I \ I I IMI.MUM
écrivit en I7.">l aux m. un' el consuls d'Agen, donl le zèle n'étuil mplaire Je suis informa, Messieurs, que vous n>- tenez nullement lu m. nu a ce que la prohibition contre les jeux de hasard s'accentue dans la ville d Vgen Je 'l"i- \.>u- marquer la
dessus beaucoup de mécontentement en vous rec andanl
gir avec une vigilance qui empêche la continuation d'un aussi
nd mal. Sinon Je prononcerai d'ici contre les délinquants, sur
l.i notoriété publique qui les indique, les condamnations qu'ils
méi ilenl
S. m- être réfrénée, la passion du jeu fut ainsi combattue. Poui
jin est des yens employés, l'intendant semble avoir eu moins
il>- confiance dans la rigueur des lois que dans l'allrail d'autres dérivatifs susceptibles 'i>- procurer du plaisir, sans causer de dominai]
Quand les chanoines de Saint-Seurin voulurent autoriser un sieur \\<>ii à organiser des courses d<- taureaux sur un point <lu faubourg éloigné de la ville, le Conseil prit peur, à cause de la défiauce assez naturelle que lui inspirait la police des chanoines
11 suspendit l'autorisation, bien que l'aménagement <ln local ml ilcjii commencé, Imiruv intervint un peu pi u > lard pour que le Conseil se laissât fléchir, lorsque le sieur Avon eul consenti ;'i faire choix d'un autre emplacement accessible à la police de la ville
Les courses de taureaux n'étaient d'ailleurs qu'un pis-afli r, en fait de dérivatif L'intendant, qui s'en rendait compte, ne m
aucu iccasion de convertir les Bordelais à la saine distraction
du théâtre. Le marquis en était un fervent, a une époque >>n le pape lui-même se gardait bien de condamner la comédie Je
vous ferais voir, Monsieur, écrivait Tournj à Saint-Florentin, ;'i propos de sa Société de comédie bourgeoise, qu'il n \ ;i peut être pasde ville en France où il -<>ii plus ■< propos que «-h amusement - introduise, -'«il (mur détruire le jeu auquel <>n a ici tant de
I \ i. Igcn, BB 7". lettre de rournj du 16 janvier I7.M.
Sur l'affaire Vvon, voiries dépêches des i avril 17.. i. vi avril 1754, 10 auùl 17:. i. \ \ , M'.iiu. . i .in 24 février 1756, \ N.,0'51l . voir auss du
t.unseildu 22 mars 17:. i \ n .1 2337 -i du il réviiei 17:.:.. A. N E 1347, le premier interdisant le second autorisant les courses di taureaux
Vu sujel lu jugement favorable exprimé par le pape voird'Ar
12 juin 1 :
.'sl I I I s II. Ml \VI lll IIIIIIM M \
penchants, M>il pour mettre plus de mouvement dans les sociétés particulières el leur donner entre elles plus d'union, mhI pour détourner les jeunes gens de pratiquer les filles < 1 < ' joie et les comédiennes, >nil pour produire une certaine émulation de mieux parler, de mieux se tenir, de cultiver sa mémoire, de contracter une noble bardiessede se présenter en public, enfin de former l'espril par une lecture réfléchie des bonnes pièces de théâtre '. »
Ainsi, loul eu exerçai) I ses fonctions d'intendant de police, le marquis se laissait aller à son zèle d'éducateur. Ce zèle lui inspira l'idée non seulement d'organiser des Sociétés de comédie, mais encore de rendre à Bordeaux son opéra.
Quand Tourny arriva en Guiennc, l'opéra étail désert, à cause de la misère générale sans doute el peut-être aussi en raison d'une certaine « tracasserie ■■ que les jurais avaient faite au duc de Richelieu, gouverneur du Languedoc. Leduc avail formé le projel " de faire rouler un opéra de six mois en six mois entre Bordeaux et Toulouse. » Les jurais qui se croyaient les maîtres de l'opéra, comme propriétaires de la salle, eurent peur d'être supplantés par le directeur, un nommé Hébrard, qui « viendrai! de la main de M. le duc de Richelieu, trop puissant personnage "-'. »
Devant le mauvais vouloir des jurais, le duc se mil en rapport avec Tourny, dans l'intention d'arranger l'affaire, en. passant par dessus le corps de ville. <• De votre côté. .Monsieur, écrivait-il au nouvel intendant, vous devez maintenir l'autorité de votre place el ne pas laisser les jurais maîtres d'une partie principale de la police de celte ville, qui doit vous appartenir. » Et d'ailleurs, poursuivait le duc, ne valait-il pas mieux mettre l'opéra en ferme qu'en régie? En le laissant à l'entreprise, la ville trouverait le moyen de s'épargner une dépense bien inutile 3.
