MODE OPÉRATOIRE
Par des examens répétés et très soigneux, on se sera assuré qu'il n'existe aucune des contre-indications dont il est parlé plus loin.
La malade sera mise en position gynécologique. On badigeonnera le col à la teinture d’iode dédoublée ou mieux à l’aicoo! qui ne change pas l'aspect des tiss:s, où au Néot qui cst suffisamment äntiseptique et ne p'oduit aucune sensation douloureuse. Dans la majorité des cas, sans anesthésie, après avoir” mis en place un spéculum et saisi le col dans une pince à deux dents, on peut passer d'emblée une des sondes qu'on aura stérilisées préalablement.
Si on ne pouvait franchir le rétrécissement isthmique immédiatement, ou ferait extamporanément un début de dilatation, de préférence avec des bougies de Hégar à graduation au tiers de millimètre. Cette manœuvre doit être faite avec extrêmement de douceur, car il ne faut pas érailler la muqueuse. Toute hémorragie laisse supposer l'ouverture des vaisseaux et contre-indique la méthode.
L'’exirémité de la sonde doit progresser facilement dans le canal cervical sans y être trop libre. Le butoir conique vieni obturer hermétiquement l'orifice du col. À ce moment, si on presse sur la poire dans le cas de l’appareil de Douay, ou si on ouvre plus ou moins le dispositif de réglage de l'appareil de Bayeux, la pression monte dans l'appareil et on peut lire
RÉ TES les chiffres qu’indique l'aiguille du manomètre; la même pression se produit dans la cavité utérine et généralement l'air sort avec bruit par le col, autour de la sonde : il-suffit d'appuyer davantage pour obtenir un meilleur -accolement de l'appareil aux lèvres du col. Dans quelques cas, il faut saisir transversalement le col avec une pince de Museux pour fermer davantage la cavité cervicale.
On peut aussi, de cette façon, maintenir solidement l’utérus et appliquer plus intimement l'appareil dans les lèvres du col. À ce moment, l’air ne sort plus et la pression monte peu à peu, On lit sur le manomètre 60 à 70. Si les trompes sont très perméables, la pression ne monte pas davantage, quoique l’air pénètre régulièrement. L'appareil de Bayeux nous donne un renseignement précieux à ce sujet. L’aiguille du compteur nous indique exactement la quantité d’air qui traverse les trompes. Comment peut-on savoir directement que l’air passe ? En auscultant l’abdomen au moyen d’un stéthoscope placé dans ja zone ovarienne. L’observateur perçoit un bruit régulier comparable à un goutte à goutte ou à des bulles qui éclatent, petites ou grosses, près de l'oreille.
Il y a encore un petit signe, c’est la vibration de la sonde entre les doigts de l’expérimentateur. C’est une sorte de frémissement analogue à celui qui se passe dans une conduite d'eau sous pression. Il existe encore une douleur dans l’épaule, particulièrement dans l'épaule droite, perçue par la malade, analogue à celle que l’on observe dans le pneumopéritoine et qui prouve la présence du gaz dans l’abdomen.
On ne laissera la pression (uniquement par précaution) dépasser 200 millimètres de mercure. Le point dangereux,
comme les expériences: sur les pièces opératoires nous l’oni montré (voir plus loin), est situé bien plus haut.
Si la pression ne se stabilise pas rapidement, par exemple entre 70 €t 125, On pourra tenter la manœuvre, toujours dans les mêmes conditions, jusqu’à cinq fois de suite, ou refaire un autre essai quelques jours après. :
Combien de gaz faut-il injecter ? Lequel d’entre eux est préférable ? Telles sont les questions que l’on pourrait se poser. La question de quantité, qui a beaucoup inquiété Ruben et ses élèves, nous semble actuellement secondaire : il ne faut pas en effet perdre de vue que ces auteurs faisaient une vérification radiologique du pneumo-péritoine produit, pour que l’image fût lisible, il fallait une certaine quantité de gaz. Actuellement, au contraire, c’est très rarement le cas; la vérification radiologique étant employéé exceptionnelle ment : il faut une quantité de gaz très minime; dès que les trompes laissent passer le gaz, la pression baisse et l’on peut arrêter l'expérience. S'il ne passe pas, on interrompt cependant l'expérience et on reprend peu après, toujours avec des quantités très réduites. Dans le cas où l’on emploie l'appareil de Bayeux, on peut facilement savoir la quantité débitée : l'appareil indique le débit à la minute, exemple 20 cms, il ne reste qu’à noter le temps. Pour l'appareil de Douay, la réponse est également aisée, sans être aussi précise, il suffit de savoir la capacité en centimètres cubes de la poire et de noter le nombre de pressions exercées.
La quantité étant, comme nous venons de le dire, des plus faible, la question de la nature du gaz injecté est également devenue moins importante qu’elle n'était lors des premières
recherches : le fait qu’on a préconisé en Amérique un certain nombre d'appareils à air, même sans instruments de mesure et que leurs auteurs ne signalent aucun accident fâcheux sur- . venu lors de leur emploi, tend'ait à le prouver. Nous avons, comme nous j’avons dit, injecté de l'air filtré sur du coton stérile. Nous avons injecté égalemente de l’oxygène. Faute de temps, nous ñ'avons pu essayer le gaz carbonique qui aurait cependant, nous croyons pouvoir l’affirmer, donné les mêmes résultats et, pour lequel, sans modifications, on eût pu se servir des deux apapreils. Les raisons pour, lesquelles on peut préférer l'oxygène et le gaz carbonique sont qu'ils se résorbent plus vite (surtout Co2) que l’air (qui contient de l'azote): qu’enfin aux cas improbables où une rupture vasculaire se produirait si du gaz se trouvait injecté dans un vaisseau, aucun évènement fâcheux ne s’en suivrait : ces deux gaz se combinant facilement avec l’hémoglobine et il ne pourrait y avoir d'embolie gazeuse.