‹ L'intendant TournyChapitre 7 sur 198 · I. Les opérations du Présidenl Aubert. 11. Le Marquisat · texte numérisé non relu

I. Les opérations du Présidenl Aubert. 11. Le Marquisat

<lc Tournv. III. 1 ..i Manière du Présidait.

/. — Les opérations <lu Président Aubert.

\ certaines époques, il suflil presque d'avoir l'amour du

gain [jour amasser Fortune. Il en était ainsi, semble-l il. au

début 'lu xvin siècle. Les guerres de Louis \l\. la dernière en particulier, tirent beaucoup de nouveaux riebes. I.''- bons plai ments leur furent faciles, parce que, d'autre part, le- ruines

ccumulaienl Le Conseil des linances, présidé par le duc de Noailles, lil rendre gorge ■ < certains, en soumettant à ^"ii \i-i tous les billets souscrits par le f/résor, en dressant, con Ire les linanciers suspects, l'appareil '!>■ la Chambre ardente Mais l.i politique '1'- Law, succédant a celle de Noailles, encou :a de nouveau l>-^ spéculateurs Beaucoup pensèrent profilei de la Cm --!■ opulence 'In ta le renchérissement de la

m>- m- I.-- empocha pas tous d'j réussir. Certains surent der des excès de l'agiotage I diseurs • avertis prévirent

I L INTENDANT TOI RNY

la banqueroute prochaine; ils se séparèrenl à temps de l.;i\\ qui se iii i 1 1 . < il On ne les laissa point jouir en paix de leur fortune; leurs litres furent encore visés par les Paris, liquidateurs du

Système », comme il- l'avaient été par Noailles. Cent quatrevingts nouveaux riches furenl taxés arbitrairement, mais ce iveau i-(iii|i n ■■ni pas raison encore de leur puissance financière '.

L'avènemenl des ^.uberl coïncide avec ce concours d'événements.

Les Auberl étaient nobles, mais de fort petite extraction, assez voisine de la roture. Le grand-père du futur intendant,

Crissostome », était originaire du Berry, e! il s'intitulait seigneur de la Panne el d'Egrignon 2. Le blason îles Aubert meni.nl à ces débuts modestes : il semblait porter inscrits les grands espoirs de la famille: il se lisait : de sable, à l'aigle d'or éployée, fixant une étoile du même, cantonnée en chef, au dextre de l'écu :;.

Léon Urbain, fils de Chrysostome, naquit à Château-Gontier *. Il vint à Paris travailler chez un avocat. L'amour du gain, l'esprit d'intrigue l'amenèrent à se mettre à la suite du chancelier Pontchartrain : la protection de ce grand personnage lui servit à réussir dans le métier de traitant; il prit à ferme les biens du ministre sans oublier de travailler à sa propre fortune ; il prêta beaucoup, à un taux élevé, et il trouva moyen le gagner gros. Son portefeuille esl dès lors bourré de valeurs, et il a pour débiteurs les maîtres de la politique. Cependant sa fortune récente a besoin d'être consolidée. Pour lui donner une base solide, il « réalise ».

Il achète des charges lucratives. L'esprit de lucre le conduit à la recherche des honneurs. Le 18 juin KJS".?, il se fait recevoir secrétaire du roi, maison et couronne de France et de ses finances. Il résigne cet office pour en prendre un autre, en 1703 : s'élevant d'un degré, i! devient alors receveur des finances à Caen, à la date du '26 août 1704. S'élevant encore, le voici, quatre ans plus tard, président de la Chambre des Comptes, Cour des Aides et

1. Cf. Thirion, La vie privff des financiers au \\\\v siècle.

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