I. La Milice. II. Fournitures pour les Armées. III
La Question des Poudres. — IV. Etapes et Quartiers. V. Libourne, ville de Garnison.
/. — La Milice.
Marie de Saint-(ieorges fait honneur à Tourny d'un certain nombre d'innovations heureuses qu'il aurait appliquées au système de la milice, en vue d'y mettre plus d'ordre et plus d'économie. Le tirage au sort aurait eu lieu les jours fériés seulement, pour éviter toute interruption dans les travaux de la campagne. D'avance, les syndics des paroisses auraient réparti les jeunes gens en trois classes, celle des exempts notoires, celle des exempts douteux, celle des non exempts. Un chevalier de Saint-Louis, ou à défaut un gentilhomme, qu'il fût ou non subdélégué, aurait été chargé de faire tirer au sort les jeunes gens de la troisième classe. «M. de Tourny, écrit Marie de Saint-Georges, était persuadé que la pré-
Il M >.\ I I l>l - MiMI I -
scnce d'un militaire, blanchi sous les drapeaux, enlèverail aux milices épugnance si opposée .i la bravoure naturelle des
I Et il ajoute, commepreuve de ce qu'il ;i\.u ttail
pour es • plan que M de rourny avait fait choix, 6 Bordeaux
mé d'un subdélégué chevalier de Sainl Louis
Il esl forl probable que Marie de Saint-Georges n pensé pour rourny, cette lois entre autres, un peu comme Dupont de Nemours
ser sous le nom de l*urgol un certain nombre de propres idées ' 'n trouve bien que la convocation des jeunes gens appelés a servir lui fixée au dimanche dans un • - : » — particulier, mais, le plus souvent, ce sont des jours de la semaine qui sont indi qués pour celle opération ■'. I» autre part, |es chevaliers de Sainl I .mu -, in- semblent pas avoir été appelés 6 remplacer les subdélégués au tirage au sorl . comme par le passé, les subdélégués j p
sidenl Enfin la répartition des je ;s gens en trois classes n'esl
pas mentionnée davantage. Marie de Sainl Georges ;> pris <!<• simples vœux pour des réalités, à moins qu'il n'ail imaginé le tout, comme il im;i:riii<' que Tourn) eboisil riiomas de Sorlus pour subdélégué, parce qu'il étail chevalier de Sainl l.<>ui->. En rail, Thomas de Sorlus exerçai) déjà sous Boucher, bien avanl l'arrivée 'lu marquis
Les mesures que prend Tourny, au lendemain de son arrivée, en ce qui concerne la milice n'onl rien d'absolument original. Il se borne ;'i appliquer les plus récentes ordonnances, notamment celle 'lu -".n octobre 17 12, el celle 'lu lu juillet 1743 ; En exécution
1 Marie -le Sainl ip cil . p
chc que choisit, pai exemple, Dumas, le suhdélégué de
Libourne d'à mires qu'il ■ us de rournj \ ' Libourne BB
26 di '"n I . - 1 1 r .- transcrite dans le registre de déliL ailleurs, I "i"-
n ."il lieu plusieurs jours de suit , comme à Bordeaux, en 17-13 \ I1 ordonnances de Tournj du I septembre 1743, ou encore en deux rois el ■< deux j'inr» .1 intervalle, comme on le voit dans la note qui suit.
i Voici l'article I de l'ordonnanee de rournj du 16 janviei I7ii \ ' Vgen
l l ; Ordonnons q tans la ville, communauté ou paroisse donl le nom Bel >
désigné à la léte de la présente ordonna >i sera tiré au sorl pour l>- noml le
miliciens qui ; sers ii\.-. enl el des qualités requises el i
leur défaut entre les l'.-h» mariés, laquelle opéi le B el 10 févriei
procl forme prescrite pai noli 'donm e du 3 soûl de l'nnnée
dernièi le Bieur de < oulouss ic, noire subdélég
I Voir, sur ces ordonnances, Gébelin, Le* milire* proolnetalet, p 77 et P Viollel, /.'■ />■•
',111 I '|\TI \h\\ I DE BOUDEAUX
de ces règlements, l<: recrutemenl -'«'tend aux plus grande villes el ;'i Bordeaux en particulier.
