‹ L'intendant TournyChapitre 180 sur 198 · A. N., E 2279, 28 juin 174s. arrêt d'évocation · texte numérisé non relu

A. N., E 2279, 28 juin 174s. arrêt d'évocation

3. A. N., E 2280, I" juillet I74S, arrêt de cassation, envoyé en même temps qu'une lettre de d'Aguesseau à Tourny, datée du l.l juillet suivant, A. D., Gir., C 1399.

1. Les ordres du roi furent expédiés à Tourny, dépêche du 1" juillet 1748 ainsi conçue: "Les Sieurs de Blanc et de Grissac et Dudon avocat au Parlement devront se trouver à la suite de la Cour, au retour du voyage que Sa Majesté va faire à Compiègne. » A N., O' 508.

5. Ces propos sont rapportés par Tourny lui-même, dans sa lettre au chancelier du 13 juillet 1748. A. D.. Gir., C 1399.

6. D'Aguesseau, lui envoyant le second arrêt, lui mandait : « J'aurais fort souhaité, aussi bien que M. le Contrôleur Général de pouvoir l'adresser à un autre que vous, afin d'éviter, s'il eût été possible, de vous commettre de nouveau avec le Parlement ; mais on ne pouvait pas l'envoyer directement à cette Cour ; et, après tout, comme il n'j a pas actuellement de Commandant à Bordeaux, vous êtes le seul homme du Hui à qui l'on puisse faire remettre un pareil arrêt. » A. L).. Gir., C 139Î,', 9 juille

en h y assistant pas, eussent marqué une désunion d'avec la

nd'Chainbre et en eussent fait une preuve publia, le mésin-

t •• 1 1 1 moi .. Les chose* -• sont passées au mieux, de

mi que tout le monde ■•-! convenu i|ue depuis une rameuse l! •

dédiée ii M le duc de Penthièvre, il n'y en avait pas eu « | n i eut

produit 'I assemblée j >1 u ~ nombreuse, seulement de la part «lu

public dont je a étais point en j ••• i n < . mais même du Parlement, et dans la salle où je le reçus à mesure qu'il arrivait, j'eus également lieu d'être contenl des démonstrations d amitié ordinaires en pareil

La rébellion du Parlement avait impressionné Tourny. Il prit bien garde dorénavant de ne pas poussera bout la Cour souveraine. • >h:iiiiI il fut de nouveau question de seigle avarié, il manda a son subdélégué de se conformer à la décision prise par le procureur

■ii ■

//. — Tourny et Machault.

La crise des subsistances, qui ;i\;iil nu moment brouillé l'intendant ;i\"-<- !<•- parlementaires, lui attira, pour quelque lemps aussi, l'animosilé du contrôleur général.

I >>• Fulvy, l'intendant 'i'-- finances, très attaché a Tourny, l'informai! conRdenliellemenl de la mauvaise humeur de- Machaull

Des impressions de cette espèce, lui disait-il, pourraient être de conséquence pour vous Cet avertissement fâcheux venait sur prendre l'intendant '!<■ Guienne au moment même où il espérait obtenir, dans un délai assez rapproché, la place de conseiller d'Etat, pour prix <\i- — < • 1 1 grand labeur et de ses bons services

Machaull lui >'ii voulait d'avoir exagéré les besoins de la Guienne, d'avoir provoqué de trop nombreux achats de grains, de l'avoir empêché, lui le minisire el Bourel -~'>n agent, de réaliser leur système. I ne Fois la lamine conjurée, rournj l'indisposa encore <'ii retenante Bordeaux, sans profil pour personne, des approvision nemenls considérables qui risquaient de se perdre. Le contrôleur

l \ D., Gir., G 1349, 27 juillet 1748, lettre le rouray au chancelier.