Tourny se laissa convaincre, tant il tenait à son opéra, et il se préoccupa d'amener à son idée, d'abord le contrôleur général, et ensuite les jurats eux-méines. Orry, déjà renseigné, prit les devants, en soutenant, auprès du marquis, la tbèse du maréchal : il voulait lui aussi ménager les deniers de la ville. Bordeaux n'aurait un opéra que si les jurats consentaient à s'en remettre à un entre-
1. A. H.. Gir., t'. 916, lettre deTourny à Sainl-Florentin du :îl janvier J752.
.' A. D.,Gir.,C 1s, lettre de Tourny au contrôleur général du 13 septembre'1744
3. A. Li. Gir., C 1 VC»r>, 12 aoiït 1743, lettre iln maréchal de Richelieu à Tourny.
Le •|" villi , faire la sourde oreille,
1 «nlcndanl l'a* slan.es II i nlin .:
•I"" |;" '" "lx ""•"l l'opéra, d'octobre a fin mars, la comédie
lenanl '•' -"'"'■ pendant l'autre moitié de l'année Dans la joie du
'■' l'honneur, le marquis, écrivant au contrôleur
■■'• termine joyeusemenl sui ce vers d'Horace Omne lulil
puncluiu qui iniscuil utile dulci
l . La Police des Livres.
• de montre qu'en lanl i|u'inlendanl de police, l'inlen- Janl ,|r Bordeaux ml moins un policier qu'un éducateur II n'aurait pas manqué de recommander la lecture coi • la meilleure des distractions, s'il n'avail regardé certains livres comme de dangereux instruments de propagande II poursuivil les mauvais livres, surtout quand ils lui lurent signalés par le Pouvoir central. Le chancelier avait depuis le xvi' siècle la Direction de l'Imprimerie et de la Librairie. Les intendants gardaienl sur l'une el h"ll,v 'e droil ''•• police, el les corps de ville ou jurades n'en connaissaienl point. La police des livres entrait dans le cadre de
10 police générale, naturellement réservée au Pouvoir central ' Sur des indications venues on ne sail d'où, l'inlendanl prit, le
11 révrier 1746, contre le libraire Jacques Merlin, des mesures
exceptionnelle ni graves : Il commit son subdélégué de Sorlus,
••I I un de ses principaux secrétaires, pour se Iransporler le lende main malin chez Vlerlin, avec le syndic .1rs imprimeurs. Merlin
rendu suspecl par le droil qu il s'élail i gé .1 impri
mcr ■'' ' - i avoir h. permission. Comme on le
soupçonnai! d'avoii confié à un sieui Mellinel, son voisin, ledépôl
1 v '' ' " • lettre du contrôleur général à roun
(eplembre 1741, lettre de rourn) au contrôleur général
■ ■■>- mozeau Lai . r)
l",;' ' userait uni pari
rournj oesl pas plus un policiei que lauteui de 1 en i IX P Viollel /.-• It |88
282 l.'lvn:\i>\\T ni: BORDEAUX
des livres incriminés, une perquisition fui faite chez Mellinet, comme chez Merlin. Ilnns la lisle (les livres saisis chez Mellinet on trouva le catéchisme d'Osterwald, l'Anatomie de la Messe, le Formulaire des prières fies religionnaires, l'Arétin, le Sermon sur le Jubilé de la réformation de la République de (îenève, les Sermons sur les caractères de l'Antéchrist, la Vérité des miracles opérés par l'intercession de M. de Paris, l'Histoire du Livre des réflexions morales sur le nouveau Testament et la Constitution Unigenitus. Toutes ces publications passaient pour être contraires, les unes à la religion, les autres aux bonnes mœurs; certaines étaient d'inspiration janséniste, d'autres d'inspiration protestante: aucune ne pouvait trouver grâce devant les censeurs. Une nouvelle perquisition faite quelques jours plus tard chez, le libraire INélan, de la rue du Mirail, amena la découverte d'autres publications du même genre '.
L'enquête fut conduite avec tant de promptitude que le chancelier fut en possession du dossier avant la fin de février ; l'intendant se trouva chargé des poursuites judiciaires par un arrêt rendu le 28 février 1746 2. Au cours de l'instruction, une quinzaine de personnes se trouvèrent impliquées dans l'affaire, entre autres, René Séjourné, Bernard Larrouère, imprimeur à Condom, coupable d'avoir imprimé le Formulaire et d'en avoir envoyé des exemplaires à Merlin et aussi Chappuis, Nélan et Dumont qu'on accusait d'avoir manqué de circonspection.
