‹ L'instruction publique dans les États du Nord: Suède, Norvège, DanemarkChapitre 6 sur 70 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

raison et rexpérience qui doivent nous servir de guides, et rien n'est plus dangereux que de s'aventurer dans les champs illimités de l'utopie.

L'organisation de l'instruction secondaire dans les trois États peut donner lieu à des remarques intéressantes. Là, comme en France, en Allemagne, en Italie, on a comj)ris que l'éducation classique, conforme aux besoins des sociétés plus ou moins aristocratiques du dix-septième et du dix-huitième siècle, devait, par suite de l'extension donnée au commerce et à l'industrie, faire créer pour les classes laborieuses des établissements différents de ceux dont les études avaient pour base les langues et les littératures anciennes. Les mathématiques , les sciences physiques et naturelles, les langues vivantes, la géographie, l'histoire nationale, devaient y avoir une importance prépondérante. A ces besoins nouveaux, l'Allemagne a donné depuis longtemps

PRÉFACE. Il

une ample satisfaction, par la création de ses Realschulen^ dont j'ai eu plus d'une fois l'occasion de mentionner les programmes et de constater les résultats; et la France, indépendamment des écoles d'enseignement secondaire spécial, créées par M. Duruy, peut citer comme ayant résolu le problème, les écoles Turgot et Chaptal^

Les États du Nord rie sont pas encore arrivés à séparer les deux ordres d'enseignement qui, répondant à des nécessités différentes, ne gagnent rien à être réunis dans les mêmes établissements. On distingue encore, en Suède, des collèges de plein exercice et des collèges incomplets, comme on en avait autrefois en France. Dans les premiers, le cours d'études est de huit années. Lorsque les élèves ont terminé leur quatrième année, ils voient s'ouvrir devant eux une branche scientifique et une branche littéraire^ pour lesquelles certains cours sont communs aux deux sections. C'est le système de la bifurcation auquel la France, après un essai malheureux, a dû renoncer.

1. J*ai traité cette qaestion avec quelque étendue dans mon livre sur V Instruction publique en Allemagne ^ p. 45 et suir.

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