences y sont faites pour l'étude des meilleurs systèmes de cultures alternées, des engrais les plus convenables pour les diverses récoltes, des moyens de diriger les tfges et de cultiver convenablement les plantes des champs, des vergers, et des jardins d'agrément.
Chaque étudiant doit assister aux travaux d'expériences et en enregistrer le résultat dans un mementà soumis à Texamen des professeurs. Ceux-ci rédigent un journal agricole dans lequel sont exposées les expériences faites sur différents points aux
États-Unis et en Europe. On y recueille avec soin tous les faits qui intéressent Tagriculture.
Des armes et des équipements militaires ont été donnés à Técole par le département de Tartillerie de l'État de Pennsylvanie. L'instruction est donné pendant quatre ans à tous les étudiants, à Texception de ceux qui s'en dispensent par des scrupules de conscience. Ils portent un uniforme. Ils peuvent, comme à l'université d'Ithaca, diminuer les frais d'instruction en participant aux travaux manuels jugés utiles au collège par le président.
y. — COLLÈGE AGRICOLE DE L'ÉTAT- DE MIGHIGAN, A LANSING.
L'institut fondé en 18S5, moyennant une concession de 676 acres, était déjà florissant à Tépoque où 240,000 acres furent attribués par le Congrès à l'État de Michigan, qui en appliqua le revenu à son collège agricole."
Le plan général des études est analogue à celui des autres établissements du même genre. Les étudiants y peuvent aussi, au moyen d'un travail manuel, alléger les dépenses que nécessite leur séjour à l'institution. Cette diminution, du reste, n'est pas le seul fruit qu'ils en retirent : ils y trouvent aussi une occasion toute naturelle d'appliquer dans la pratique les connaissances théoriques qu'ils ont acquises. Ils contractent l'habitude et le goût des
travaux agricoles; ils fortifient leur santé et se forment une constitution vigoureuse.
En général, les élèves, qui commencent et achèvent leurs études dans les collèges, s*engagent rarement dans les carrières industrielles. Après être demeurés quatre ou cinq ans étrangers aux occupations de la campagne, ils ne sauraient avoir beaucoup de sympathie pour les travaux agricoles et Taménagement d'une ferme. Les études les plus profitables, en ce cas, doivent se faire dans les fermes mêmes. C'est dans l'intérêt de la grande et intéressante classe des agriculteurs et des fermiers que sont établies les écoles de ce genre. Celle de Lansing n'est pas, à tous égards, la moins importante.
La ferme exploitée pour Tinstruction pratique du collège d'agriculture a 676 acres, dont 300 environ sont en culture. On y trouve des jardins botaniques offrant les espèces les plus diverses d'arbres, d'arbustes, des vergers d'arbres à fruits, pommiers, poiriers, etc. ; des terrains en pelouses, des parcs où l'administration a réuni les bestiaux de Galloway, d'Ayrshire, de Devon et de Shorthom, les porcs blancs de Suffolk, d'Ëssex et de Chester, les moutons de Southdown et de Cotswold , les mérinos d'Espagne et ceux de Highland à tête noire.
Quant à l'enseignement scientifique, rien n'a été épargné pour dontier à la chimie des laboratoires,
à la physique des appareils et des instruments, à rhistoire naturelle des collections de minéraux; des herbiers, des musées zoologiques ; aux travaux manuels des ateliers et des outils ; pour les études sédentaires, enfin, des bibliothèques et des salles de lecture.
Aussi largement pourvue de tous les instruments de travail, l'école de Lansing voit sortir chaque année de son sein de nombreux jeunes gens allant porter dans les vastes contrées qui attendent des cultivateurs non-seulement des bras exercés à la fatigue, mais encore une intelligence développée par les études les plus sérieuses. Car ces agriculteurs, ces fermiers appartiennent à une société qui ne vit pas seulement de pain, mais qui se soutient et s'agrandit par la participation de tous ses mem-^ bres à Texercice des droits politiques et à la défense des intérêts publics. Elle n'a pas moins besoin de citoyens instruits et éclairés que d'ouvriers habiles^
Je tomberais dans d'inutiles répétitions, si j'en-> treprenais de faire connaître avec les mêmes détails les nombreux établissements consacrés, comme ceux dont je viens de parler ^ à l'enseignement de l'agriculture et des arts mécaniques. Il me suffira de mentionner les principaux, en signalant quelques-unes des circonstances particulières qui les distinguent.
Le collège agricole de Maryland, à Hyattsville,
comté du prince George, n'a encore rien de remarquable. 283 acres de terrain lui ont été attribués. L'institution possède des propriétés valant 430,000 fr., et elle avait en 1858, pour subvenir aux frais d'enseignement et d'entretien, un revenu de 90,000 fr. , qui a dû s'accroître depuis.
