II PRÉFACE
illettrés y est tout-à-fait insignifiant, non seulement tous savent lire, mais ce qui vaut mieux encore, tous aiment à lire et le goût de la leclecture est aussi général et aussi vif dans les campagnes que dans les villes, dans les contrées septentrionales que dans celles du midi et du centre.
Le voyageur qui après avoir visité Copenhague, Stockholm ou Christiania s'engage dans le Nordland ou le Finnmark, en remontant jusqu'au 7(y degré de latitude, s'attend à y trouver des populations engourdies par le froid et privées de tout moyen d'instruction : il ne tarde à être détrompé.
Dans le diocèse de Tromso on compte 12,285 enfants Norvégiens, 1815 Lapons, 531 QuénersrTous fréquentent les écoles publiques, ou reçoivèllt l'instruction dans leurs familles. Dans les régions les plus voisines du cap Nord, la Suède et la Norvège, comme on le verra, ont des associations établies dans le but de fonder des écoles pour les jeunes Lapons. Des instituteurs ambulants suivent dans leurs courses les populations nomades afin d'enseigner aux enfants la lecture et l'écriture et leur donner l'instruction religieuse.
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L'organisation des écoles dans les États Scandinaves, toujours si sympathiques à la France, m'a semblé digne d'une enquête sérieuse. Les résultats en seront, je l'espère, accueillis avec quelque faveur par les personnes qui s'occupent de la question de l'éducation populaire, une des plus importantes, selon moi, des temps modernes.
Dans ces pays, comme dans les divers États d'Allemagne, c'est au protestantisme qu'il faut attribuer les progrès qui s'accomplirent dès le commencement du xvi* siècle dans l'organisation de l'enseignement populaire. A la voix de Luther proclamant, dans une lettre adressée en 1524 aux Conseils de toutes les villes d'Allemagne, que l'autorité était tenue de forcer les sujets d'envoyer leurs enfants à l'école, Tinstruction fut partout reconnue comme le m^mier des devoirs pour le père de famille, les magistrats et les souverains eux-mêmes. La lecture et l'intelligence de la Bible étaient une conséquence forcée d'une réforme qui rendait rhomme responsable de sa foi et plaçait la source de cette foi dans l'écriture sainte.
Nous voyons l'enseignement primaire répandu en Suède, par suite de la réforme adop-
iV PRÉFACE.
tée, en 1527, par la Diète de Westeras. L'obligation de rinstraction fat imposée par Charles XI, en Tannée 1686. La Société pro fide et ChristianismOj et celle de renseignement mutuel se fondent en 1771, pour la création d'écoles populaires. La loi du 18 juin 1^42, due à Charles-Jean (Bemadotte), donne une organisation définitive à l'enseignement public.
Des écoles fixes dans les villes, des écoles ambulantes dans les campagnes, pourvoient au besoin d'instruction devenu général. Rudenschôld institue les petites écoles; Siljestrôm fait remplacer, par des maisons saines et aérées, celles qui précédemment étaient destinées à l'enseignement primaire ; l'instituteur Meijerberg préconise et applique l'usage des méthodes qui rendent cet enseignement plus facile et plu^uctueux, et fait comprendre que l'éducation^u premier âge doit être confiée, de préférence, à des institutrices, plus capables que les instituteurs de parler au cœur des enfants, et de faire marcher de front V éducation et Vinstruction. En 1859, on fonde des écoles normales, et l'usage des exercices gymnastiques scientifiquement organisés se généralise.
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L'instruction populaire, retardée par plusieurs causes, en Norvège, est fortement organisée en 1736. Alors, l'obligation de recevoir à 14 ans la Confirmation^ a pour conséquence la nécessité de savoir lire et écrire pour participer à ce sacrement religieux. Ses progrès te manifestent plus puissamment, lorsqu'on 1814, la Norvège est annexée à la Suède. On établit, par les lois de 1860 et de 1869, les règles appliquées aux écoles primaires des villes et des campagnes. Des amendes de 1 fr: 20 c. à 40 francs sont édictées contre les parents dont les enfants s'absentent de l'école sans motif valable.
Six écoles normales sont établies et le nombre des instituteurs brevetés, à la suite d'examens sérieux, s'accroît de plus en plus. Tous les obstacles résultant du peu de densité de la population, dans certaines parties du territoire, sont vaincus. Lorsque l'élève ne peut aller à l'école , c'est l'école qui vient le trouver.
C'est aussi à la Réforme que le Danemark doit la diffusion de l'instructioji dans toutes les classes delà Société. Dans ce pays, les lois qui rendent l'instruction obligatoire sont sévères :