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enfants hors de l'endroit, et par conséquent peu de gens qui sachent lire et écrire par la discontinuation des écoles que tenaient lesdits bénéficier s... ont délibéré de fonder et établir ladite école des revenus desdites confréries qui seront en ce cas plus utilement employés et moins à charge au public, à la condition que ladite école sera pour toute l'année et que celui qui en sera chargé et nommé annuellement par le conseil du présent lieu enseignera à lire, écrire, chiffrer, et même le latin à ceux qui y seront disposés jusqu'aux premières basses classes suivant l'approbation et le règlement qui sera fait par nos supérieurs. . . voulant cependant qu'un jour de chaque semaine ledit maître d'école qui sera prêtre ou séculier soit chargé d'enseigner le plain-chant s'il se peut le matin et qu'il soit en état de l'enseigner, et le catéchisme l'après-midi, ou autrement, comme il en sera jugé à propos par lesnominatcurs. A quelles fins les confrères dûment assemblés ont fourni et doté ladite école, savoir la confrérie du Bourg ioo livres de revenu annuel, celle de la Buffaz 14 livres, celle de la Saussaz 14 livres, celle du Ghane 10 livres, celle du village du Noiray 6 livres. Quant à celle de Yillardbernon, comme les confrères ne sont pas tous présents à l'assemblée, les membres qui y assistent font cession de leur part de revenus. La réunion des rentes de ces diverses confréries produit la somme de i44 li" vres. »
Le conseil de la communauté, en faveur de laquelle est faite cette fondation, aura le droit de nommer le maître d'école qui sera établi annuellement ou pour plusieurs années, suivant qu'il sera trouvé capable. Mais il devra fournir, au compte de la communauté, le logement du maître, « de même avoir soin que
ladite école soit dûment administrée avec douceur et règle, et qu'il ne s'y commette aucun abus ou dérangement, qu'il soit traité ou enseigné sans partialité et que iesdits écoliers devront assister aux offices divins et également ayant principalement attention aux enfants des héritiers et successeurs desdits confrères fondateurs, et autrement suivant qu'il sera réglé par la nomination du maître d'école, par laquelle l'on devra tâcher d'empêcher que les enfants des paroisses voisines qui pourraient y être admis en payant pas augmentation de son salaire ne portent point préjudice par leur nombre ou autrement à l'instruction de ceux du présent lieu qui devront toujours être préférés et privilégiés, étant la présente paroisse un bourg où il y a marché où bien des gens des environs pourraient venir étudier, et d'ailleurs la paroisse fort nombreuse et composée de plusieurs hameaux éloignés, et qui, par cette école, seront en état de fournir des sujets au collège de la province comme étant le plus à portée d'icelle, dont ils pourraient prendre les premiers principes à l'école cidessus établie, et pouvant avoir des gens ci-après qui pourront exercer toutes charges dans la paroisse, ayant des gens littérés ».
« Les confrères affectent et hypothèquent le surplus des revenus des confréries pour la maintenance de la rente cédée au bénéfice de l'école soit des capitaux s'ils sont remis, avec réserve et proteste qu'ils font d'employer le reste des revenus pour les offices des fêtes de la Pentecôte suivant la coutume, la taille, les impôts ordinaires et extraordinaires des bienfonds, maintenance des bâtiments, et pour la maintenance de l'église paroissiale ainsi qu'ils ont pratiqué et
en vertu des actes ci-devant, lorsqu'elle en aura besoin ...»
La confrérie de la Saussaz ne fournit pas la contribution de 14 livres de rentes qu'elle avait promise par le contrat du 19 août 1753, « tant parce que les rentes de ce hameau et de sa confrérie se trouvaient affectés pour l'acquittement des messes fondées à la chapelle du même hameau sous le vocable de sainte Anne antérieurement audit contrat, que parce que ce contrat n'avait pas été revêtu des solennités requises. »
Le conseil de la paroisse de Saint-Michel refusa de recevoir à l'école du Bourg les enfants de la Saussaz ; de plus, il intenta un procès aux habitants et aux confrères de ce village pour les obliger à effectuer les promesses stipulées.
