‹ L'Interdépendance du Problème Papetier et du Problème Forestier: Régime particulier des papiers de presseChapitre 62 sur 190 · QUALITE EMPLOYEE · texte numérisé non relu

QUALITE EMPLOYEE

Les journaux français usent, pour la plus grande majorité, de papier journal apprêté d’une force de 48 à 50 grammes au mètre carré, enroulé sur des bobines d’un diamètre de 60 à 30 centimètres ; les dimensions de ces bobines sont variables, mais les plus employées sont : 171,5, 130 et 86,5 centimètres.

Le prix du papier apprêté en bobines de 50 grammes (poids moyen) était antérieurement à la convention du AD avr TB Ne Et see 17 105 fr. 50 les 100 kilos.

Le prix du papier apprêté en rames de 50 gr. 115 fr. 50 —

Le prix du papier satiné en bobines de 51/55 (poids moyen)..,.4/40.:40 ur... 115 fr. 50 —

Le prix du papier satiné en rames de 51/55.. 125 fr. 50 —

MS9 ou

DÉVELOPPEMENT DE LA CONSOMMATION DU PAPIER JOURNAL EN FRANCE, ET DÉVELOPPEMENT CORRESPONDANT DE NOTRE PRODUCTION NATIONALE

La consommation totale annuelle des journaux français est actuellement évaluée, grosso modo, à 400.000 tonnes. Il convient d’ailleurs d’observer que, pour les journaux proprement dits, la consommation est d'environ 365.000 tonnes, sur lesquelles on peut estimer l’importation à 42.000 tonnes. En ce qui concerne les périodiques, la consommation est de l’ordre de 35.000 tonnes dont 5.000 tonnes seulement sont importées.

Situation d'avant guerre.

Avant la guerre, la consommation totale du papier journal en France ne dépassait pas 250.000 tonnes, alimentée en totalité par la production nationale.

Les principales usines fabriquant du papier journal étaient les suivantes :

Papeteries Darblay (Essonnes) ; Papeteries de la Seine ; Papeteries Etienne ; Papeteries du Domeynon ; Papeteries de Lédar ; Papeteries Aubry ; Papeteries Caron ; Papeteries La Haye Descartes.

Situation d'après guerre.

al Anciennes usines.

Pendant la guerre, il a été indispensable d’assurer une partie des approvisionnements de la Presse en faisant appel à l'importation. C’est d’ailleurs pour cette raison que celle-ci a été introduite sur le marché français.

En raison des difficultés que la Papeterie française allait ainsi rencontrer de 1914 à 1918 pour les approvisionnements, difficultés auxquelles s’ajoutait la pénurie de main-d'œuvre, la production française de papier journal était très faible.

À la suite de la guerre, la qualité du papier français est médiocre, et, pendant les années qui suivent la guerre, la Presse continue de faire appel à l'importation.

A cette époque, le papier journal français est encore produit dans les usines anciennes que nous avons citées plus haut.

Mais la production de ces usines est insuffisante, et la plus grande partie du tonnage consommé annuellement, qui ne dépasse guère 260.000 tonnes, est prise à l’importation.

Les plus gros importateurs étaient, directement ou par l'intermédiaire de revendeurs :

La Suède (Holmens Brucks, Stora, Wargons, etc...) ; la Norvège (Northern, Union Paper, etc.) ; la Hollande (Van Gelder Zonen) ; la Finlande (Association des Papeteries Finlandaises) ; l'Allemagne (contrats spéciaux de prestations en nature conclus d’accord entre la Fédération des Journaux Français et le Ministre des Finances, avec M. Boas, comme commissaire ducroire exclusif), pays auxquels il y avait lieu d’ajouter, pour une très faible quantité, et suivant les diverses commodités d’emplacements et de livraisons : la Belgique, la Suisse, l’Esthonie et même le Canada.

Mg 7 LOUE b) Nouvelles usines 1929-1931.

Cependant, entre 1929 et 1931, des usines nouvelles se créent :

Papeteries Béghin ; Papeteries de la Chapelle ; Société Nouvelle de Papeterie.

Ces usines pèsent sur le marché, les prix diminuent et les importations se ralentissent.

. 1 Abandon de la fabrication du papier journal par les anciennes usines.

La conséquence de cette évolution est que les anciennes papeteries sont conduites peu à peu à s'éloigner de la fabrication du papier journal. En effet, d’une part, elles n'arrivent pas à fournir à la Presse la qualité que celle-ci désire et, d’autre part, elles ne sont pas en mesure de suivre les prix pratiqués par les nouvelles sociétés. Nous constatons ainsi que ces anciennes usines qui, précédemment, fabriquaient du papier journal, sont obligées de renoncer peu à peu à cette fabrication et de s’orienter vers des sortes nouvelles. Elles apportent ainsi un élément de concurrence nouveau sur le marché de tous les papiers autres que le papier journal.

IL convient d’observer, à cet égard, que les nouveaux moyens de production consacrés désormais, soit aux papiers d’impression, soit aux papiers d'emballages, trouvent leur emploi du fait de l’augmentation de la consommation française des papiers de ces catégories.

