‹ L'intelligence et le rythme dans les mouvements artistiquesChapitre 14 sur 38 · FD ENT AT E ERTA · texte numérisé non relu

FD ENT AT E ERTA

dans l'empreinte circulaire précédente, très légèrement et lentement comme si l’on calculait, par l’analyse mentale des sensations, le dessin linéaire réalisé par la représentation simultanée de toutes les lignes digitales dont il se compose.

Il est à supposer que si, dans ces coordinations linéaires affinées provoquées par les mouvements de va-et-vient des doigts, la conscience arrive à percevoir simultanément la totalité des séries linéaires qui se forment, c’est que, au-dessous de ce phénomène conscient, la vue mentale inconsciente perçoit aussi l’unité géométrique dela structure linéaire des pulpes.

C'est à cette totalité de perceptions que doit se ramener cette action complexe d'orientation linéaire unifiée, acquise dans le toucher.

Ces voies ouvertes démontrent l’ordre qui doit être établi pour que la pensée circule dans les voies périphériques ; circulation qui, comme nous l’avons dit, s'identifie avec la vue mentale.

Mais, dans ce triple toucher, les voies ouvertes se ferment (pour ma sensibilité du moins) dès que je cherche à me servir du pouce, de l'index et du médius gauches (voir fig. 14).

Dans ce toucher, la position initiale des trois doigts gauches n'étant pas la même, l’équilibre ne peut se faire ; la fusion des trois surfaces mises en contact avec la bille ne peut être obtenue parce que ces surfaces sont groupées en trois directions différentes comme $ il y avait trois volontés distinctes en jeu. Ignorante de l’erreur commise, l'intelligence attribue les angles provoqués dans l'orientation divergente

des lignes digitales à l'objet touché, elle a l'illusion que la bille est anguleuse.

On peut admettre que dans ces phénomènes du toucher, on voit toujours la modification de la forme des pensées correspondre aux modifications géométriques des combinaisons linéaires dans les images réelles du toucher. Ces images correspondent, d’une facon plus intime, à nos sensations qu'aux objets dont elles sont censées nous représenter la forme, de

Discrimination du toucher du pouce, de l’index et du médius gauches avec orientation fautive.

Médius, Index. Pouce.

Fig. 14, — Image visuelle du toucher qui correspond à l'image mentale d’une bille anguleuse.

sorte qu'elles nous font penser faux ou juste, selon qu’elles sont fausses ou justes.

Cette coordination ou incoordination des sensations exerce la même influence dominante dans les touchers où l’habileté fonctionnelle de la main entre en jeu.

Cette corrélation apparaît du reste déjà dans les angles des empreintes figure 14, car ces angles représentent le toucher maladroit, inadapté qui entraîne

non seulement l’erreur mentale, mais l'erreur fonctionnelle ; il y a, en principe, un autre rythme dans l'orientation linéaire de chacun des trois touchers des doigts gauches; la fusion rythmique du mouvement de va-et-vient ne peut s'établir. L'erreur existe donc dans le rythme comme elle existe dans la forme du toucher.

Toutes les imperfections du toucher artistique peuvent être ramenées à une base géométrique faulive ou incomplète.

Qu'il s'agisse du manque d'harmonie du toucher chez le pianiste ou chez le peintre, c’est aux différentes manières de sentir le clavier, le pinceau, que se ramène l'art de transmettre des images, qu'elles soient en sons ou en couleurs. |

Ainsi l’incoordination linéaire des surfaces mises en contact avec un porte-plume que je tiens en main se retrouve, avec un grossissement vraiment remarquable, dans les dimensions et les rapports linéaires de mon écriture.

L'adresse et la maladresse manuelles éclairées par la géométrie des combinaisons linéaires.

En 1896 déjà j'ai remarqué que, selon qu’en écrivant je tiens la plume de la main gauche ou de la. main droite, les empreintes prennent dans le premier cas, les formes linéaires, figures 15 et 16, dans le second, les formes linéaires, figures 17 et 18.

Dans le toucher de la main droite, les voies sont ouvertes, car l’attitude des quatre doigts s’équilibre par une seule orientation linéaire, en faisant opposi-

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tion à l'attitude du pouce dont l'orientation linéaire produit un croisement avec celle des quatre doigts. - Nous voyons donc d’une part l’unité des sensations établies entre les quatre doigts, d’autre part l'oppo-

L'association des touchers de la main gauche. (Empreintes qui correspondent à l'écriture déréglée, fig. 19).

NEC A < Pouce, Fig. 15. — Empreintes faites en posant, pour écrire, le pouce, l'index, et le médius gauches, sur une bande de papier enroulée autour du porte-plume.

Fig. 16. — Empreintes faites en posant le 4 et le 5e doigt gauches sur le papier comme guides de la main qui se déplace.

sition des sensations établies entre les quatre doigts et le pouce.

Dans les quatre doigts gauches, au contraire, les voies sont fermées entre trois doigts et précisément entre le 4° et 5° doigt où elles sont ouvertes, l’orien-

JAELL. — Intel, et Rythme. à

tation est fausse, car au lieu d’être en opposition avec l'orientation linéaire du pouce elle concorde avec elle.

Quant aux touchers de l’index et du médius, les différences d’inclinaisons linéaires indiquent que les

L'association des touchers de la main droite. (Empreintes qui correspondent à l'écriture normale, fig. 20.)

Pouce. 2e, 8e.

Fig. 47. — jmpreintes faites en posant, pour écrire, le pouce,

l'index et le médius droits, sur une bande de papier blanc enroulée autour du porte-plume.

Fig. 18. — Empreintes faites en posant le 4 et 5e doigt droits sur le papier servant d'appui à la main qui se déplace.

sensations sont interrompues entre ces deux doigts comme elles sont interrompues entre ces deux doigts et les 4° et 5° doigts.

Ces voies fermées ou mal ouvertes produisent un déséquilibre rythmique qui entraîne le déséquilibre de l'écriture de ma main gauche (voir fig. 19) com: parée à l'écriture de la main droite (voir fig. 20).

YMETE

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