Ce procès se dénoua par une transaction du 14 juillet 1771, par laquelle les particuliers de la Saussaz offrirent aux conseillers administrateurs de l'école, qui acceptèrent cette proposition, la somme de cent livres pour être employée en augmentation des rentes de l'école à la charge que la jeunesse dudit hameau jouirait à perpétuité de ladite école ainsi que la jeunesse du Bourg et celle des autres hameaux de la paroisse qui ont concouru à sa fondation.
Outre le droit de fréquenter l'école annuelle établie au Bourg, les plus gros villages de Saint-Michel possédaient leur école hivernale. Nous avons retrouvé les actes de fondation de celle de Villardbernon et de celle de la Buffaz.
L'an 1703 et le 2 du mois de décembre, les membres de la confrérie du Saint-Esprit de Villardbernon se sont assemblés au Bourg de Saint-Michel chez le
notaire Sébastien Grassis. « Ayant fait attention que la jeunesse du présent hameau se perd et se dissipe pour n'y avoir aucune école fondée audit lieu, étant trop éloigné du Bourg de Saint-Michel pour y envoyer leurs enfants ; même audit Bourg il n'y en a encore pas d'établie ni maître d'école ; c'est pourquoi lesdits confrères se sont déterminés à présenter requête au seigneur intendant de la province pour qu'il lui plût d'accorder la permission aux suppliants de se servir des revenus de la confrérie du hameau pour fonder une école qui sera plus à propos et plus utile que de se partager et faire des repas entre eux confrères desdits revenus, ce qui leur a été accordé suivant le décret mis au bas de ladite requête du troisième octobre dernier. Signé Asinari de Casasque. »
En conséquence, ils ont résolu de consacrer à la fondation d'une école les biens de la confrérie, en réservant toutefois la somme nécessaire pour l'acquit de trois messes à célébrer annuellement et à perpétuité dans la chapelle dudit hameau, une le jour de la saint Bernard de Menthon qui est le patron du hameau, pour laquelle la rétribution est de vingtquatre sols, une autre dans l'octave de la Pentecôte et la troisième le jour de saint Antoine abbé ; pour chacune des deux dernières, l'honoraire est de dixhuit sols.
« Le reste des revenus sera employé pour l'école en prélevant le payement qui sera raisonnable pour les peines du procureur qui sera établi pour exiger et délivrer les rentes. Déduction faite des trois livres affectées à la célébration des trois messes, les rentes se montent à la somme de trente livres. »
Les fondateurs ou leurs successeurs choisiront pour maître d'école « une personne de bonne vie et
mœurs » en convenant avec lui pour son gage, pour la durée de l'école ; « bien entendu qu'en faisant ladite convention il leur sera permis d'y insérer tout ce qui sera juste et raisonnable, même de convenance ».
Le maître, auquel les fondateurs s'engagent à fournir un local pour son logement et pour l'école, « sera tenu d'enseigner à tous les garçons et filles dudit hameau qui se présenteront, à lire, écrire, chiffrer suivant leur capacité en leur faisant faire la prière, et tout au moins leur apprendre le catéchisme deux fois la semaine ». Les écoliers ne pourront avoir de congé que les fêtes et jeudi de chaque semaine, « si le maître le juge à propos ».
Au cas où il se présenterait quelques écoliers étrangers, il sera permis au maître d'école de les prendre en convenant avec eux du payement, moyennant cependant l'agrément des fondateurs ou de leurs successeurs.