Toutes les corporations quinesonl pas réputées exemptes, comme les avocats, procureurs, notaires, médecins el chirurgiens, juges, maîtres el écoliers etc., ont à fournir un certain nombre de miliciens. Les bayles H syndics de ers communautés sonl chargés, comme les syndics des paroisses dans les campagnes, de remettre la liste de tous les garçons de leur corps Pour les simples journaliers, di.nl les métiers ne sont pas jurés, comme les porteurs de chaises par exemple, ils doivent se présenter tous ensemble el à la même heure à l'hôtel «le ville, en vue de l'établissement de la liste en question. On procède ensuite au tirage au sort : « Le sort sera tiré en notre présence, lit-on dans l'ordonnance adressée par Tourny aux porteurs de chaises, à compter jusqu'à 20 miliciens. Ceux que le sort aura désignés ne pourront pas «initier la ville sans autorisation, à peine de galères perpétuelles '. » Tous les corps n'exécutent pas d'emblée les instructions de l'intendant. En leur nom, les autorités locales assiègent le marquis de leurs doléances: suivant elles, le nombre de miliciens à fournir est toujours trop élevé '-'.
Pour les campagnes, Tourny prend chaque année une ordon nance qui décide dans quelles conditions sera l'ail le recrutement. La première en date est du 3 août 1743 3. Les intéressés sont prévenus par des billets dits d'avertissement4. Ceux que le sort désigne sont conduits par leurs syndics à l'endroit indiqué par l'inten-
1. A. I)., Gir., C 3, ordonnance de Tournj du -1 septembre 1743, applicable aux porteurs de chaises.
2. Ce nombre était fixé par le roi : pour chaque généralité, l'intendant se chargeait .le la répartition entre les communautés, suivant le mode établi pour la répartition des charges financières. — Cf. Gébelin, Les milices provinciales, p. 99. Tourny répondit le plus souvent par un refus aux demandes de réduction présentées par les communautés. Pour en finir avec les réclamations, le marquis se hâte de convoquer les miliciens, en vue de leur donner les instructions «le départ. A. D.. Gir., (^3, ordonnances de l'intendant des 20 et 21 octobre 1743 aux miliciens portefaix et porteurs de chaises.
3. Elle ne ligure pas dans la collection des ordonnances de Tourny, rassemblées dans la liasse C 3 des Archives de la Gironde. Les instructions (ju'elle renferme sont d'ailleurs reproduites, pour la plupart, dans les ordonnances similaires des années suivantes.
i. Le subdélégué Dumas, de Libourne, en joint un certain nombre à sa lettre circulaire du 26 décembre 1744, A. «... Libourne, 1! B '23.
(i.ini. "-il même i «-m | .- i|ite les surnt Iraires de la dernière le>
Pour chaque milicien, le syndic vi i subdélégui :'.! ! < -<t li-
imposition pèse, avec liai des souliers, sur ■ le x-
rai des babilanls de chaque paroissi o iniunauté '. Par son
ordonnance du 20 mai 17 11. l'inlendanl donna les ordres nécessai res pour le renouvellement des syndics de milice, en exercii •■ depais 17".s ils devaient être élus dans les formes ordinaires; le cnmini>saire déparli pouvait les nommer <\ office, si I assemblée électorale m- -.■ réunissait pas. < m devait les choisir parmi les habitants les plus et les \i\u- intelligents. Leur charge de syndics de
milice ne les dispensait ni de la collecte, ni du syndical annuel de leur pai I es villi - qui avaient un maire, des jurais ou des
suis, ii avaient pas • > nommer de syndics de milice Les officiers municipaux étaient appelés à en remplir les fonctions
Pour éviter des irrégularités dans les comptes des syndics, I 'intendanl établit un tarif pour leurs l"i . i i — particuliers. Désormais les rôles de dépenses ne pourraient être rendus exécutoires que par les subdélégués qui \ comprendront la façon et le papier de chaque rôle. Je vous prie, leur écrivait rourny, ii>' vous conformera ce que dessus pour la partie qui vous concerne, et '!<■ tenir du montant de chaque rôle un étal exact, <|in présente chaque nature de dépense, en autant <l<- colonnes, pour m'êlre par \>>u-. envoyés, après l'entière opération
Pour les exemptions, l'intendant empêcha qu'elles ne fussent multipliées à plaisir ' Quand les avocats se mirent en grève, il les
menaça de les soumettre à la mili Il n'octroyai! de dispenses
qu'à bon escient, el suivant les nécessités, soit aux ouvriers em
ployés aux industries de guerre . -"il aux lil- des gros corn r
çanls ". soil aux jeunes u"-ii- doués de qualités exceptionnelles,
l A I > |anviei 1744, ordonnance de rourn) \ la milice de
ITii l h exemplaire imprimé de onnance -•■ trouve dans les Arcl
• \ : d 1744, ordonnance de I ournj
\ 1 1 l ourn) i ses subdéléguée
i Les règle ri .!<• prononcei -ur les ■
■ iébelin, op cil p B
■ sujet, \ 1' '. I, 14 m. ii- 1749 lettre de rourny ■ -.uni • niiii. .-i \ i Bordeauj - - ■ embre 17