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Plus que jamais, ces ententes sont nécessaires : disons un mot à ce sujet ; de la situation particulière de chacune de ces industries.
Le papier journal 2 intérêt, étant donné ses conditions d’approvisionnement en matières premières, à s'opposer à tout droit et toute taxe soit sur les bois, soit sur les pâtes.
II a intérêt, étant donné ses conditions de fabrication et la nature de ses clients consommateurs de tonnages importants, à faire bénéficier les journaux de papier bon marché et de bonne qualité.
Ce faisant, il développera la consommation, augmentera sa production, diminuera son prix de revient et, par conséquent, son prix de vente, etc. et le cycle recommencera.
Le papier ordinaire au contraire est représenté par de petites usines beaucoup plus attachées au maintien des prix qu’au développement de la consommation du papier :
I1 représente donc un frein à la baïsse.
I redoute, d’autre part, la concurrence du papier journal dans ses fabrications. Aussi recherche-t-il ardemment la suppression des importations, qui donnera aux usines de papier journal un contingent supplémentaire de production et fera disparaître leur concurrence dans la fabrication du papier ordinaire.
Par contre, il favorise l'offensive des forestiers et des fabricants de pâte, car, dans la mesure où ceux-ci fermeront le marché aux importations de bois et de pâtes, ils favoriseront à leur tour l'exploitation en circuit fermé
qui aboutira petit à petit à la hausse des prix.
C'est l’interdépendance du problème des bois, des pâtes et du papier qui aboutit fatalement à la dictature des forestiers sur le problème du
papier.
Il importe donc d'éviter, pour les raisons que nous avons énumérées précédemment, que se réalise l’interdépendance du problème forestier et du problème du papier journal.
Pour cela, que faire ?
Obtenir le décrochage du « boulevard Saint-Germain » et du « boulevard Haussmann », et l'obtenir précisément au moment où le problème forestier en donne la possibilité.
Le Comité Rist, qui n’avait pas été constitué pour régler le problème de la prime, mais le problème des bois et des pâtes était favorable à cette manière de voir.
I était favorable à un régime d’exception en faveur du papier journal, mais il y était favorable dans la mesure où une entente papetière favoriserait le développement de l’industrie du papier ordinaire. Expliquons-nous : la Papeterie ordinaire fabrique aujourd’hui environ 50.000 tonnes de papier journal. Inversement, les usines du Comptoir fabriquent un certain tonnage de papier ordinaire. Un échange de production lié à l'augmentation de la production française, par suite de la suppression des importations, permettra l’entente.
Alors, le papier journal, qui ne peut être fabriqué qu’avec des bois étrangers, pourra librement solliciter un régime d’exception.
L’interdépendance des prix entre papier ordinaire et papier journal n’existera plus puisque les usines de papier journal ne fabriqueront plus de papier ordinaire.
L'interdépendance du problème forestier et du problème papetier ne jouera plus que pour le papier ordinaire.
Ni les forestiers ni les fabricants de pâtes n’ont songé une seconde à contester la nécessité d’un régime d’exception pour le papier journal.
Ils étaient même d'accord pour déclarer que les contingents, droits et taxes qu’ils réclamaient, ne devaient pas frapper la Presse, qu’il fallait trouver un système d’exonération et ne demandaient qu’à se mettre d’accord à ce sujet avec la Presse d’abord, avec le Comptoir ensuite.
Le Comptoir n’a pas pu l’envisager car il n’avait pas les mains libres vis-à-vis du « boulevard Haussmann » ; il ne les aura que lorsque, par une entente de fabrication entre les deux syndicats, il aura retrouvé sa pleine indépendance.
Cette indépendance, la Presse doit l’aider à la recouvrer : d’abord, en