V. — Tourny à l'Académie de {Bordeaux
Sans être un savant, ni un érudit, ni un collectionneur — son admirable zèle d'administrateur l'empêchait de s'enfermer, sans agir, dans une tour d'ivoire — l'intendant de Bordeaux ne voulait pas rester étranger au mouvement artistique, liltéraire et scientifique de sa province ; son plus ardent désir était de se mettre au contraire à la tête de ce mouvement. Il était loin d'être un profane en l'ait d'arl ; ii entendait aussi bien que personne le métier d'architecte ; il avait par ailleurs une culture très suffisante pour un homme de son rang; el, comme il était intendant, il ne lui l'ut pas dilficile de se faire admettre à l'Académie de Bordeaux.
L'Académie des Belles-Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux était alors une institution toute récente, puisqu'elle avait été établie en vertu de lettres patentes datées de septembre 1712 et enregistrées le 3 mai de l'année suivante en la Cour du Parlement de Bordeaux 4. Elle trouvait dan» la vigueur de sa jeunesse la promesse d'une brillante destinée. Elle s'honorait de compter, parmi ses tout premiers membres, au moins un homme illustre, en la personne de Montesquieu. Elle dépensait enfin son activité de la plus heureuse manière, en allant au public, en organisant des concours et en décernant des prix. Les Académiciens se réunissaient
1. Le bulletin de lu Société archéologique de Bordeaux, t. VII, 1880, p. 69, renvoie, pour ce sujet, à une note du bulletin polymathique de l'instruction publique de Bordeaux, 1803. ji. 69.