‹ L'instruction publique dans la province de QuebecChapitre 29 sur 29 · I>935-II · texte numérisé non relu

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Soit environ 9,965,832 francs.

Il convient de faire observer que les chiffres que nous donnons ci-dessus sont loin de représenter les montants affectés à l’éducation dans la province de Québec. Quoique les sommes dépensées par les institutions d’éducation indépendantes, qui ne font pas de rapports au département de l’Instruction publique, ne puissent être évaluées qu’approximativement, on peut néanmoins affirmer, sans exagération, qu’elles atteignent un montant presque égal à celles portées aux rapports officiels.

Voici les calculs que fait, à ce sujet, dans son ■excellent travail intitulé « Mémorial de l’Education

^instruction publique;

au Canada,» M. C.-J. Magnan, directeur de la revue pédagogique L’Enseignement Primaire :

« Maintenant, disons tout de suite que le montant inscrit aux archives officielles, ne représente guère plus de la moitié des sommes dépensées par la province de Québec pour des fins d’Education primaire.

« Voici la preuve péremptoire de cette assertion.

« Il y avait, en 1898, trois cent dix-huit couvents et cent cinquante deux écoles de Frères (1).

« Deux cents deux couvents seulement et quatre-vingts écoles de Frères reçurent une subvention du gouvernement. Ces maisons adressèrent un rapport au Surintendant, mais les autres institutions congréganistes, soit 116 couvents et 72 écoles de Frères, ne communiquèrent aucun renseignement au bureau de l'Instruction publique.

« Afin de connaître le montant d’argent exact dépensé par notre province pour le soutien des. écoles primaires, il faut donc ajouter la somme qui représente les dépenses faites par les 188 maisons d’éducation primaire supérieure absolument indé-

(1) En 1905, ces chiffres sont bien plus considérables.

dans da province; de; québdc 63

pendantes de l’Etat, c’est-à-dire les 116 couvents et les 72 écoles de Frères non mentionnés dans le rapport du Surintendant.

« Remarquons que les couvents et les écoles de Frères qui ne reçoivent aucun secours pécuniaire du gouvernement, sont précisément les institutions les plus prospères, conséquemment celles qui dépensent les plus gros montants pour maintenir leurs classes.

« Faisons donc un calcul approximatif que les pires ennemis du Québec catholique et français ne sauraient trouver défectueux.

a Cent seize couvents, ayant en moyenne 150 élèves, ne sauraient dépenser moins de $15,000 chacun. Plusieurs ont un budget deux fois plus considérable : tels le monastère des Ursulines et les couvents de Sillery et de Bellevue, à Québec, les couvents d’Hochelaga, de Villa-Maria, les Dames du Sacré-Cœur, à Montréal, ainsi que plusieurs autres.

«Ces 116 couvents à $15,000 chacun donnent le montant assez considérable de $1,740,000, montant qui n’apparaît aucunement dans les comptes publics.

« Maintenant, il n’est pas exagéré de prétendre

l’instruction publique

que les 72 écoles de Frères qui ne font aucun rapport au gouvernement, doivent dépenser au moins $10,000 annuellement. C’est donc $720,000 que nous devons ajouter au montant de $1,740,000, fourni par les couvents absolument indépendants : total $2,460,000.

(( Si nous additionnons cette somme avec le montant total des dépenses inscrites au budget gouvernemental, nous constatons que la province de Québec affecte au progrès de l’Instruction primaire près de cinq millions de piastres ».

Quant aux maisons d’éducation supérieures : universités, collèges, etc., elles contribuent pour plus de 615,000 piastres, pour l’éducation secondaire, en sus des subventions assez minimes qui leur sont données par le gouvernement.

Les sommes provenant de diverses sources, affectées à l’instruction publique dans la province de Québec, tant pour les écoles primaires que pour l'éducation secondaire, représentent donc environ trois dollars quarante centins par tête de la population.

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