COLÉOPTÈRES
a J'ai eu roccasion, dit-il, en parlant du môme genre d'in- » sectes, d'admirer leur industrie et l'assistance mutuelle qu'ils » se donnent lorsqu'il s'agit de faire rouler leurs boulettes de » l'endroit où ils les ont confectionnées à celui qu'ils ont choisi » pour les enfouir, soit d'habitude une distance de quelques » mètres. Ils opèrent en relevant la partie postérieure de leur » corps et en poussant la boulette avec leurs pattes de der- » rière. Ils se mettent parfois trois ou quatre à la môme bou- » lette, et parfois aussi ils Tabandonnent si la surface du sol » leur présente trop d'obstacles. AJais d'autres leur succèdent » et achèvent la tâche, à moins toutefois que la boulette ne » roule dans un fossé ou dans quelque creux profond ; alors » c'est bien fini, les insectes ne s'en occupent plus. Ils passent » aux boulettes suivantes. Ils n'ont pas l'air de reconnaître » celles qu'ils ont fabriquées eux-mêmes, mais s intéressent » également à toutes. Ils se servent de fiente fraîche qu'ils » laissent durcir au soleil. Pendant le déménagement, on voit » souvent boulettes et insectes rouler ensemble par suite des » accidents de terrains qui se présentent ; mais ils ne se dé- » couragent pas facilement, et à force de persévérance, ils » finissent par surmonter toutes les difficultés *. »
Biichner parle de la coopération des scarabées comme d'un fait établi, sans citer son autorité*. Pour mon compte, je suis porté à y croire sur le témoignage d'une dame de mes amies qui m'assure avoir vérifié le fait de ses propres yeux, et dont l'observation s'accorde d'ailleurs avec celles qui ont été faites sur d'autres espèces de coléoptères. Parmi ces dernières, il y en a quelques-unes que je me permettrai de citer. Ainsi, Gollitz écrivant à Bûchner raconte comme quoi, au mois de juillet de l'année précédente , se trouvant un jour dans son champ, il y découvrit un tas de terre fraîchement remuée et ressemblant à une taupinière, sur lequel un scarabée a raies noires et rouges, gros comme un frelon et muni de longues jambes, était en train de déblayer un trou qui pénétrait dans la profondeur du tertre et de niveler la surface '.
« Au bout de quelque temps, dit-il, je remarquai un autro
i, Bingley, Biographie animale^ vol. III, page 118,