‹ L'intendant TournyChapitre 47 sur 198 · I . — Lu Critique Je l'Œuore · texte numérisé non relu

I . — Lu Critique Je l'Œuore

- grandiose qu'elle lui. peut-être parce qu'elle l'était, l'œuvre

. nenl conçue par Tournj souleva d'amères critiques

auxquelles il eul le mérite de ne pas s'arrêter. Quand Barentin,

de La Rochelle, voulut lui Faire abandonner sa roule d'Angou

lême en intervenant en haut lieu, forl qu'il était de l'arbitrage

d :ertain nombn nieurs du Poitou el de la Sainlonge, il

comptait sans l'imperturbable assurance du marquis. < le dernier repoussa du geste toutes ces imporlunités qu'il savait mal venues. Il en fil justice dans une lettre ;'i Trudainc, où, après avoir con venu des défauts possibles de certains ponecaux, après avoir prouvé que sa route nouvelle serait plus courte que l'ancienne <-l qu'elle était établie sur un terrain meilleur, après ;i\<>ir discuté point par point les plans produits par sas détracteurs, leurs lignes de redressement jetées ;i vue au gré de l'imagination, il en venait

épéler ironiquement les propos lenus sur -<>n c pte : < m

vante M de I ourny, pour l'aire t ; • î r« - beaucoup de chemins el d'ouvrages dans sa généralité, a bon marché : il est bon que nous < sions sentir au Conseil ce que c'est que ces chemins <-i ces ouvi Le. . \ .m- comprenez, Monsieur, réplique Tourny qui rentre en scène, combien une pareille idée de basse jalousie dégrade la sincérité el l'impartialité qu'il 'l"il > avoir dans un rapport Rarement, moi :hez Ie9 honnêtes gens, le cœurde

r celle question delà route Paria Montpellier, .mtr.- la li A, aux

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l'homme a une vertu assez pure pour ne pas aimer à être exalté aux dépens d'autrui, y sentît-il une certaine fausseté ' ».

Le marquis avail rais le parler ainsi, mais ce n'esl pas à dire

que son œuvre fùl parfaite. Elle ne l'était pas. Elle n<: pouvait pas l'être, et sesamis, comme Trudaine, en souffraient pour lui; il lui écrivait plus tard dans un élan de sincérité : « J'entends dire trop souvent que vous n'avez lail que tracer les chemins du Limousin, que la plupart sont encore impraticables, que les empierrements sont mal faits el les ouvrages de maçonnerie encore plus mal et moins solidement '-. » La grande excuse de l'intendant de Limoges, c'esl que le temps avait manqué à son œuvre, qu'elle ne pouvait tenir «m quelque dix ans.

Qu'avait-il donc l'ait? Il avait réparé des routes anciennes; il en avail ouvert de nouvelles; il avail pensé à d'autres qui n'existent pas encore de nos jours; il avait préparé un projefde règlement des postes3; il avait affranchi les routes comme les rivières, en dénonçant nombre de péages et en les faisant abolir par le Conseil '. Il avait peut-être abusé des corvées 5, mais ses intentions étaient restées excellentes, el il avait employé tous les moyens, avant d'en venir aux plus rigoureux 6. Il avait encouragé les corvéablesles plus travailleurs; il avait diminué leurs impôts, d'office; il avait prêché à tous le bien public auquel lui-même se consacrait. Et c'est encore lui qui nous renseigne mieux que ses juges, sur l'imperfection de son œuvre, par sa grande enquête de 1742.

L'avant-dernière année de son intendance, le 25 septembre 1742,

1. A. N.. F 154, 5 octobre 1742. lettre de Tourny à Trudaine. La minute de celte lettre est aux Archives de la Gironde, C 3799.

2. A. D., Gir , C 1847.23 octobre 1744, lettre de Trudaine à Tourny.

3. Cf. A. D., Gir., C 2544, lettres de Tourny à M. Dufort, 24 février 17U el 30 août 1742. projet de règlement pour les privilèges des maîtres de poste

4. Voir civers arrêts du Conseil supprimant des droits de péage, A. N., E 2181, E 2202 etc.. Cf. aussi A. D., Haute-Vienne, C 422 et A. N., G7 56, lettres d'Orry au marquis de Fénelon et à Tourny, 14 juillet 1739.

5. Sur l'emploi que Tourny fait des corvées, sa lettre du 23 février 1733, adressée à Trudaine, est fondamentale, A. D., Gir., C 1992, document limousin aux Archives de la Gironde. Yignon ne semble pas l'avoir connue, quand il écrit : » De 1732 à 1713, la généralité de Limoges avait eu pour intendant Aubert de Tourny, qui adopta avec ardeur l'institution nouvelle de la corvée des grands chemins. Parce moyen employé despotiquement et militairement, comme on faisait alors, il entreprit et ébaucha le percement des principales voies qui devaient traverser celte province... ■> Vignon, op. cit., t. m, p. 53.

6. A D.. Gir . C 1992. 23 février 1733, lettre de Tourny à Trudaine.

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il écrn de lui fournir sur

les ponts ri les routes, sur les ii\ ières el les simples ruisseaux, l<>u~

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jusqu'à la maréchaussée devaient irir à l'enquête. Mous

ms tous leurs témoq • I • > 1 1 1 l'intendant comptait pouvoir

lirer parti. Le pont de Borl menace ruine, rapporte le subdélégué de I ulle des paj sans, pris de \ in, ont jeté à la ri\ ière les pierres du parapet Le pont de Bug< >i menace ruine, rapporte encore le subdélégm de Le mauvais temps a détérioré les roules,

lare ••■■lui de Bourganeuf; h de chemins à reprendri

iiplenl par milliers Les travaux à efTecluer ~"iit en nombre ihle.

i 1 intention de remédier par i < m- les moyens à cette

situali |ui restait lamentable. Sa doctrine changeai! sur certains

points i! se convertissait à l'œuvre de l'arbre, après avoir interdit d'en border les routes • Comme nn<- leçon de chosi -

nde enquête de ITT.' n'aurail pas manqué de modifier bien d'autres '!>■ ses vues, de l'aider à rectifier bien « I • - ~- erreurs commis* - - • • — 1 1 1 -^ auraient dû profiler de la leçon; mais jusqu'à r/urgol, ils ne se montrèrent même pas capables de conserver l'œuvre du marquis, dont ils n'avaient pas les grandes qualités

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