PREMIÈRE PARTIE
Pendant la longue période (plus de 400 ans) écoulée jusqu'en 1814, époque où la Norwége et le Banemark furent réunis sous le même gouvernement, son système d'éducation publique fut l'objet d'une grande négligence. A plusieurs points de vue la Norwége avait rétrogradé. Les chefs du gouvernement, dont la plupart étaient Danois, enyoyés par l'administration de Copenhague, montraient peu d'intérêt pour l'éducation populaire; et si l'usage de la confirmation n^avait pas été introduit en 1736 par une ordonnance royale, l'instruction populaire aurait été presque nulle.
La confirmation religieuse obligatoire conduisit
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à rinstnictioD obligatoire. La réforme de Luther fut introduite en Danemark et en Norwége dès Tannée 1536, mais Tobligation de la confirmation pour la préparation de laquelle la jeunesse devait être instruite des vérités du christianisme, et Texamen public qui devait raccompagner, imposés à tous les enfants sans exception, ne furent introduits que deux cents ans plus tard.
En vertu du décret de 1736, aucun enfant ne peut être admis à la confirmation avant d'avoir préalablement fréquenté Técole, et d'avoir été instruit des principaux dogmes du christianisme.
En 1739 des écoles furent établies d*une manière régulière dans tout le pays par une ordonnance royale ; mais cette ordonnance avait tenu si peu de compte des conditions économiques et physiques de la Norwége, qu'il fut nécessaire de la modifier dès Tannée 1741. L'obligation de l'instruction avait cependant été dès lors adoptée pour assurer à tous les enfants du pays la lecture et la connaissance de la religion. Cette obligation a été maintenue dans toutes les lois qui ont suivi. Depuis l'année 1814, la Norwége ayant recouvré son indépendance, la question de l'éducation devint l'objet de la plus sérieuse attention. On en trouve la preuve dans une loi du 14 juillet 1827, relative aux écoles publiques du pays ; cette loi fut remplacée par une autre plus complète, le 16 mai 1860. Les écoles
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publiques des villes ont été organisées et réglées
par une loi du 12 juillet 1848. Une troisième loi du
22 mai 1869 contient, avec des additions, les deux
précédentes qui sont aujourd'hui en vigueur.
Ces différentes lois, celles du 20 juillet 1824, qui
organise l'université, et du 17 juin 1869, qui a
organisé les écoles du degré supérieur, témoignent
hautement de Fesprit démocratique qui règne dans
les institutions norwégiennes et constitue leur force.
On rencontrerait difficilement aujourd'hui dans
ce pays un paysan ne sachant pas lire.
Les écoles primaires du degré élémentaire sont Subdivisées en écoles des campagnes et écoles des ailles.
La loi du 16 mai 1860 déclare que le but de ces écoles est de seconder l'éducation de la famille, en disant pénétrer dans les esprits des enfants les principes de la religion chrétienne , de leur procurer le savoir et les connaissances que doit posséder tout membre de la société, et les faire. avancer dans la science autant que les circonstances le perïnettront.
Les écoles publiques des campagnes sont divisées en écoles élémentaires et en écoles supérieures. Les premières réunissent les enfants appartenant ù la circonscription, et les secondes les enfants appartenant à plusieurs districts. Ils y reçoivent une instruction plus étendue.
Le premier point de l'organisation des écoles des campagnes est la division des écoles de district ou de paroisse en cercles, dont chacun renferme autant de familles que le comité des écoles le juge convenable. Les enfants appartiennent généralement à Técole la plus voisine de la maison qu habite leur famille.
Partout où se trouvent trente enfants demeurant assez près les uns des autres pour pouvoir fréquenter journellement la même école, on établit une école publique dans un local spécial; en cas de nécessité, on loue une maison à qui Ton donne cette destination. Si le nombre des enfants du même cercle est trop considérable pour qu'ils puissent être réunis chez le même instituteur, ils forment plusieurs divisions réparties en différentes maisons ou confiées à des maîtres adjoints.
La Norvège rencontrait dans son projet d'organiser partout l'enseignement primaire les plu» grandes difûcultés dont a trionipliéi'énergie de ses chambres législatives. Plusieurs parties du pay» sont entrecoupées par des vallées profondes et
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abruptes, par des lacs et des torrents, en sorte qu'une population peu considérable est disséminée sur une étendue de plusieurs milles. La densité de la population qui est en Suède de 10 habitants par kilomètre carré n'est en Nor^vége que de S, 6 pour la même étendue. Pour ces sortes de localités la loi a établi, comme en Suède des écoles ambulantes dontles instituteurs vont de ferme en ferme et vivent chez les paysans. Quoique ce genre d'instruction soit le plus souvent fort incomplet et que les instituteurs soient assez médiocres, l'obligation imposée par la loi produit cependant son effet, et tous les enfants y reçoivent au moins un premier degré d'instruction.
Ces écoles ambulantes étaient autrefois très-nombreuses ; mais l'accroissement de la population et l'intérêt de plus en plus général porté à l'éducation en ont fait diminuer le nombre, et celui des écoles fixes s'est, par conséquent, accru dans la même proportion.
