‹ L'intendant TournyChapitre 86 sur 198 · I. La Transmission des Pouvoirs. II. L'Arrivée de · texte numérisé non relu

I. La Transmission des Pouvoirs. II. L'Arrivée de

Tourny et le Salut des Autorités. — III. L'Hôtel de l'Intendance. IV. Les Impressions de l'Arrivée.

La Transmission des Pouvoirs.

La commission décernée au marquis de Tourny, comme intendant de Bordeaux, est datée du 15 juillet 1743 l. Avant cette date, le lendemain du jour où le contrôleur général lui apprit sa nomination, dès le 0 juillet, Tourny écrivait à M. Boucher, qu'il remplaçait en Guienne2.

Sans attendre la*réponse, il se met en rapport avec ses iuturs

1. A. II.. Gir., C 262, Commission île Bordeaux décernée au sieur de Tourny.

2. Le 15 juillet 17-13, Boucher répondait à Tourny : » Je n'ai appris, Monsieur, que par la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 9 du présent mois, que le roi vous avait nommé, pour me relayer dans l'intendance que je remplis depuis près de 23 ans. » Avant le 9 juillet. Boucher savait seulement, sans doute, que sa retraite était acceptée. La lettre de Tourny du 9 juillet celle de Boucher du 15, se trouvent dans la liasse C 909 des archives de la Gironde.

l'installation ni roi mm 'I :

Bubdéli sans doute aussi nvec li • urs de loilli

présidents des élections il leur adresse une lettre circulaire ainsi

\ Paris le 13 juillel 1743, le l! 'ayant, Messii

nommé ;> I intendance de Bordeaux de laquelle M Bouclier lui ;i demandé la permission de se retirer, il est i> propos que je instruit promplemenl ••! amplemenl de loul ce qui concerne les impositions de votre élection Je vous prie en conséquence de travailler a un ou plusieurs mémoires qui contiennent les diflë rents détails donl votre expérience |>«tit vous faire sentir que i ai besoin en celle matière H de me les envoyer aussitôt que vous pourrez. Il vous esl facile de penser que la façon dont je trouve

rai ces mémoin mencera h préparer l'opinion que je

di vrai prendre sur voir iple, et une fois celle opinion établie,

telle que j'imagine que vous les méritez, je serai charmé de saisir toutes les occasions de vous faire plaisir, en même temps qui

lit attentif à ne manquer aucune de celles où il sera question de proléger vos recouvrements. Je suis, Messieurs sic), votre très hum ble et affectionné serviteur1 Celle enquête tendait è un double but elle devail fournir ;'i l'intendanl nouveau venu, les premiers éléments pour la répartition des impôts «lu prochain exercice, et elle devail lui procurer un ensemble de renseignements précieux -m l'étal de sa généralité en vue de la réforme ultérieure des abus Presque lous les mémoires lui parvinrent a point, vers la lin du mois de juillet. Les retardataires et ceux >|m furent priés de compléter leur information, achevèrent leur besogne au • 1 »'• I > 1 1 1 du iin'i- d'août

Par le même courrier du K5 juillet, Tournj avait adressé ;'i Boucher une seconde lettre. Il le priait de lairc parvenir ii qui de droit -;i circulaire, et il lui demandait aussi de lui fournir luimême trois mémoires: l'un, sur les personnes attachées ô l'intendance, avec pour chacune d'elles, une appréciation des services rendus; le second, -ur les autorités ou les particuliers avec qui l'intendant de Guienne traitait communément les affaires de son

l V. D.. G élire circulaire de Toumj du 13 juillet 17 13

les premii |ui suivirent l'nrrn le Tourny, des procès-verbaui

de tournée lurent rédigés, tous bs I Buppléera l'insuffisance decei

s méi n procès verbaux, qu isonl

perm - instituer d ip l le tableau de la généralité de Bordeaux

en r

'.M i L IN n.Mi W I D8 B0RDEA1 \

ressort; le troisième, sur les amis personnels de Boucher el sur ses protégés. L'enquête sérail ainsi complète, si Loutefois Boucher voulait bien s'j prêter. Le marquis a l'espoir de se le rendre favorable à torce de c 'loisir. Il parle de venir à Bordeaux quelques

jouis à l'avance pour consulter sou prédécesseur: mais il ne veut pas être reçu à l'intendance, de crainte d'être importun. « C'est pour moi. Monsieur, écrivait-il à Boucher, le 6 août, un grand plaisir que j'aurai l'honneur de vous trouver à Bordeaux et de passer quelques jours avec vous; je sens de quelle utilité me seront, el au bien des affaires, 1rs conversations que nous aurons ensemble. Je vous supplie au surplus de ne pas vous l'aire un embarras de me recevoir... Pour vous l'éviter, dans la circonstance d'un déménagement tel que le vôtre, j'ai accepté les offres que Tillet ' m'a fait de la maison qu'il a à un quart île lieue de Bordeaux, d'où je pourrai aller et venir. comme si j'étais dans la ville même, el que je garderai jusqu'à ce que l'intendance soit entièrement rangée...» Il continue en laissant à Boucher tout le temps nécessaire pour la transmission des pouvoirs : « Nous ne me remettrez tant que vous serez dans la province que celles des affaires dont vous voudrez vous décharger... Je ne serai votre successeur que quand vous serez parti el votre subdélégué jusquelà 2. » On ne peut s'exprimer en termes [dus galants: ce sont-là manières de gentilhomme.

