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ENSEIGNEMENT PRIMAIRE

• Toute connaissance dérive ôt l'expérience. >

Léveloppement des idées, — Les élèves doivent être habitués à porter leur attention sur tous les objets dont la connaissance est propre à exercer leurs facultés intellectuelles dans l'ordre de leur développement naturel.

L'acquisition de ces connaissances doit être pour l'âme le fondement et le point de départ de tout progrès futur. Comme les faits scientifiques élémentaires se lient aux circonstances ordinaires de la vie quotidienne et s'accomplissent sous les yeux des enfants, ils doivent être le sujet des premiers enseignements qui leur sont donnés. Le devoir des maîtres est donc d'exposer oralement les éléments de . la science, de telle sorte qu'ils soient immédiatement compris par les enfants et qu'ils puissent leur servir à rendre leur expérience aussi étendue qu'il est possible ; et, comme les idées ne se forment dans l'esprit d'une manière bien claire que lorsqu'elles sont exprimées par des ipots convenables, les élèves devront être habitués de b^nne heure à

APPENDICE. 4n

exprimer dans un langage correct le résultat de leurs observations.

Langage. — L'usage complet des facultés humaines n'est possible que par l'habitude prise de s*exprimer correctement; c*est la condition indispensable de toute culture intellectuelle; c'est l'intermédiaire obligé pour toutes les relations de l'existence ; on ne serait trop insister sur l'importance du langage considéré comme Tinstrument le plus puissant du perfectionnement de l'esprit.

Il est donc expressément enjoint aux maîtres de donner tous leurs soins à la culture des facultés perceptives poussée aussi loin que possible, en fournissant à l'esprit des enfants le plus grand nombre d'idées claires et positives, puisque ce sont les véritables éléments de la science et l'âme du langage. Mais, pour que le maître puisse bien déterminer le degré d'instruction exigé pour Tétude du langage, il faut qu'il sache quelles idées sont suffisamment développées dans l'esprit des élèves, et quelles sont celles qui n'y existent que d'une manière partielle ou incomplète; il ne peut s'en assurer que par des exercices qui consistent à porter la conversation sur les choses qui leur sont les plus familières ou qui les intéressent le plus.

Lecture, — Il est convenable de ne s'occuper que d'une seule chose à la fois. 11 convient aussi, pour éviter la monotonie, d'enseigner chaque jour diverses branches de la science, par la raison que toutes ont entre elles des rapports nécessaires. Le langage parlé offr^ des secours utiles au langage écrit, et celui-ci fait connaître à l'élève de nouveaux mots et de nouvelles formes d'expressions. C'est pourquoi les maîtres devront exposer aussitôt que possible dans leurs classes respectives le sujet de leurs leçons, en se conformant avec le plus grand soin à l'ordre de la nature; c'est-à-dire en commençant par les idées avant d'arriver aux mots, en montrant d'abord un objet complet avant d'en

faire distinguer les parties. Ils montreront donc à leurs élèves les mois écrits ou imprimés correspondant aux idées qui existent déjà dans leur esprit, étant bien persuadés qu'ils percevront et reconnaîtront ces mots absolument comme ils perçoivent et reconnaissent les objets qu'ils désignent. Il y aura donc entre le mot écrit et l'objet la môme association qui se produit entre l'objet lui-même et le nom sous lequel on le désigne. De cette manière, un petit nombre de mots simples et de courtes phrases pourront être appris sans l'ennui inutile que cause renseignement de l'alphabet. Il y a une infinité de moyens employés par un maître habile pour tirer parti de cette méthode. Il est inu^ tile d'entrer à ce sujet dans de trop minutieux détails ; mais aussitôt que les enfants auront contracté l'habitude de lire facilement des mots et des phrases, le maître devra leur faire connaître le moyen de lire avec intelligence, en lisant devant eux les phrases qu'il leur fait répéter, ayant soin de corriger toutes les mauvaises habitudes, de veiller à ce que les intonations soient bonnes, douces, musicales et justes.

' Il ne devra jamais se lasser de faire en sorte que les enfants comprennent le sens et la signification de ce qu'ils doivent lire, et qu'ils lisent de manière à faire voir qu'ils comprennent.