Cf le- lettres de l"ourn> au subdi Un. m. •■! au procureui géni

mu 1752, \ |i . l'.ir I 143

. \ D., Gir I 1405, 10 février 1749 lettre de de Fulvy à Tournj

Il 2 L'iM l i:\ln\i DE BORDEA1 \

général résuma boutes ses impressions fâcheuses dans celLe phrase particulièremenl significative qu'il fil écrire à Tourny : a II semble que vous préfériez les intérêts de Bordeaux et <lc ht Guienne à ceux

de Sa Majesté '. »

En l'occurrence, Machaull semblait avoir raison d'insister sur

la nécessité de vendre au meilleur compte les grains et le riz accumulés sur la place de Bordeaux. Ribes avait beau en l'aire passer dans tous les ports de la Garonne jusqu'à Toulouse 2, les réserves s'écoulaient à peine. L'intendant voulait les conserver en prévision d'une nouvelle crise, en même temps qu'il s'efforçait d'épargner à la ville et à la province les trais d'entrepôt. Le contrôleur général finit par perdre patience; il expédia à Tourny des ordres formels: « Je ne puis être de votre avis.. . Ainsi, il faut absolument faire une fin de ces riz... Ce sont, sur cet objet, les intentions du Roi. Vous vous conformerez, sans faire de nouvelles représentations3. »

Quant à la famine prochaine que l'intendant redoute, le contrôleur semble n'en avoir cure. Que les négociants veulent ou non faire venir des grains, que les officiels municipaux pourvoient ou non aux subsistances, le Roi se refuse d'ores el déjà à secourir la province. Tourny s'efforce en vain de regagner Machault en lui écrivant, le 18 septembre 1749, à propos du complet détachement qu'il affecte: « Cela est bon..., quand on ne regarde que soi, mais dans les places où nous nous devons au public confié à nos soins, il faut se porter, non à ce qui est le moins embarrassant, mais à ce qui est le plus utile 4. » Le contrôleur généra] répond, imperturbable, le 17 septembre suivant: << Je vous ;ii fait bien précisément connaître..., que le Roi ne se mêlerai! en rien de l'approvisionnement dont vous craignez que Bordeaux n'ait besoin par la suite ; il ne reste plus aucun des grains qui ont été achetés précédemment et j'avoue que, quand il en resterait, on en ;i trop mal usé à Bordeaux, à l'égard des secours que Sa Majesté y a lait passer, pour que je puisse lui proposer d'y faire arriver aucuns grains: ainsi, je crois qu'il est de votre prudence d'informer sans

1. A. D., i;ii.. C 1405, 10 février 1740. lettre de de Fulvy à Tourny.

2. Ce fait est mentionné dans une lettre de Machault à Tourny du I" mais 1749, A. D., Gir ., C 1376.

3. A. II.. Gir., C 1405, 11 octobre 1749, lettre de Machault à Tourny.

4. A. D.. Gir.. C 1405, 1" septembre 174'.', lettre de Tourny à Machault.

l.l \ \ I WIIM

il ;

retardement M !<• Premier Président ni ceux qui "lit voulu pn

demmenl -•• mêler de l'administrai les grains el blAmei les

marchés >-\ les précautions i|iii onl été prises, qu'ils doivenl .. occupi i > "'ii chercher de capables il remédier au mal que I on crainl

Le controlem général élail dans ces dispositions quand la famine revint, non |>:i^ précisément en 1 7.><>. m.H^ deux ans plus lard,

dans mi temps où la situation éc ique élail rendue plus gi

que jamais, <'ii raison <!>• la mévente des \m> La crise des subsis tances se propagea dans toute la généralité du Condomois el de l'Agenats aux lisières el au centre du Sarladais el du Périgord Dans certains cantons la misère lui extrême; des paysans lurent obligés '!>• vendre leurs bestiaux, leurs meubles ■ ■! jusqu'à leurs chemises lournj écrivait le 18 janvier 1752: « Il esl réel qu'il commence ;i mourir des personnes de faim : le curé de \ illeneuve m. i écrit qu'il en était péri trois dans sa paroisse, sous ses yeux, en quoi il ne Fait pas son élogi Les jurais de Duras signalaient

aussi deux décès de leur côh

Tandis que la première famine avail brouillé l'intendant <-l le contrôleur général, la seconde les réconcilia par un concours de

circonstances toutes contraires Machault, c me Tourny, se

dispensèrent d'intervenir. Ils eurent loi fait de se mettre d'accord

pour laisser au c merce le soin du ravitaille ni, en se bornant

eux-mé sa protéger les libertés du négoce.