Très rapidement, les nouvelles usines installent des râperies qui leur permettent de fabriquer elles-mêmes leurs pâtes mécaniques. Elles ne sont donc plus tributaires de l’étranger, pour la plupart, qu’en ce qui concerne leurs pâtes chimiques et, bien entendu, leur bois.

Les progrès de ces nouvelles usines ont été très sensibles, notamment au point de vue de la qualité fournie. La quantité produite a également augmenté, tant et si bien que la Fédération des Journaux Français a dû composer avec l’ensemble des papeteries françaises, pour éviter notamment qu’elles ne demandent la protection du gouvernement, ce qui aurait entraîné une augmentation des droits de douane et, partant, du prix du papier.

La Fédération s’est donc engagée à faire absorber par ses adhérents la production des principales usines françaises, qui, sur son initiative, se sont réunies le 1° janvier 1930, en un « Comptoir Français du Papier Journal ». Ce Comptoir, tout en laissant son indépendance à chaque usine, assure le contrôle et, dans une certaine mesure, la répartition des ordres passés par chaque journal individuellement; en outre, il garantit la livraison en temps voulu par l’une ou l’autre des usines du groupement dans le cas où, pour une raison quelconque, l’usine choisie par le client ne pourrait pas livrer le papier commandé.

Ce Comptoir a surtout pour but de discuter avec la Fédération des journaux français et d’établir, d’accord avec cette dernière, les quantités et prix à pratiquer par les usines du groupement. Ce prix est d’ailleurs uniforme, quel que soit le tonnage consommé par chaque journal.

Il va également, dès sa création, s’attacher à reconquérir sur les importations. le marché du papier français.

La Fédération a d’ailleurs, d'elle-même, demandé à ses adhérents de pren-

ÉD ee

dre l'engagement moral de passer 50 %, de leurs commandes aux papeteries françaises, ce qui laisse, malgré tout, près de 120.000 tonnes à l'importation.

Développement de la production nationale.

Dès 1930, les papeteries françaises peuvent fournir 200.000 tonnes que les Journaux Français doivent absorber. Il ne reste donc plus que 60.000 tonnes pour l'importation dont la Fédération envisage de demander une partie (peut-être même la moitié) à un nouveau contrat de prestations en nature avec l’Allemagne.

Finalement, ce contingent se trouva réparti entre les différents pays : c’est l’origine de la convention tripartite entre les importateurs, le Comptoir d'Achat du Papier Journal et la Fédération Nationale des Journaux Français, qui fut signée seulement le 4 août 1932.

A noter que beaucoup d’importateurs, étant en même temps vendeurs de pâtes aux usines françaises, acceptèrent un contingentement amiable, car ils se désintéressèrent du papier journal pour ne pas faire concurrence à ces dernières.

Ceux des importateurs qui tiennent à conserver le marché français durent faire des prix avantageux, sensiblement au-dessous du prix des papeteries françaises, car ces dernières tendaient de plus en plus à fournir un papier parfaitement comparable comme qualité à celui de l'importation et offrant des commodités bien plus grandes pour les livraisons effectuées presque sans déchets. |

Le prix qui correspondait au prix de 176 fr. 50 franco imprimerie, pour le papier français, est de 150 fr. CIF Rouen, pour l'importation, la différence comprenant les frais de transit et les droits de douane évalués à raison de 12 fr. 50 les 100 kilos, à condition que le papier importé présente des lignes d’eaux. (Cf. décret du 17 août 1928 qui exige, dans son article IV, des lignes d’eaux espacées de 5 cm. pour tout papier journal étranger importé à partir du 1° juillet 1929.)

La consommation totale française a envisagé, pour 1931, y compris le papier satiné : 282.000 tonnes. | ‘

Là-dessus : 210.000 tonnes pour les papeteries françaises; 28.000 tonnes pour le contrat prestation en nature, encore en discussion.

Le reste, soit : 50.000 tonnes environ, pour l'importation.

Enfin, le 4 août 1932, un accord était définitivement conclu à Paris, entre les représentants de la Fédération Nationale des Journaux Français, les représentants du Comptoir Français du Papier journal, les représentants d'usines étrangères de papier journal (Allemagne, Suède, Norvège, Pays-Bas, Suisse, Grande-Bretagne, etc...)

Cet accord fixait à un contingent déterminé le tonnage de papier étranger admis en France pour 1933 et répartissait ce tonnage entre les différentes usines étrangères. Il fut renouvelé successivement en 1933, 1934 et 1935. On trouvera en annexe le texte intégral de ces quatre conventions (4 août 1932, 13 juin 1933, 17 mai 1934 et 11 avril 1935).

La consommation totale envisagée pour 1935 était de 415.000 tonnes. 340.000 tonnes furent réparties entre les usines françaises, le reste étant laissé à l’importation (75.000 tonnes du 1° novembre 1934 au 31 décembre 1935) (Convention de 1934).

Page 1