Épellation, •»- Quand les idées ont été suffisamment développées, et que les mots imprimés qui les représentent s'y sont entièrement associés, que les élèves les prononcent promptement et sans difficulté , le maître appellera leur attention sur les éléments ou lettres dont ces mots se composent. Sur ce point, trois choses sont à considérer i la forme des lettres, leur nom et leur son. Ici Ton devra se tenir en garde contre l'erreur que la prononciation d'un mot est la somme des sons dés lettres combinées; les lettreâ ont des noms que l'on doit énoncer lorsque l'on épelle; mais elles représentent des sons, et la prononciation est, à

proprement parler, la combinaison de ces sons. Il n'y a pas «ians toujt le cours des études un point qui requière de la part du maître une plus grande exactitude; il devra expli- .quer ce point de la manière la plus claire, et s'empresser de montrer la différence qui existe entre le nom donné à la lettre et le son qu'elle représente. Il démontrera le fait en prononçant la voyelle, et en choisissant ensuite une des consonnes les plus difficiles pour la joindre à une voyelle. 11 fera comprendre ainsi que la voyelle est ainsi nommée parce qu'elle se produit par une simple émission de la voix, sans qu'il y ait aucun changement dans ses organes; tandis qu'une consonne ne peut se prononcer distinctement qu'en se combinant avec le son d'une voyelle.

Le meilleur moyen de faire bien cpelcr, c'est d'apprendre aux élèves à former sur des ardoises des mots et des . lettres.

Écriture. — Les lettres imprimées ou écrites ont les mêmes noms et les mêmes qualités; elles ne diffèrent que par leurs formes; les élèves traceront sur les ardoises les unes et les autres. Us seront exercés à tracer des lettres capitales et de petites lettres, en distinguant la forme, la grosseur, l'inclinaison^ le haut, le bas et leurs combinaisons dans les mots. Les maîtres devront veiller à ce que les enfants ne contractent aucune mauvaise habitude quant à la manière de s'asseoir au pupitre ou de tenir le crayon ; ils surveilleront leur tenue, leur maintien, leur usage du crayon, faisant en sorte qu'ils puissent mouvoir naturellement, librement et sans effort le bras, la main et les doigts.

Nombres. — Les élèves seront conduits à se faire une idée claire et juste des nombres en commençant par les unités concrètes; c'est-à-dire en considérant un objet ou une collection d'objets, et en voyant que chaque nombre au-dessus de Tunité se forme par l'addition d'un objet à l'objet

précédent ; à force de répéter cet exercice, il passera naturellement du nombre concret au nombre abstrait; l'enfant compte par deux, par trois, par quatre objets vus, ensemble. Dans cette étude, c'est moins la rapidité de la conception qui importe que la connaissance claire et distincte de la valeur ou du montant des objets, par suite de leur augmentation ou de leur diminution. Les quatre opérations leursont enseignéesd'aprèsdes objets ajoutés, soustraits, etc. Puis ils seront exercés à distinguer les signes arabes ou romains exprimant les quantités, et à faire avec eux les opérations pour lesquelles la vue des objets les a suffisamment préparés.

Morale et bonnes manières. — Les écrivains sacrés, les historiens et les poètes sont unanimes pour attester l'importance de cette partie de l'éducation. Une foule de maximes expriment la nécessité de donner de bonne heure des habitudes que Ton conservera pendant tout le reste de la' vie ; la culture des facultés morales vise à quelque chose de plus élevé qu'une simple occupation. Ce n'est ni par un enseignement spécial, ni par des leçons directes s'adressant à la mémoire, et répétées dans des temps fixes et dé* terminés , que le maître peut et doit développer dans les âmes le sentiment moral ; il doit saisir à pr^gos toutes les occasions qui se présentent pour agir sur les âmes tendres susceptibles de recevoir toutes les bonnes impressions, toutes les directions justes : récits, détails biographiques, anecdotes, circonstances de la vie réelle; c'est ainsi que les enfants sont habitués à apprécier ce qui est droit et honnête. L'enseignement des règles de la morale peut avoir son utilité en certaines occasions ; mais les exemples d'actes vertueux, accomplis par les enfants eux-mêmes ou en leur présence, leur font bien mieux distinguer et aimer le devoir. Quant aux manières, il ne s'agit pas de ces lois conventionnelles, de ces usages extérieurs pour lesquels la mode exerce beaucoup d'influence; c'est par la sincérité,

ramabilité*et la grâce du caractère que Ton contracte rhabitude d'une tenue convenable et d'un maintien distingué. Quand on a le bonheur de posséder ces qualités précieuses, qui sont l'ornement de la société humaine, les bonnes manières ne sont que l'expression extérieure de la vie morale sur laquelle se moulent en quelque sorte les actes, les mouvements, les gestes et la tenue générale de taut le corps. ^

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