Le collège agricole de l'État de Vermont, créé en 4864, après avoir eu en partage 1S0,000 acres, a été réuni depuis à l'université de Vermont, établie à Burlington, charmante ville située sur le beau lac Champlain. Le département scientifique comprend trois divisions : la première, pour les jeunes gens qui suivent pendant trois ou quatre ans le cours complet de chimie analytique et agricole, ou celui de génie civil, ou enfin celui de métallurgie et des mines, pour obtenir le diplôme de bachelier es sciences ; la seconde, pour les étudiants qui ne suivent qu'une partie des cours ; la troisième, pour ceux qui viennent jAsser dans l'établissement les mois de février et de mars afin d'y recevoir les leçons spécialement destinées aux agriculteurs. M. James Burill Angell , président du département agricole et scientifique, apporte les soins les plus intelligents à la direction des études , dont il prend à cœur d^élever de plus en plus le niveau
L'État d'Iowa, qui possède de nombreuses et florissantes écoles de tous les degrés, avait, dès Tannée i8S8, consacré S0,000 fr. à l'achat d'une ferme,
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OÙ il Se proposait d'établir un collège agricole. L'institution possédait alors 150,000 fr. , qui lui avaient été donnés, soit par la législature, soit par des souscripteurs particuliers, lorsqu'en 1864 le Congrès attribua à TÉtat dlowa 240,000 acres de terre, d'une valeur de 2 millions et demi de francs, pour la fondation d'un collège d'agriculture et des arts mécaniques. La législature s'empressa de voter d'abord 100»000 fr., puis 4SS,000 pour la construction d'un bâtiment pouvant recevoir 200 étudiants. C'est un magniBque édifice de cinq, étages, de 52 mètres de long sur 24 de large, avec deux ailes que l'on se propose d'agrandir.
Le collège des arts de Wisconsin, à Madison; celui de Rhode-Island, qui est un département de la célèbre université de Brown, à Providence; le collège agricole de West- Wirginia, à Morgantown, et celui.de Nev^-Jersey, ont reçu une organisation analogue à celle des divers ètfiblissements dont il a été question ci-dessus. Celui qui a été fondé à San- Francisco, et qui était encore en 1868 en voie de formation, sera certainement un des plus brillants et des mieux dotés de tous les États de l'Ouest.
Le collège agricole et mécanique de Eentucky a été incorporé à l'université de Lexington. L'État avait eu, pour sa part des terrains assignés aux c oies d'agriculture, 330,000 acres, dont la vente a produit 824.800 fr.
L*établissement de runiversité de Kcntucky et sa translation à Lexington se sont accomplis dans des circonstances qui méritent une mention spéciale. Ce fut un fermier du pays, M. John Bowman, du comté de Mercer, qui conçut en 185S le projet de fonder pour ses compatriotes a une université mo-* derne, américaine et chrétienne, destinée principalement aux j eunes gens pauvres appartenant à la classe industrielle. 11 se mit en campagne pour trouver des souscripteurs, et en moins de cent cinquante jours, comme il Ta écrit lui-même, il obtint des souscriptions montant à 1 million de francs. C'é-» taient les fermiers du Kentucky central qui avaient fourni cette somme, par des bons de 2^500 et de 5,000 fr. C'est ainsi que fut fondée l'université de Kentucky, établie d'abord dans la ville de Harrodsbourg, puis à Lexington, où elle se fondit avec l'université de Transylvanie. Le collège d'agriculture et des arts mécaniques, que l'on y adjoignit en 1865, a complété cet ensemble d'institutions, réunies aujourd'hui sous le nom général d' université de Kentucky.
Ce capital d'un million, acquis grâce aux efforts de M. John Bowman, s'est accru d'abord de 500,000 fr. souscrits par les habitants de Lexington. Quelque temps après, une immense donation fut faite à l'université par un riche citoyen,
M. Brown, qui acheta pour elle la terre d' Ashland,
ayant appartenu à Henri Clay , et une autre propriété voisine qui s'étendait jusqu'aux limites de la cité. Le tout, de la contenance de 443 acres d'une terre belle et fertile, n'a pas coûté au généreux donateur moins de 700,000 fr. C'est là qu'a été établi le collège d'agriculture et des arts mécaniques.
