‹ L'instruction publique dans les états du nord: Suède--Norwége--DanemarkChapitre 51 sur 75 · III. I · texte numérisé non relu

III. I

L'IflSTflUCTlON DAKS LES ETATS DU HORD.

laire composée de membres nommés par le couseîT

municipal et présidés par le curé. Au-dessus des commissions scolaires se Irouveril les directions scolaires, qui sont aussi nombreuses que les prévôtés, et comprennent seulement le prévôt et le bailli. Comme il y a 18 bailliages pour envirou 60 prévôtés, chaque bailli fait partie de plusieurs directions. Les directions scolaires relèvent des directions du bailliage, formées de tous les membres des directions des prévôtés. A côté de la direction scolaire du bailliage est placé un conseil qui concourt avec elle à l'administration et à la surveillance des écoles. Ce conseil comprend, outre les membres du conseil du bailliage, des représentants des villes et des campagnes nommés à cet effet. Enbn, les évêques ont le devoir de .surveiller les écoles de leur diocèse et tout ce qui concerne les écoles primaires est centralisé au département de Tinstruction publique à Copenhague.

Chaque communit doit avoir au moins une école, l'entretenir, la rebâtir au besoin et payer l'instituteur. Mais il peut arriver que deux ou plusieurs paroisses s'entendent pour créer des écoles communes, afin d'abréger le chemin que les enfants ont à parcourir.

On appelle district scolaire le territoire dont les enfants fréquentent une même école, abstraction faite de toute circonscription comunale . Les districts

■ ENSEIfiSEMENT PKIMAIBE. l'JT

scolaires ont à lent- charge toutes les prestalioos en nature, comme le fourrage, le bois de chauffage, les matériaux de réparation, l'enlretieu des chemins qui aboutissent h récole. Au contraire, c'est la commune qui paye les dépenses en argent. Elle a pour cet objet une caisse spéciale qui se compose des revenusautrefois affectés au sacristain, des dons et legs, des amendes et d"uti impôt spécial, s'il le faut.

Dans les campagnes la commune se confond avec la paroisse ; mais dans les \illes il y â souvent plusieurs paroisses pour une seule commune urbaine ; néanmoinsil n'y a jamais qu'une commission scolaire et qu'une caisse spéciale.

Quoique Ton ait réduit de beaucoup le nombre des écoles ambulantes (la densité de la population étant en Danemark plus grande qu'en Suède) il en eiiste encore quelques-unes, et particulièrement dans le Jutland. Le sol de ce pays est peu favorable au développement de la population à cause de ses tourbières, de ses marais et de ses bruyères immenses qui de longtemps ne pourront être mises en culture. Le mallre ambuUni se transporte successivement dans les deux ou trois districts auxquels il est préposé. Souvent il a' est ambulant dans le vrai sens du mot que pendant l'été. Il a résidence dans la plus importante de ses écoles et il ne la quitte que pendant peu de jours chaque été pour par-

L'INSTRUCTION DANS LES KTATS DO NOHD.

courir les écoles auxiliaires. L'hiver, on nomiTie pour chacune d'elles un maître spécial qui s'appellfi maître d'hiver. C'est un simple paysan, qui retourne à sa charrue quand revient le printemps. Chaque instituteur ne peut pas avoir plus de 100 élèves à la campagne et de 80 à la ville. Ouood ces nombre!» sont dépassés la commune doit nommer un maîtreadjoiut. Quelquefois alors on crée, pour les enfants au-dessous de 9 ans, une école dont on confie la direction à un maître non examiné.

Un enfant peut être dispensé d'aller à l'écoTe du district scolaire auquel il appartient, s'il travaille sous la direction d'un professeur qui a étudié à l'Université, ou s'il fréquente une autre école dirigée par un maître examiné, ou si les parents déclarent qu'ils l'instruiront eux-mêmes. Dans ce dernier cas, il est tenu de subir tous les 6 mois à l'école un examen public avec les élèves de son âge.

L'assiduité est exigée dans tous les autres cas. L'élève qui manque la classe par sa faute peut être puni par la privation des récréations ou même châtié corporellement, ce qui est estrémement rare dans la pratique. Si l'élève manque la classe par la faute de ses parents, ceux-ci sont punis d'une amende de 3 skillings (un peu plus de 1.5 centimes par jour), pendant le premier mois, et 6, 12 et 24 skillings pour chaque jour des mois suivants. Le payement de cette amende peut être poursuivi par saisie. Le

.ICNBMENT PRIMAIRE. I!l!î

curé peutaussi réprimander publiquement du haut de Ift chaire les pères de famille négligents.

Le pouvoir de la commission ne va pas, comme en Suède, jusqu'à enlever un enfant k la garde de ses parenls. Elle peut seulement appeler l'attention de l'autorité supérieure sur la nécessité de prendre une pareille mesure. Le bailli dans la province et le président à Copenhague peuvent alors exercer ce droit : mais en pratique ils ne le font guère, à moins que l'enfant n'ait été gravement maltraité.

