XXVI PRÉFACE
Ce qui doit préoccuper avant tout les gouvernements et les particuliers qui fondent des écoles, c'est la nécessité de les construire de manière à y réunir tout ce qui peut assurer le bien-être et la santé des enfants. On peut dire que sur ce point toutes les nations semblent aujourd'hui rivaliser de zèle. Le choix du site, la disposition des salles destinées à l'enseignement, les cours, les jardins ou les préaux couverts pour les récréations, les systèmes de ventilation, d'éclairage, et, chose non moins importante, la forme des tables, des pupitres" ou des bancs, offrent de nombreuses variétés. Elles attestent jusqu'à quel point on cherche à se conformer partout aux conditions hygiéniques prescrites par la science. Parmi les plans-modèles exposés à Vienne, on a remarqué ceux de la Suède, de l'Autriche, des États-Unis; M. Buisson reproduit le plan d'une admirable maison d'école rurale autrichienne, possédant tous les avantages que l'on serait heureux de voir réunis dans nos écoles de campagne.
Les photographies des nouveaux groupes
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d'écoles construits par la ville de Paris ont donné une idée des sacrifices que la ville s'impose pour remplacer les anciennes maisons d'école, si misérablement installées, par des édifices parfaitement appropriés aux besoins qu'il faut satisfaire. Il manquera toujours, il est vrai, aux écoles des grandes villes, l'air et l'espace qui peuvent être prodigués aux écoles rurales ; mais c'est à l'architecte qu'il appartient de disposer les classes de manière à éviter les inconvénients que cause toujours l'agglomération des enfants sur un même point.
Les règlements français exigent que l'aire d'une classe ne donne pas moins d'un mètre carré à chaque élève et de quatre mètres de hauteur. Les classes doivent être largement éclairées de manière que la lumière se trouve sur la gauche des élèves. On ne saurait croire combien ces prescriptions sont utiles pour la santé de l'enfant.
Le manque de lumière a des inconvénients pour les yeux, une position gênée sur un banc, une mauvaise disposition de la table sur laquelle il écrit nuisent à son développementphysique. Il ne faut pas perdre de vue que, sur 400 déviations de la colonne vertébrale obser-
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vées par un savant physiologiste, 300 peuvent être attribuées à des causes scolaires. Des travaux en longues séances, Finsuffisance du temps donné aux récréations, n'offrent pas moins de dangers. Le docteur HermannCohn, de Breslau, a constaté les faits suivants dans les études qu'il a faites sur les yeux de 10,000 écoliers. Il a trouvé 2 myopes sur 100 dans lal*^® classe d'une école rurale; 9 dans une école primaire urbaine; 15 dans une école moyenne ; 18 dans une école supérieure de filles; 44 dans une école rurale; 56 dans la 1" classe d'un gymnase. La myopie se développe donc à mesure que le degré d'instruction s'élève.
Tous ces soins matériels sont surtout nécessaires dans les établissements destinés à la première enfance. Le chapitre consacré par M. Buisson aux salles d'asile et aux jardins d'enfants, offre un grand intérêt. A propos de ces jardins d'enfants, de ces kindergàrten auxquels est attaché le nom aujourd'hui bien connu de Frœbel, l'auteur du rapport présente un ensemble de considérations pédagogiques que j'approuve fort pour ma part. J'avais déjà, en parlant du rapport de M. Gréard