Boucher était à l'ordinaire d'un naturel assez difficile3. 11 fit d'abord connaître à Tourny que les papiers de l'intendance ne pourraient être mis en ordre avant le milieu du mois d'août 4. Fournit-il à son successeur les mémoires demandés? On ne saurait le dire. 11 donna du moins, à Tourny dans ses lettres des 15 et '25 juillet, île précieuses indications : il lui recommanda ses secrétaires, son homme d'affaires, l'avocat Dalon, et ses subdélégués, des meilleurs, à l'entendre, que pût souhaiter un intendant.

La question des meubles, des tapisseries qu'il laissait à

1. On peut croire qu'il s'agit de Tillet. qui avait été le subilélégué de Tourny à Angoulème.

'.'. A. D... Gif., C 906, lettre de Tourny à Boucher, du G août 1743.

3. Dans notre étude de la Chambre de commerce de Guienne, nous avons notamment relaté le très mauvais accueil que Boucher lit un jour à certains directeurs du Commerce, chap. ni. p. 56.

1 A. D., Gir.. C 909, lettre de Bouclier.') Tourny. du 15 juillet 1743.

INSTALLATION I I MNN

deaux le préoccupail nulaul el même pcul être davanla

I . .uni \ lui fuit le plaisir d'acheter ses armoires, ■ <' les, lit-

de 'I sliques, bois de lii- de maîtres : el missi des glaces, môme

quelques tapisseries La bibliothèque restait ûvendre Boucher

fuit l'article assez joliment roi e il est entrain de passer en

revue les appartements '!>■ ->'ii premiei étage, il s'arrête h l'un deux ■ Il v ■' dans ce dernier, dit-il, une jolie bibliothèque >>u il \ ;i de très bons livres qui I ornent beaucoup mieux que ne ferai! la tapisserie la plus magnifique.. Des marchands « • » • t voulu l'acheter ; il la laissera a Fournj. pour '2.500 livres. !.'■ marquis lii

la sourd eille, el l'on ;i des raisons de croire que le marché ne

lui jamais i onclu

//. — /.'. Inivcc Je Tourny et le Salut des Autorités.

Dans le courant du mois de juill«'l <-\ août, le nouvel intendant ■ vail déjà les hommages des autorités de la Guienne. Les

rei eveurs des tailles, les présidents d élecl I les subdélégués

s'acquittèrent, les premiers, de ce devoir, en Fournissant les mémoires que rournj leur ;i\;iit demandés. De leur côté, les jurais de Bordeaux s'empressèrent. Il- saluèrent le marquis el réclamèrent sa protection pour la \ i i le. dès le 20 juillet 1743 ; ilne manquèrent pas de lui rappeler les bienfaits insignes • i ■ i « - lui devaient ses administrés du Limousin, el il- lui promirent tout le zèle 'l"iii il- seraicnl capables pour seconder son ■• attachement au service •■! ■< la gloire du Roi el à l'avantage de ses peuples

Le nouvel intendant était attendu a Bordeaux pour la lin du mois d'août. La première lettre qui lui fui adressée de Paris, en Guienne, porte la date du 25 4. Il arriva le 31 Le même jour les

l l..iirn> décide lâchai de ce mobilier, dès bs première lettre du 9 juillet 1743. Pour le linge, le nouvel intendant <-n lit venir un grand coffre de Bon château de rournj Cl \ P l Grancej • lison à ["ourny, 13 septembre

de la bibliothèque de I ournj . donl

'ii M I romenl dans un discours i loncé le 27 mars 1900, ' i bulletin muni-

mnée n du V avril 1900 Bordeaux, BB jurais à fourny, du 20 Juillet 1743

l. A. N..0 ■"■• dépêche ministérielle a rournj du 25 ;, \ . Boi de lui BB registre i mût '

'.'II. l'intenoan I lu BOIIDI VI \

autorités de la ville députèrenl vers lui. Les jurats Hoche et

Dumoulin se rendirent, | r le saluer, à l'hôtel de l'intendance,

revêtus, suivant l'usage, de leurs robes noires, bonnets el chaperons de livrée, el précédés de six archers du guet, avec un officier à leur tête.

A quelque temps de là, Tourny vint à son lour à l'hôtel de ville. Il s'y présenta, précédé de cavaliers de la maréchaussée, sans se douter que l'accès de la ville était interdit aux troupes années, autres que les archets du guet. Comme il attentait ainsi aux prérogatives de la Jurade. les jurats lui firent la leçon ; il l'accepta de lionne grâce, et tout fut oublié '.

A la suite des jurats de Bordeaux, nombre de consuls vinrent apporter à Tourny l'hommage de leur ville. Les délégués de Libourne arrivèrent des premiers 2. Le corps de ville d'Agen mal informé, semble-l-il, attendit le 5 septembre pour choisir deux députés qui partirent d'Agen, le 7. et qui furent rendus seulement le H à Bordeaux. Ils se présentèrent à l'intendance, pour faire leur compliment élans la journée du 11. La réception que leur fit Tourny les consola sans doute de n'être pas arrivés à temps. <• Il les accueillit, dirent-ils, avec beaucoup de politesse elles assura de son attention pour Ageu. » Deux jours après, quand les consuls vinrent prendre congé, ils furent aussi charmés des égards qu'on leur témoigna 3. Les députations se succèdent ainsi pendant toute la première moitié du mois de septembre. Il n'est pas jusqu'aux communautés de second ordre, qui ne s'imposèrent des frais pour faire leur cour à l'intendant. La Béole et Clairac ne furent pas les dernières ; et à Langon, le maire Partarrieu se députa lui-même avec l'un de ses deux jurats 4.

L'Aquitaine a des automnes ensoleillés ; Tourny profite des derniers beaux jours pour partir en tournée, en vue du département des tailles, et il s'empresse de rendre, par la même occasion, leurs visites, aux communautés.

1. A. C... Bordeaux. BB.. délibération de Jurade du 9 septemlu-e 1743.

Page 1