COURS DE LANGUES ANCIENNES
C'est à ce cours, qui est le second dans l'ordre fixé par la loi du 3 brumaire, que les professeurs commencent à s'apercevoir de la nécessité et malheureusement de la privation des écoles primaires. Il est des élèves qui y arrivent sans savoir souvent écrire ni lire, et le professeur qui, d'après la loi du 3 brumaire, ne peut exiger d'autres conditions que celle de l'âge, les reçoit si cette condition est remplie.
Quelques professeurs ne font durer ce cours qu'une année, d'autres le prolongent jusqu'à trois et quatre; la durée commune est dé deux ans. Plusieurs donnent jusqu'à seize leçons par décade; d'autres n'en donnent que cinq; la plupart en donnent huit. Selon que ce cours dure, deux, trois ou quatre ans, il se partage en deux, ou trois, ou quatre classes d'élèves que le professeur instruit à des heures différentes, et l'on sent combien ces sections multipliées ainsi jusqu'à quatre, doivent ou fatiguer le professeur, ou rendre ses instructions courtes et superficielles ; aussi se réunissent-ils tous pour demander une seconde chaire pour les langues anciennes, demande qui fixera sans doute l'attention du gouvernement.
En général ces professeurs ont paru moins instruits que ceux des autres cours. Il en est à peine un tiers qui puissent enseigner le grec, et il en est plusieurs qui n'écrivent que
très imparfaitement Torthographe ; c'est un mal qu'on ne peut réparer que par de meilleurs choix. Cependant, la circulaire adressée aux professeurs a déjà produit d'heureux effets ; elle leur a donné l'idée de faire commencer ce cours par quelques notions succinctes de grammaire générale et d*idéologie, notionsqui sont indispensables pour que les élèves puissent se liTser avec fruit à l'étude des langues; cette mesure a produit un double avantage : celui d'établir une liaison entre ce cours et celui de grammaire générale, puis ensuite de faire parvenir aux professeurs chargés de ce dernier cours des élèves déjà au fait de ce qu'ils vont apprendre et capables d'en prolSter.
On n'est pas longtemps à s'apercevoir qu'il n'existe aucune liaison dans cette distribution d'études. Après les langues anciennes vient l'histoire naturelle.