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manufacturiers. D'ailleurs, les prédécesseurs de Tourny avaient déjà organisé le travail dans certains établissements de cliarité. Dans l'hôpital de Bordeaux que l'on appelait « La Manufacture », on occupail couramment les malades à carder, ù filer, à travailler la laine, au moins pour " leurs habillements » ' ; Sainte-Foy et Bazas auraient suivi l'exemple de Bordeaux, si l'on avait accru l'importance de leur hôpital '-'. L'évêque de Périgueux, impressionné par le bel exemple de Limoges, proposa à Tourny l'établissement d'une filature à l'hôpital qu'il dirigeait; l'intendant s'intéressa au projet, mais l'entreprise n'aboutit pas, parce que les circonstances étaient par trop défavorables3. Il était difficile de mettre à l'apprentissage un personnel qui -ans cesse se renouvelai! : la guene remplis-ail les hôpitaux de soldats, la famine les remplissait de miséreux épuisés par la faim : les administrateurs avaient pour premier souci d'évacuer les malades le plus tôt possible, pour avoir constamment des lits disponibles. « On ne saurait occuper les pauvres, dit le bureau de l'hôpital de Libourne, car dès qu'ils sont rétablis, on les met dehors '. »
La tâche qui s'imposait à Tourny en Guienne différait singulièrement de celle qu'il avail poursuivie à Limoges, et aussi de celle que s'était proposée l'intendant Boucher, lorsqu'il avait pris le parti, en 1724, de rassembler tous les pauvres dans les hôpitaux \ Sous Tourny. lous les pauvres valides devaient être affectés aux ateliers de charité qui fonctionnaient en dehors des hôpitaux; les maisons hospitalières ne devaient plus garder que les pauvres malades, incapables de travailler; les hôpitaux ne devaient plus fonctionner comme des refuges, mais comme des cliniques. L'intendant n'avait qu'à contrôler leur administration et à développer leurs ressources.
En 1749, M. de Boulongne, inlendanl des finances, chargé
t. Mention en est faile d ms le mémoire établi en 17f>0 pour l'hôpital de la Manufacture de Bordeaux, A !>.. Gir., E45.
2. A. [).. Gir., C 1109, mémoires fournis pour l'hôpital île Bazas. 1740. et pour celui de Sainte-Foy, I "">'.!.
3. Voir l'instructive correspondance échangée entre l'évêque et Tourny, dans la liasse C 956 d»s Archives de la Gironde. I.a tentative était intéressante. Nous y reviendrons ultérieurement.
I \. I) . Gir., C 1109, 2 octobre 171i'j mémoire établi pour l'hôpital de Libourne. 7>. I." fait i'st mentionné dans le mémoire établi en 1750, pour l'hôpital de la Manufacture de Bordeaux.
spécialement de lu question, dei ulc a l'ourn} un compte rendu
.rit l.i situation <\<- hôpitaux dans ^.i province ' Kn I"
tous les hôpitaux, sauf un, uynnl envoyé des uién 'es, l<- ministre
transmit i l'intendant ses observations, tout en lui laissant la responsabilité des mesures n prendre. ■ Je ne voudrais rien pro poser à M l< Garde des Sceaux, écrivait si Tournj M de Uoulonj nue de c< ri II lui manda il encore le '2 août 17.':'.
\ ; • gard des réunions qui poui raicul se raire pour donner plus de consistances aux hôpitaux de votre généralité, j'ai cru devoir,
Monsieur, en retrancher le i 161e, parce que M le Garde des
- eaux - esl rapporté u votre prudence, comme élanl plus en étal que nous el hien plus ;"> portée de connaître el de nous indiquer celles que vous jugerez les | »1 1 1 ~ convenables el dont, sur votre ;i\i^. j«- lui rendrai compte dans le temps
La réponse de l'inlcndanl esl encore h trouver. Nous savons seulement qu'il réglementa ;'i nouveau l'hospitalisation des mili laircs. en prescrivant l'établissement de billets d'hôpitaux à l'entrée .•i il l.i sortie des malades, el en se faisanl adresser, par l'inler médiaire de ses subdélégués, tous les billets sans exception, pour en tenir une comptabilité régulière '. Pour l'admission des civils dans les hôpitaux, il réduisit les formalités au minimum; il oblij notamment les administrateurs h recevoir tous les malades porteurs d'un certificat régulier el ;'i motiver leur refus, si les malades
n'étaient pas admis Enfin il <u I le plus grand s :i de grossir
les ressources des formations hospitalières el de ne pas découra gei le bon \<>iilmr du personnel, qu'il fui laïqu i religieux.
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