‹ L'instruction publique dans les États du Nord: Suède, Norvège, DanemarkChapitre 34 sur 70 · LUND · texte numérisé non relu

LUND

Tiiéologie.

Droit.

MédceiDe.

Philoiiphie.

TOTAL

Proresseurs.

Adjoints. . .

Maîtres... .

Total..

Étudiants. .

Pour être admis à l'université d'Upsal, l'élève doit subir devant la faculté de théologie un examen. Il est interrogé sur les principes élémentaires de Ja théologie, sur l'histoire , l'histoire naturelle , la géographie , la logique , les mathématiques, l'ht'breu, le grec, le latin, le fraoçais, l'allemand. Les étudiants sont exempts de la milice et exempts d'impôts ; ils ne reconnaissent que la juridiction universitaire à six milles autour d'Upsal.

Les professeurs de théologie de Lund ont une cure. Quelques professeurs laïques en reçoivent une aussi comme récompense de leurs services. Ils sont obligés alors d^embrasser l'état ecclésiastique. Ils écrivent une dissertation latine qu'ils soutiennent publiquement, et Tévêque leur donne l'ordination. Ils portent une redingote noire, une cravate blanche , un petit collet , et continuent à faire leurs cours. Un vicaire les remplace dans leur paroisse.

Il n'est pas rare de voir des professeurs nommés non-seulement curés maisévêques. Quand un siège épiscopal devient vacant, les ministres de chaque district se réunissent chez le prost ou prêtre du canton. Chacun d'eux écrit sur un bulletin le nom de trois candidats. Les bulletins réunis sont renvoyés au consistoire ecclésiastique de la métropole, qui, après les avoir examinés, inscrit les trois noms qui ont obtenu le plus de suffrages et les adresse au roi. Le roi décide , mais en se conformant au vœu de la majorité. C'est ainsi que Tégner, professeur de littérature grecque à Lund, était devenu évéque de Wexjô '.

Le temps des études est ordinairement de deux années pour la faculté de théologie et de trois pour les autres. L'élève en médecine peut exercer dès qu'il a passé son examen de promotion ; mais le théologien et le juriste doivent en subir encore un autre, le premier devant le consistoire et l'évéque, le second devant le tribunal supérieur. Malgré hi sévérité des examens, très-peu de candidats y échouent.

« Je ne connais pas une université en Alle-

]. J'ai fait connaître plus haut (p. 29) Fopposition faite par l^égner à l'organisation des écoles puliliques. ^é le 13 novembre 1782, il était entré en 17U9 à l'université de Lund. Son ^uvre la plus importante et la plus connue est la Saga de Bri~ <io/, publiée en 1825.

magoe, dit M. X. Marinier, qui ait conserré comme celle de LuDd ses anciens usages et son ancien caractère. Ici, depuis près de deux siècles, rien n'a changé ; ce soat les mêmes cérémonies dans tous les consistoires , les mêmes fêtes naïves et le mêm^ esprit religieux. Les professeurs font la prière en commençant et en finissant leurs leçons de chaque jour, et les solennités uaiversitaires se célèbrent au son des cloches. Quand un étudiant a passé son examen de promotion , on le conduit à l'église et les facultés se rassemblent autour de lui. Le professeur qui remplit les fonctions de promoteur adresse au nouvel élu une harangue latine ; puis les cloches sonnent , les musiciens placés dans la tribune chantent un chœur de joie. Le promoteur remet à l'étudiant le chapeau de docteur, symbole de sa dignité , l'anneau d'or qui le fiance à l'étude et un livre de science. Ensuite, le prêtre célèbre Toffice divin et la cérémonie se termine par un dîner, auquel assistent les professeurs. L'évêque y vient aussi avec sa croix sur la poitrine, comme pour bénir la nouvelle voie dans laquelle l'étudiant va entrer. Le recteur magnifique s'assied à côté de l'évoque et le jeune docteur prend place au milieu de cette savante assemblée. Il n'est plus étudiant, il est maître. Ses condisciples de la veille le regardent avec respect, ses anciens professeurs le saluent comme un jeune frère. Dans quelques

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années, il sera peut-être aussi professeur; il fera des élèves, il assistera à leur promotion, et il se souviendra toujours de la matinée auguste où il a reçu son diplôme et de la cérémonie religieuse qui Ta consacré. »

L'installation du recteur se Tait avec une grande pompe. La veille du jour où elle doit avoir lieu, le recteur dont lés fonctions expirent adresse à ses collègues un sommaire historique de tout ce qui est arrivé à l'université pendant le temps de son administration. Le lendemain, les professeurs se réunissent dans sa demeure , et les facultés se rendent avec lui en procession à l'église au son de la musique et des cloches et précédés des sergents de Tuniversité , des pedels portant le sceptre d'argent du recteur, comme autrefois les licteurs portaient les faisceaux des consuls. Là, il prononce un discours latin, il reçoit le serment de son successeur et lui remet l'un après l'autre les insignes de sa dignité, le sceptre, le sceau, la clef des archives, la clef de la prison, le livre des statuts. Le secrétaire de l'Académie lit un chapitre de la constitution. Le nouveau recteur adresse aux professeurs une courte harangue pour se recommander à eux, puis on prie et l'on chante, et le corps universitaire s'en retourne en procession.