Le village de la Buffaz ne tarda pas à suivre l'exemple de Villardbernon. Le 10 juin 1767, en l'étude de Joseph-François Grange, au Bourg de Saint-Michel, les membres de la confrérie du Saint-Esprit « faisant réflexion que la jeunesse dudit hameau de la Buffaz se perd et se dissipe pour n'y avoir aucune école fondée rière iceluy, ce qui cause que la plupart des habitants sont illitérés et par conséquent hors d'état d'administrer leurs propres biens et droits moins encore ceux du public, et attendu que ledit hameau est des plus éloignés du Bourg et que la jeunesse d'iceluy, par rapport audit éloignement, rapidité du chemin et aux rigueurs de l'hiver qui est la seule saison en laquelle ladite jeunesse puisse être
enseignée, étant les autres saisons occupée aux travaux de la campagne, ne saurait profiter de l'école établie au bourg, ils ont unanimement délibéré et résolu d'établir à perpétuité une école rière ledit hameau de la Buifaz des rentes de ladite confrérie, sauf à distraire ce qui est nécessaire pour la maintenance et les ornements de la chapelle du hameau ; pour la rétribution des messes qui y sont fondées et de celles que la confrérie est en coutume et par vœux de leurs ancêtres défaire célébrer ».
« L'école sera tenue annuellement pendant les mois de décembre, janvier et février, attendu que les dites rentes ne sauraient suiïire pour un plus long temps. »
Les confrères se réservent de nommer eux-mêmes annuellement le maître d'école.
L ECOLE nE SAINT-MICHEL APRES LA REVOLUTION
Le 7 janvier 1793, la municipalité établit et nomme... Antoine Parisat pour enseigner la jeunesse de l'un et l'autre sexe dudit Bourg », ainsi que les enfants venus des hameaux qui avaient concouru à la fondation de l'école. Le maître recevra dix-neuf livres par mois ; il se charge « d'enseigner ladite jeunesse avec assiduité, et de lui apprendre l'arithmétique, ainsi que le catéchisme deux fois par semaine ». Cette mesure ratifie le choix que la présente municipalité avait fait de Parisat comme maître d'école, à la date du 4 novembre 1792, et prolonge ses fonctions jusqu'au 3i mars 1793.
Le 28 brumaire an II, nouvelle délibération relative à l'instruction. « Le Conseil général de la commune
de Saint-Michel, réuni à la salle publique, sur la pétition d'un membre tendant à établir une école dans ce bourg pour instruire la jeunesse sur les éléments qui seront présentés par la République tant en civil qu'en moral, à lire, écrire et sur les règles de l'arithmétique, a arrêté qu'elle sera tenue dans le poêle des frères Barthelot pendant quatre mois, à commencer des demain, qu'elle sera tenue par le citoyen Thomas Plan l'aîné qui, étant intervenu à sa nomination, a promis, en acceptant cette charge, d'enseigner la jeunesse avec toute l'exactitude et douceur requises, de n'épargner ni soins, ni peines pour faire des élèves dignes de la République en leur inspirant le moral et le civil pour règles de religion, a juré, la main levée, de maintenir la liberté, l'égalité, l'unité et l'indivisibilité de ladite République et de s'acquitter de la charge avec tout le zèle qu'exige un vrai républicain, et à ces conditions il lui a été adjugé vingt-quatre francs par mois. »
Le 7 ventôse an VII, l'Administration municipale du canton de Saint-Michel arrête que tous les biens meubles et immeubles ayant appartenu jusqu'ici aux confréries des communes de ce canton et des hameaux seront réunis aux écoles de leurs communes et villages respectifs ; que les anciens procureurs des confréries rendront leurs comptes devant l'administration municipale, qui nommera de nouveaux procureurs pour les écoles.
Le 5 octobre 1810, Joseph-Marie Perrin, de Saint- Michel, s'oblige à tenir l'école publique du bourg de Saint-Michel pour l'un et l'autre sexe « suivant les anciens usages et sans aucune dérogation à iceux, depuis le lendemain de la Toussaint jusqu'au diman-
che des Rameaux, moyennant la somme de 288 fr., payable sur les revenus de ladite école.
Terminons celte monographie scolaire de Saint- Michel par l'état suivant fourni par le syndic de cette commune, en réponse à la circulaire de l'intendant du 8 février i85o :