Dans toutes les écoles primaires danoises les études doivent en principe durer toute l'année, à l'exception de quatre semaines pendant l'été et de quelques jours de fête. Mais dans la pratique, on accorde beaucoup de liberté aux enfants qui peuvent se rendre utiles à leurs parents pour la culture de la terre ou la navigation . Souvent on reste en deçà des 240 jours d'études que la loi impose comme minimum. A la ville, les classes ont lieu cinq heures par jour, avec de petits intervalles de repos toutes les heures, comme en Suède; mais le samedi elles ont lieu seulement dans la matinée. A Kildebrande les élèves de la division supérieure qui sont plus grands et qui peuvent aider leurs parents dans la culture de la terre, viennent quatre fois par semaine à l'école pendant l'hiver et deux fois pendant Tété. Les plus petits

au contraire viennent quatre fois par senaaine l'été et deux en hiver.

Les garçons et les filles sont séparés toutes les fois que le nombre des maîtres le permet. A la campagne, quand il n'y a qu'un maître, les filles sont d'un côté de la salle et les garçons de l'autre.

Dans les villes qui sont assez grandes pour entretenir plusieurs écoles on sépare les enfants qui payent de ceux qui ne payent pas. De là deux sortes d'écoles : les écoles gratuites et les écoles payantes ou bourgeoises. On enseigne à peu de différences près les mêmes choses dans les deux sortes d'écoles. Mais ce sont les élèves des écoles payantes qui savent le mieux ce qu'ils apprennent. Voici le programme de la classe supérieure dans les deux écoles :

Religion. — Programme commua : histoire bibliquCi évangile.

Langue danoise. — Programme commun : lectures, analyse, grammaire et composition sur des sujets donnés.

Histoire. — Écoles gratuites: histoire du Danemark; écoles payantes: histoire du Danemark et des autres États de l'Europe, principalement dans leur rapport avec le Danemark.

Géographie. — Programme commun : description des cinq parties du monde.

Arithmétique. — Programme commun : calcul élémentaire des nombres entiers et des fractions.

Dessin. — Programme commun : dessin linéaire et d'ornement.

Sciences naturelles. — Écoles payantes : notions d'ànatomie^ de chimie, de physique et de mécanique.

De toutes les écoles primaires de Copenhague celles où les études sont les plus fortes portent le nom d'Écoles ecclésiastiques réunies.

Il y en avait autrefois un grand nombre ; devant la concurrence terrible qui leur était faite par les écoles de la ville, elles ont été amenées à se réunir pour constituer une école modèle qui n'a pas moins de 36,500 rixdalers de capital. Comme renseignement y est meilleur et plus étendu que partout ailleurs et qu'en même temps il est absolument gratuit, les places sont très-recherchées. On ne les donne qu'au concours. En 1872, 126 garçons et 460 QUes se sont présentés ; on a admis 34 garçons et 33 filles. En tout il y a 265 élèves qui sont les plus intelligents et les plus travailleurs de la ville. Ils arrivent à l'école à l'âge de dix à onze ans et y passent quatre années. Ils en sortent à l'âge de la confirmation et on leur donne gratuitement un costume complet pour cette cérémonie.

11 y a dans chacun des 21 districts du royaume, un fonds d'école dont les revenus proviennent des rentes

L'INSTHUrTlON DANS LES KTATS DU HOBD.

de capitaux accumulés, d'un subside de l'Ktat d'eaviron 290,000 francs et d'uue tase de 30 centimes par tonne de blé. En 1836, le produit de ces diverses ressoui'ces s'élevait à 1 ,584,569 francs. Sur celte somme, des pensions de retndteoudes suppléments de traitement sont fournis aux instituteurs. Comme dans beaucoup de communes, les instituteurs reçoivent des prestations en nature, bié, viaude ou une parcelle de terre qu'ils mettent en yaleur, il est assez difficile de connaître exactement ce que coûte l'enseignement primaire. On sait que la dépense en argent s'est élevée, eu 18fi3, à environ 3 millions de risdalers, ou, à raison de2fr.90c,par rixdaler, 8, 400,000 francs. La population du Danemark, sans y comprendre les duchés de Sleswig- Holstein, étant de 1,600,000 âmes', il en résulte que l'instruction élémentLiire coûte 5 fr. 28 c. par tête d'habitant, somme considérable, surtout si l'oa considère que tout est moins cher dans le nord que dans le centre de l'Europe. La moyenne de cette dépense n'est que de 2 fr. 10 c. en France et de l fr. 45 en Prusse. On sait que sur ce point les Ëtats-Unis se distinguent de toutes les autres nations, puisqu'on peut évaluer à 12 francs par tète

I. D'après la etatislir]ue de 1874, Ib populaUoD du Danemark, qui a doublé depuld le coiumeiicemenl du elède e'&tl é\eiée, ik l,88f,600babllaDti.

d*habitant la somme dépensée en moyenne pour rinstruction populaire.

Dans un document cité à la Chambre des représentants de Belgique en d870, on apprend quel était, à cette époque, l'état de l'instruction dans le Danemark.

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