Il y a des districts où les écoles ambulantes elles-mêmes sont impossibles. Le comité des écoles doit, en ce cas, chercher tous les moyens de faire donner aux enfants l'instruction dont ils ont besoin .
La loi autorise ce comité à établir des écoles pour la première enfance dont la direction est confiée à des institutrices. Il peut aussi établir des écoles pour la couture et les autres travaux féminins.
Les manufactures et les autres établissements industriels situés dans les districts ruraux, sont dans l'obligation d'avoir des écoles pour les enfants des ouvriers, lorsqu'ils en emploient au moins trente dans leurs maisons.
Ce qui peut donner une idée du zèle que déploie la commission scolaire pour répandre partout les bienfaits de rinstruction populaire, c'est que de 1866 à 1870 elle a fait construire près de 400 maisons d'écoles. La ville de Christiania a inauguré, en 1871, une magnifique école primaire qui a coûté près de 2 millions de francs et compte 1,300 élèves. Le nombre des écoles fixes ou ayant un local spécial s'est accru tandis que celui des écoles ambulantes a diminué.
Il y avait, en 1870, 1,822 écoles fixes avec u^ local spécial, 2,381 écoles fixes avec un local loué^ 2,135 écoles ambulantes. Total 6,338 écoles.
Ces écoles sont réparties entre les diocèses de Christiania, de Hamar, de Christiansand, de Bergen, de Trondhjem et de Tromsô.
Les villes du royaume ont aujourd'hui 121 écoles primaire fixes, réparties ainsi qu'il suit dans les six diocèses.
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iocèse de Christiania. . .
20 villes 37 écoles.
— Hamar
— Ghristiansand .
— Bergen. . . .
— Trondhjem.. .
— Tromsô. . . .
On comptait, en 1870, 54 écoles supérieures, 19 à la campagne avec 467 élèves et 33 dans les allés avec 2,634 élèves.
Les écoles élémentaires donnent aux enfants Tin- .truction suivante : lecture, connaissance de la eligion chrétienne, choix de lectures relatives à la [éographie , histoire , connaissance de la nature , haut, écriture, arithmétique.
Les exercices gymnastiques et militaires, aujour- .'hui facultatifs, seront probablement rendus obli- :atoires comme la lecture et l'écriture.
La classe s'ouvre et se termine chaque jour par a prière et un chant sacré.
Les écoles élémentaires du premier degré sont obligatoires pour^chaque district. Celles du degré supérieur sont facultatives. La loi en recommande 'établissement aux comités partout où ils le jugent possible.
Dans ces écoles où sont admis les enfants de douze ^ns et au-dessus , l'instruction est plus complète et embrasse l'étude du norwégien , de la géographie, de l'histoire, de l'histoire naturelle, du dessin et de la géométrie. Dans la classe la plus élevée,
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on enseigne de plus les mathématiques, Téconotnie politique et les langues étrangères.
Le nombre de ces écoles dans les districts ruraux était, en 1866, de 20, réunissant 839 élèves.
La loi du 12 juillet 1848 relative aux écoles publiques des villes, établit qu'il y en aura au moires une duis chaque ville, et qu'elle ne recevra p^s plus de soixante élèves dans chaque classe. L'eïi-" seignenient y est à peu près le même que dans 1^^ écoles publiques rurales. Dans les écoles élémoxitaires, il doit y avoir une classe d'instruction sti" périeure lorsque le comité des écoles le juge cot^" venable.
Dans les soixante villes de la Norwége qui, ^^ 1 863, comptaient 267,027 habitants, dans 54,22 ^ ménages établis en 23,167 maisons, il y av^-^* 116 écoles publiques comprenant 702 classes.
ENSEIGNEMENT OBLIGATOIRE
L'obUgation de fréquenter les écoles est imposé^ par la loi à tous les enfants depuis l'âge de 8 an» dans les campagnes et de 7 dans les villes, jusqu'au' moment de leur confirmation, qui a lieu, en gêné- j rai, à l'âge de 1 S ans.
Le comité peut autoriser les élèves à quitter école à l'âge de 13 ans, lorsqu'ils sont jugés iffisamment avancés dans leurs études. Dans ce is, les parents ou les tuteurs doivent veiller, avant ipoque de la coufirmatiou, à ce que rinstruction ligieuse reçue à l'école ne soit pas oubliée : tout 3ve que le pasteur trouve sur ce point en défaut t obligé de retourner h l'école.
On doit faire remarquer, du^ reste, que la loi met une importante exception à la règle qui »lige tous les enfants à fréquenter les écoles ibliques.
Lorsque ce sont les parents ou les tuteurs euxêmes qui se chargent d'instruire les enfants dans s diverses branches enseignées dans ces écoles ou s confient à des maîtres de leur choix, ils doivent
faire savoir au comité scolaire, et, dans ce cas, s enfants sont dispensés de suivre les cours des -oies publiques. Ils n'en sont pas moins astreints participer, comme tous les autres contribuables, iix frais et aux charges ayant pour objet Tentreen des écoles publiques, et, s'ils ne remplissent as cette condition, le comité peut les contraindre y envoyer leurs enfants.
