‹ L'instruction publique dans la province de Québec [microforme] (volume 2)Chapitre 9 sur 21 · LES INSTITUTEURS · texte numérisé non relu

LES INSTITUTEURS

Toute personne, pour enseigner dans une école publique sous l’administration de commissaires ou de syndics d’écoles, doit avoir obtenu un brevet de capacité conféré par une école normale ou un bureau d’examinateurs. Cependant les ministres du culte et les membres d’une corporation religieuse de l’un ou l’autre sexe instituée pour les fins de l’enseignement, sont exempts de cette obligation.

Néanmoins, dans des circonstances exceptionnelles, le surintendant de l'instruction publique peut, sur la recommandation de l'inspecteur d'écoles et du prôtre ou pasteur qui dessert la municipalité, autoriser certaines personnes à enseigner sans être diplômées.

Dernièrement, afin de donner plus d’uniformité à l’enseignement, l + bureaux d’examinaieurs régionaux qui étaient établis dans différentes parties de la province pour examiner les aspirants au titre d’instituteur et d'institutrice de chacune des deux croyances religieuses, ont été remplacés par une commission d’examinateurs unique, composée d’hommes dont les connaissances pédagogiques sont bien établies.

Les examens ont lieu une fois par année, dans les centres les plus importants de la province, sous la direction de délégués nommés par le bureau central. Ces délégués n’ont d’autres attributions que d’examiner les aspirants sur la lecture et le calcul mental et de leur remettre les questions sur les différentes matières du Programme d’examen, auxquelles ceux-ci doivent répondre, par écrit, sous leur surveillance. Ils transmettent ensuite les épreuves au bureau central qui, après les avoir corrigées, délivre des certificats de compétence à ceux qui les ont mérités.

Au commencement de chaque année scolaire, afin de suppléer aux connaissances pédagogiques dont sont dépourvus un certain nombre d'instituteurs et d’institutrices qui n’ont pas suivi les cours des écoles normales, les inspecteurs d’écoles doivent réunir ceux de chaque municipalité pour leur donner des conférences dont les canevas sont préparés par des pédagogues compétents, sous la surveillance du département

1 Les écoles protestantes étant plus disséminées, les rirconseriptions des inspecteurs protestants sont naturellement plus étendues.

de l’Instruction publique. Ces conférences, inaugurées il ÿ a quelques années seulement, ont déjà produit les meilleurs résultats.

Dans le même but, le gouvernement subventionne largement deux journaux d'éducation: l’un, l'Enseignement primaire, publié en français, et l’autre, publié en unglais, The Record. Ces revues, très bien faites, sont adressées gratuitement à tous les instituteurs et institutrices de la Province, auxquels elles inculquent les notions pédagogiques les plus saines.

Les traitements des fonctionnaires de l'enseignement primaire, étant payés par les commissaires ou les syndics d'écoles représentant les contribuables, sont généralement peu élevés et nullement en rapport avec les services que rendent à la société les personnes qui se dévouent à l’éducation de la jeunesse. En 1895, afin de porter quelque adoucissement à cet état de choses, le comité catholique du conseil de l'irstruetion publique recommandait “qu’une gratification fût affectée aux in- + stituteurs et aux institutrices laïques des écoles élémentaires qui auront “ rempli leurs devoirs avec le plus de zèle et d'intelligence et obtenu les “ meilleurs résultats dans leur enseignement”. L'année suivante, le gouvernement adoptait cette suggestion, en mettant à la disposition du département de l’Instruction publique un montant affecté au paiement de ces gratifications olfertes aux instituteurs et institutrices les plus méritants.

Ces recompenses sont de eux classes, les unes de 30 dollars et les autres de 20 dollars. Elles atteignent un sur einq du nombre total des instituteurs et institutrices. Ceux qui doivent y participer sont désignés par l'inspecteur d'écoles du district où ils enseignent.

Ces primes offertes au mérite, si modiques qu’elles soient, en provoquant une légitime émulation dans le corps enseignant, ont déjà produit des résultats très appréciables, car les instituteurs et les institutrices qui y aspirent, en outre de l’appoint relativement important qu’elles apportent à leur traitement peu élevé, prisent à sa valeur l'honneur qui accompagne cette distinction.

Après vingt années de service, ou dès qu'il a atteint l’âge de cinquante-six ans, ou quel que soit son âge si le mauvais était de sa santé le rend inapte à remplir ses devoirs, tout fonctionnaires de l’enseignement primaire a droit à une pension de retraite. Cette pension, qui est payée sur un fonds provenant d'une retenue faite sur le traitement de chaque membre du corps enseignant et d’une allocation accordée par le gouvernement, est basée sur le nombre d'années d’enseignement. Le: femmes des instituteurs ont droit à la moitié de la pension de leurs maris, quand ceux-ci ont versé au fonds de pension, en outre de la retenue faite sur leur traitement, une somme égale à la moitié de cette retenue.

[DE Cazes] L'INSTRUCTION PUBLIQUE 63

Près de 47,000 dollars sont affectés, par année, au paiement des pensions, auxquelles participent 570 anciens fonctionnaires de lenseignement primaire.

Ont enscigré dans les écoles primaires de la province de Québec 9,733 instituteurs et institutrices pendant l'année scolaire 1898-99,' savoir : 1,248 instituteurs et 8,485 institutri”e:.

Ils se divisent comme suit entre catholiques 2t protestant: :

Page 1