Aux termes du jugement, Merlin fut condamné, par contumace, au carcan, au bannissement et à 600 livres d'amende; sa condamnation fut inscrite sur un tableau attaché au poteau de la place du Marché public. Larrouère fut frappé d'un bannissement de 3 ans et d'une amende de 300 livres, avec défense d'exercer à l'avenir l'imprimerie. Les autres accusés furent seulement condamnés aux dépens et mis hors de cause s.
1. Pour la suite de l'atTaire. avec la correspondance échangée entre Tourny et le Pouvoir central, voir les liasses des Archives de la Gironde C 3307, C 330S, C 3309.
2. A. N., E 2255, arrêt du Conseil attrihuant à Tourny la connaissance de la cause, 28 février 1746.
3. A D., Gir , C 1S7, 29 mai 1747, imprimé du jugement, signé Auberl de Tourny, Sorlus rapporteur, Fenis, Dumas, Destoup, de Sorhanide et Tournaire. avocats; collationné et contresigné Malineau, greffier de la Commission. Pour l'exécutoire des dépens, Tourny décida à tort, semble-t il, de mettre les frais à la charge de la Régie des biens saisis sur les Religionnaires. A. N-, O"' 451, 29 janvier 17r,:, dépêche ministérielle.
I \ PKI ICI IM i INTKNIIAM
Peu de Icnipa après In prononciation •'■ cément, le rlian-
celier d Vguesseau dénonçait à r/ourn} une nouvelle publication
donl les auteurs étaient cetli - Jésuites, >■'■ surtout, un père
Pichon I .•• père Piclion avail oflerl d'apporter à son ouvrage i < >n
les corrections nécessaires. Pendant qu'il travaillait ;i celle
ision, «>n avail appris que des inipri urs de Bordeaux prépa
raient en secret une conlre façon de l'édition originale de Paris. L'intendant prescrivit des recherches. Le libraire Labollière fut
quelque lemps tenu pour suspect, mais l'affaire I na court, cl
l'intendant se contenta de prononcer, le 22 octobre 1749, I.
Rscalion ,1 un certain nombre >l exemplaires qui étaient datés non pas de Bordeaux, mais de Nancj '
I /. Lu Police des Communautés d'Arts et Métiers.
\ propos des livres, Tournj intervint encore pour aplanir les difficultés résultant du refus d'admellre certains aspirants imprimeurs "ii libraires dans la corporation ' e genre 'I interventions ne diffère pas des mesures prises par le marquis à l'égard des au 1res métiers, el on peut les comprendre toutes sous la rubrique, Police des < iommuaauli
Dès 1745, comme le contrôleur général avail consulté Tournj sur les mesures 6 prendre pour mettre un terme aux contestations qui divisaient el qui endettaient les artisans, l'intendant, après avoir dénoncé l'espril inquiet el l'entêtement de quelques maîtres ou compagnons, avail réclamé pour le commissaire du roi. c'està-dire pour lui-même, le droil d'autoriser les délibérations des communautés el celui de vérifier annuellement tous leurs comp les. D'après lui, les communautés d'arts et métiers pouvaient, à la rigueur, se passer de plaider, d'emprunter, de députer. C'était le vrai moyeu pour elles d'éviter des dépenses inutiles L'cxpé rience ayant paru démontrer que livrées à elles-mêmes, elles
i La publication incrim I pour titre L'espril de Jésus Chrisl el de
m 12 Voii sur celte afTi les documenta '!>• la liasse i 3307 aux
Archives de la Gironde el Brivca Cazcs, /><■ lu police '1rs livre dans les i et d A adémle de Bordeaux, 188 38 109
2, i I !/••- De la police des liui ïuyenne, op ''il passiro
284 l'intendant de bordeaux
élaienl incapables de se bien administrer, mieux valait, dans lin lérêl de leurs membres, el pour l'activité économique en général, qu'elles se laissassent conduire par un guide averti : « Cequi sera encore plus important, concluail l'intendant qui croyàil liien avoir raison, c'esl que nous connaîtrons les facultés de ces communautés, ;iinsi que leur bonne el mauvaise administration, pour maintenir l'une el remédiera l'autre... Peut-être aussi serait-iJ à propos que les communautés de notaires, procureurs, médecins, chirurgiens, etc., «les villes de provinces, en un mot tous les corps séculiers non en titre de juridiction, fussent dans la même dépendance pour profiter du même avantage '. »
Ces idées une fois énoncées, Tourny ne devait pas trouver le moyen de passer à l'application. Peut-être aussi ses conceptions changèrent-elles. En l'ait, il se home à menacer, certain jour, d'une amende les quincailliers qui négligeraient d'assister à l'assemblée générale convoquée pour élire des commissaires, en vue de l'examen des comptes de communauté '-'. Cette décision n'était en rien contraire à l'idéal corporatif.