\ certains égards, !>• marquis pul regretter peut être sa brouille passagère avec le contrôleur général, mais elle lui servit du moins

,'i tortiller son expériei Il se garda bien désormais de perdre

son sang-froid >-i d'exagérer les maux dont souffrail -;i province. «Je suis toujours sur mes gardes, écrivail il le 22 juillet 1752

pour ne me point inquiéter précipitai ml des mauvaises nou

velles qui me sonl mandées au sujet des récolles, sachant qu'on h < >i i ^ |r^ exagère toujours6.» I n mois j • 1 1 1 - lard, il pul se flatter de rentrer en grâce définitivement auprès du Pouvoir central el

I \ h. lin i I in:. 17 septembre 1749, lettre de Machault à rournj

I inten : al ••!! informe le contrôleur généi il pai ses lettres des s cl 18 jan m.t 1752, \ li '• •: H..

\. D., Gii I 970

i \ D Gii 'in. 18 janvier 175?, lel le I tiy à Maohaull

5. Le fait esl nlionné par l'intendant dans sa lettre du ls janvier 1752

■■ \ |i . Gir . •■ 1415, 7? juillel 1752, letlre de l trôleur gén<

111 l'l\TI'M>\NT DE BORDIÎA.UX

de Machaull ' Loul le premier, quand il employa tes grains récoltés dans sa généralité à ravitailler des provinces plus pauvres 2. ( l'était un résultai que Machaull lui-même n'avail pas escompté.

///. — Intendant et Jurats.

L'intendant avail encore à faire sa paix avec les jurats.

En partie pour satisfaire les ol'liciers municipaux, Tourny n'avail pas craint de contrecarrer les vues de Bouret el de Machaull: il avail provoqué la constitution de la Compagnie, pour effacer loul soupçon de monopole. Quand la crise l'ut passée, les jurais ne voulurent pas reconnaître les droits que la Compagnie s'était acquis, pas plus qu'ils n'admettaient les explications des trésoriers de l'hôpital Saint-André, qui avaient entamé les réserves de la fondation, pour faire subsister dans « l'année de misère un plus grand nombre de malades et de pauvres ' . »

La Compagnie d'approvisionnement restait créancière de la généralité pour une somme de 980/290 1. fi s. 10 d. qui fut réduite un peu plus tard à 874.418 livres. Par complaisance pour sa capitale, Tourny décida de répartir la dette à raison d'un tiers pour la ville de Bordeaux et de deux tiers pour le reste de la généralité. Pour le paiement, il eut encore la faiblesse de prescrire l'imposition d'une taxe additionnelle à la taille, impôt roturier. Avait-il peur de soulever l'opposition des privilégiés, et surtout des parlementaires, ou bien espérait-il faire passer tout le montant de la dette, sans qu'il en coûtât rien à personne, dans un moins-imposé? Le 10 octobre 1748, il écrivait à d'Ormesson, à propos de la taxe additionnelle : « Il aurait peut-être été plus juste qu'elle fût étendue sur les privilégiés, comme sur les taillables ; mais après y avoir réfléchi, j'ai trouvé préférable de l'ordonner au marc la livre, pour éviter différents inconvénients 4. »

La ville de Bordeaux pouvait s'acquitter au moyen de ses revenus. Après avoir éteint la plus grande partie de sa dette, au moyen de la caisse dite des maisons démolies, sans aucun supplé-

Page 1