Il y a dans ces réunions une telle candeur, une telle bonne foi qu'on ne saurait y assister sans

émotion. Par ïU vit» réçiilière tt paisible, par son isoh'ment, ruiiiversité de Lund est en position de conserver louglemps ?es anciennes mœurs.

La ville de Lund est bâtie à une lieue de la mer, dans une des plaines les plus riantes et les plus fé'*ondes d^^ la Suède. Elle est parsemée de fleurs et lie jardins entourés d'arbres à fruits et de champs de blé. Chaque professeur a là sa petite maison, fermée par une barrrère au milieu d'un enclos. Le? professeurs ont leurs vacances au mois de juin; elles durent tout Tété, et ceux qui sont prêtres se retirent ordinairement dans leur paroisse.

Parmi les établissements institués pour répandre Tinstruction supérieure, on doit compter les académies qui se trouvent à Stockholm et les sociétés savantes, dont nous donnons ici l'énumération.

L'Académie suédoise, fondée en 1786*, a pour but de fixer et régulariser la langue suédoise, de répandre le souvenir et de conserver la mémoii* df s grands hommes qui ont gouverné la patrie ou l'ont sauvée. Le nombre de ses membres est fixé à 1 8 au maximum.

L'Académie royale des sciences, fondée en 1739, est consacrée au perfectionnement des sciences naturelles. Le nombre de ses membres est de lOO» qui sont Suédois, et de 73 étrangers. Ils ont 1* garde et la surveillance du musée d'histoire naturelle.

L'Académie royale des belles-lettres, de l'histoire et des antiquités, fondée en 1753, est composée de 14 membres honoraires, de20 membres actifs etde { 6 étrangers . L'Académie garde et surveille le musée historique de la ville, la collection royale des médailles, qui sont conservées dans les bâtiments du musée national, consacré surtout aux. collections de sculptures et de tableauii ; il y a pour ce musée une direction particulière.

L'Académie royale d'agriculture, fondée en i 811 , est composée de 1 directeur, 24 membres honoraires, 136 membres actifs et 75 étrangers. L'Académie possède aux environs de Stockholm un terrain pour faire des expériences. Le comité administratif a, entre autres charges, la mission de surveiller les établissements d'agriculture du royaume, les fermes et les bergeries modèles.

L'Académie royale des beaux-arts a été fondée en 1735 pour le développement de la peinture, delà sculpture et de l'architecture et des autres arts plastiques; elle est composée de 1 président, de 10 membres honoraires suédois , de 40 membres suédois et d'un nombre illimité de membres étrangers. A l'Académie est jointe une école des beauxarts.

L'Académie royale de musique, fondée en 1771, est composée de 100 membres suédois, de 25 femmes au maximum et d'un nombre illimité de mem-

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bres étrangers. Le Conservatoire est attaché à cette Académie.

L'Académie royale des sciences militaires, a été fondée en 1796. Ses membres sont divisés en deux classes. Dans la première, il n'y a que des amiraux et des généraux, au nombre de 50 environ, etdansla seconde il y a à peu près 120 membres ; le nombre des étrangers est illimité.

Parmi les sociétés savantes, on peut citer encore :

La Société royale cour répandre les manuscrits qui concernent l'histoire Scandinave (fondée en (817, à Stockholm).

La Société royale des sciences , à Upsal. (C'est la plus ancienne société savante ; elle date de 1710.)

La Société royale physiographique , à Lund (datant de 1778).

La Société royale des sciences et belles -lettres, àGôteborg(1778).

La Société royale de Karlskrona (1771).

La plus grande bibliothèque de Suède est celle de l'université d'Upsal, composée de plus de 160,000 volumes et de 8,000 manuscrits.

La Bibliothèque royale de Stockhohn contient plus de 150,000 volumes et 7,500 manuscrits, sans compter les autographes.

Cette bibliothèque a 6,000 livres de rente. Elle a été fondée par Gustave-Adolphe. Elle doit ses premières richesses bibliographiques à la guerre de

ente ans, pendant laquelle les officiers du roi de iiède rapportèrent un grand nombre de livres cueux et de précieux manuscrits. C'est de là que revient la Bible de Lutber, annotée à chaque page e sa main même, édition rare, trésor envié de )ute TAUemagne. C'est de là que provient aussi me magnifique Bible du treizième siècle considéée par M. Marmier' comme le plus beau et le plus p*and de tous les manuscrits européens.

Elle doit au comte de la Gardîe une riche coUecioD de livres rares et de manuscrits islandais. Elle ireçu de lui TEdda de Snorri Sturleson et le fameux Codex Argenteus contenant les quatre évangiles traduits , au quatrième siècle, par Tévôque Arien Ulphilas, en langue mésogothique, pour ceux des Goths qui habitaient la Mésie. C'est un in-4^ en parchemin violet dont le texte est écrit en lettres capitales d'argent et les citations.de l'Ancien Testament en lettres d'or^.

La bibliothèque de l'Académie royale des sciences est composée de 40,000 volumes; celle de l'Institut de médecine et de chirurgie, de 1 8,000; celle de l'Institut technologique , de 45,000 ; du Bureau central

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