Dans le fait, les enfants appartenant aux classes iches ne fréquentent pas les écoles publiques, où instruction est libre et où, en thèse générale, les nfants des classes laborieuses reçoivent la première
éducation. Les parents des premiers préfèrent les envoyer aux écoles privées , où des maîtres plus habiles donnent un enseignement plus soigné que celui que les enfants reçoivent ordinairement dans les écoles publiques.
Afin de donner plus de force à Tobligation, la loi porte que, lorsque l'élève s'absente, le parent ou le tuteur est astreint à fournir une excuse satisfaisante. S*il manque à cette obligation , le comité scolaire, après les avertissements convenables, leur impose une amende de 24 skillings (1 fr. 20 c] à 5 specie daler (30 fr.).
Mais la loi assure d*une manière plus efficace l'obligation de l'instruction et de l'éducation morale. Si les parents se montrent indifférents, désordonnés ou vicieux, de manière à mettre les enfants en danger d'être négligés ou ruinés, le bureau des pauvres, à la requête du comité des écoles, prend soin de placer lui-même ces enfants dans des familles où ils seront élevés convenablement, et envoyés aux écoles aux frais des personnes qui leur servent alors de patrons et de tuteurs.
Les chefs de fabrique ou les particuliers qui emploient des enfants sont astreints, sous les mêmes peines, à les envoyer aux écoles. Il faut ajouter que lorsqu'un enfant, parvenu à Tâge de seize ans, refuse de se soumettre aux mesures prises par le
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comité scolaire, les intendants du diocèse peuvent employer des moyens coercitifs, sauf Temprisonnement.
Dans les écoles publiques des districts ruraux de la Norwége, les enfants doivent recevoir Tinstruclion pendant 12 semaines chaque année, et pendant 9 seulement lorsque Técole se compose de plusieurs clivisions.
C'est la plus courte durée imposée chez les autres nations où Tinstruction est obligatoire.
Il y a cependant un grand nombre de districts qui ont établi des écoles exigeant une fréquentation plus longue que douze semaines, et un grand uombre d'enfants dépasse le minimum de temps déterminé parla loi.
Chaque année, les élèves des écoles publiques Subissent un examen en présence du pasteur et du comité scolaire. Cet examen est obligatoire pour tous les enfants au-dessus de neuf ans qui sont obligés de fréquenter l'école, sans exception pour ceux qui reçoivent dans des établissements privés une instruction correspondante à celle des écoles publiques.
Au-dessus de douze ans, les élèves doivent pren-
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dre encore part à un examen présidé par le doyeu ou révùque du district. Depuis leur douzième année jusqu'à deux ans après la conflrmation, ils subissent dans les églises, à des époques déterminées, d'autres examens en présence du doyen et de révoque. Les parents des élèves qui se dispensent de subir ces examens sont passibles d'une amende d'un specie daler.
Dans leg villes, la loi exige que les élèves soient présents à la classe, au moins deux jours chaqtae semaine.
En règle générale, l'enseignement primaire est gratuit : mais le comité scolaire peut, avec le consentement du conseil municipal, exiger une rétribution pour les élèves qui suivent volontairement les cours de Técole au delà des douze semaines prescrites parla loi, et dont les parents sont reconnus comme capables de payer. Cette rétribution, d'ail' leurs fort minime, ett rarement demandée. Les parents fournissent aux enfants les livres et le* autres objets nécessaires, à moins qu'ils n'en soient exemptés par le comité.
En 1866, dans les écoles de campagne, sur 212,137 enfants en âge scolaire, 206,623 avaient suivi l'école. Il n'y avait eu que 5,314 absents. Le nombre des enfants en âge de l'école s'était, en six années (de 1861 à 1866), accru de li,800, et celui des élèves qui l'avaient suivie, de 13,000,
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158,000 appartenaient aux écoles fixes^ 43,517 IX écoles ambulantes, 2,621 aux écoles privées. En 1867, dans les écoles des villes, il y avait î,892 enfants obligés de fréquenter l'école; dans même année, la population des villes était de 14,835 personnes; il y avait donc 1 écolier sur 2 habitants, ou 16 écoliers pour 100 habitants. ,210 enfants placés dans les écoles privées, aux lisde leurs parents ou tuteurs, étaient exempts de ivre. les écoles publiques.
Sur les 32,682 enfants appartenant aux écoles bliques, 756 seulement ne les avaient pas fréentées pendant Tannée. Sur ces élèves, 13,219 iient étudié la géographie, 11,039 l'histoire, î38 1e dessin, 2,082 l'histoire naturelle, 6,119 es avaient été exercées à la couture.
Les écoles privées correspondantes aux écoles imairesdu degré inférieur avaient été fréquentées J 3,106 enfants. Toutes ces proportions sont à !U près les mêmes aujourd'hui.