En vertu de l'acte de la législature qui Ta rattaché à l'université dont l'enseignement a été organisé de la manière la plus complète et la mieux entendue, chaque district a le droit d'envoyer, gratuitement, au collège d'agriculture, trois étudiants pour chacun des représentants nommés par le district. Ces jeunes gens peuvent suivre aussi, sans payer de frais d'études, tous les cours de l'université à l'exception de ceux de droit et de médecine. Ils sont choisis par les j uges de paix des divers districts, après des examens auxquels président des profes* seurs nommés par ces magistrats. Ces examens sont une sorte de concours, offrant aux plus pauvres comme aux plus riches des chances égales de succès.
Tous les étudiants doivent, chaque jour, prendre part, pendant deux heures, aux travaux de la ferme, sous la surveillance du surintendant des terres et des jardins. Ceux qui veulent fournir ce travail manuel en déduction de leurs frais d'études et de leur entretien sont employés pendant quatre heures et
COLLÉGFi;, UNIVERSITÉS, ÉCOLES SPÉCIALES. 351
reçoivent, pour chaque heure, une rétribution de 25 à 50 centimes.
Le nombre des élèves boursiers envoyés par les districts est de 300. Tous les autres élèves payent 150 fr. pour une session de neuf mois. Il y avait, en 1868, 200 étudiants.
Le collège d'agriculture de TÉtat de Kansas, à Manhattan, a été établi à environ 115 milles de Leavenworth et de Wyandotte, à Tembouchure du Kansas. Sa distance de Lav^rence est de 80 milles et de Topeka d'environ 15 milles. Il a été construit sur une éminence d'où Ton découvre le plus magniBque panorama qui puisse charmer les yeux.
C'est aussi par la beauté de son site que se fait remarquer tout d'abord l'école agricole du Maine, établie à un mille du riant village d'Orono, dont on aperçoit les magasins, les banques et les manufactures fournissant aux étudiants de nombreux sujets d'observations et d'études. A 7 milles de là, se trouve la ville de Bangor, déjà fréquentée par un grand nombre de navires, et entretenant, soit avec les États-Unis, soit avec les étrangers, des relations commerciales étendues. Ce voisinage n'est pas moins favorable à l'université d'Orono où s'établit un département d'architecture maritime.
L'IUinois, dont l'accroissement rapide a été si merveilleux, et qui, par l'esprit d'initiative de ses habitants, s'est placé au premier rang des États de
rUnion, dans i ordre politique autant que dans le domaine de l'industrie, se vante d'avoir été le premier qui ait compris Textrôme importance des collèges agricoles, au point de vue social. Le plus ancien souvenir d'une association formée aux États- Unis, pour la création de grandes institutions de ce genre, remonte à la convention tenue, en 1851, à Grànville, comté de Putnam, dans TlUinois. L'objet de cette réunion était la discussion des moyens à prendre pour donner une salutaire impulsion aux travaux de l'agriculture, et principalement la fondation d'un collège agricole. c< En notre qualité de représentants des classes industrielles, disaient les membres de la réunion, cultivateurs, artisans, mécaniciens et marchands , nous demandons, dans notre intérêt et celui de nos amis et de nos enfants, pour nous préparer aux diverses carrières que nous devrons embrasser, les mêmes facilités et les mêmes avantages que ceux dont jouissent nos confrères des au très professions. Nous avouons que c'est par notre faute que nous ne les possédons pas encore. Nous avons donc résolu de prendre immédiatement des mesures pour établir dans l'IUinois une université spécialement consacrée à l'instruction des classes industrielles de l'État, d Dans une seconde convention, tenue en 1852 à Springfield, on rédigea un mémoire dans lequel il était dit : « Qu'un appel serait fait au Congrès, pour qu'il fût accordé à chacun
des États de TUnion une certaine quantité de terres nationales pour rétablissement d'universités, don- Daut une éducation libérale aux classes livrées au commerce et à l'industrie. »
C'est à ce vœu, exprimé de la manière la plus énergique et la plus pressante dans d'autres réunions qui eurent lieu successivement , principalemefnt à Chicago, qu'a répondu le Congrès, par l'acte mémorable qui a, en 1862, affecté de vastes portions du territoire national à tous les États où s'établiront des écoles d'agriculture et des arts mécaniques.
La ville de Chicago possède, sous le.nom d'université industrielle, un ensemble d'établissements scientifiques qui, tant pour l'étendue des ressources matérielles dont ils disposent, que pour l'organisation des études, ne le cède à aucune des écoles supérieures des États-Unis.
Cette université se compose des six départements suivants :
1** Agriculture, embrassant des cours pour renseignement de l'agriculture proprement dite, pour l'horticulture et l'arboriculture.
2* École polytechnique : cours des sciences et des arts mécaniques, — génie civil, — mines, — métallurgie, — architecture et beaux-arts.
3° École militaire, — génie et tactique militaires.
4" Chimie et sciences naturelles.
5* École commerciale.