‹ L'interieur de l'etude, ou Le procureur et l'avoue, comedievaudeville, en un acteChapitre 17 sur 21 · SCENE XIII · texte numérisé non relu

SCENE XIII

JOLIVET, riL\NVAL.

FRASVAL.

Comment, morbleu.... personne ici pour m’annoncer... JOLIVET.

Je crois bien....

FRANVAL

Où est M. le maître-clerc.

JOLIVET

Voilà !...

FRANVAL, d part.

Ah!... ah!... il n’est pas de la première jeunesse.... et si son avoué lui ressemble... ma nièce a là une singulière inclination.... Monsieur, je voudrais parler à^l’avoué.

3*4 L’INTKRIËÜR DE L’ETUDE,.

iOLIVET.

Voilà.... c’est-à-dire voilà.... par intérim , vu qu’il est absent... •

FBANVAL.

Absent... et il y a une demi-heure qu’il m’a donné rendezvous.... <

JoEivET, sortant de son bureau.

J’y suisl Monsieur est le banquier étranger qui l*a fait prévenir.

FRANVAL

Justement!

JOLI VET, à part.

Vovez-vous conime il manque $£ plus belles affaires.... Un Banquier étranger ! Ab ! si sa charge était p.iyée...« comme je l’arrangerais I

FitANVAL.

Et M. Derville, votre avoué, a t-il toujours la même exactitude!’

JOI.IVET.

Du tout, monsieur , du tout. ..Diable, celui-là entend son aff.iire... et s’il n’est pas chez lui dans ce moment, c’est qu’il a (leux ou trois procès à la fois, et qu’ 1 mourrait à la peine, plutôt que d’eii laisser échapper un seul....

FRANVAL, à part.

Cela m’annonce qu’il est inlétessé.

JOIAVKT.

Un jeune homme rangé éconçme et instruit

il vous poursuivra une affaire jusques dans les dernières ramifications...

FRANVAL, à part.

J’entends 1 un chicaneur....

A IR : Je Cutffiffi.

■ '■ ît tréUve toujours (Jan8 le Co4e ■

' . . Quelqu'arlicle qui l’acconinnode )

Four meitie les gens ea.(lùt'aut„

Je crois qu’il eu l'erail jilulût.

C O M E D I lî.

C’esl un g.iillard dont ritit n’approche ,

Un lionimc de la Vieille-Roche ; ; •

Enûn, pour mieux vous dire encor,

Un procureur d« l'ige U’or.

fuanval , à part.

T! ne manquait plus que cela.,., je sais maioleoauit à quoi m'en tenir sur son compte...

JOLIVET

Si monsieur veut me mettre au fait de l’état de ses affalées. FRANVAl»

Ça ne sera pas long. >

Air : De la folie après Regnard.

Toujours modeste en mes souhaits.

Je prends ce que le ciel me donne ; -,

(ihex moi , je vis toujours en paix Et ne trouble jamais personne.

Pour des amis , j’en ai ce qu’il me faut;

Pour des dettes , je n’en ai guères ;

Ponr de l’or, hélas! j’en ai trop.

Voilà l’état de mes alTairesI *

JOEIVET.

Alors, pourquoi venir chez un procureur, et lui demander un rendez-vous?

FRANVAL

Pourquoi ?.. pourquoi ?.. ( à part ) C est que je voulais prendre des informations qui me paraissent déjà assez con* cluanles....

JOLlVETv

Mais U n’est pas que vous ayes on procès ?

■ FRANVAt.

Un procès!.. ^

JOLiyET.

Cherchez bien , vous en avez un ?

FRANVAE, à part.

Mais où diable trouver un procès.... moi qui n’en n ai jamais eu ?... Ch parbleu... j’ai celte ancienne créance que j.ai toujours regardée comme perdue.... celte cession qu on in a faite... Parbleu, s’ils en tirent quelque chose— ils seront bien abiles. {Haut) Monsieur, voici de quoi il s’agit....

a6 L’INTERIEUR DE L’ETUDEÎ, i

JOLIVET

Je vous écoute.... *

FRANVAL

Je suis Français et négociant; mais ma principale maison de commerce n’esi pas en France. 11 y a quinze ou dix-liuit ans que je prêtai une trentaine de mille francs à un de mes compatriotes, qui est mort sans me lés rendre....

JOLIVET

Il TOUS les doit!

FRANVAL

Sans contredit.... Et comme c’était un honnête homme, il me laisse par son testament, ah n, disait-il, de s’acquitter envers moi, un petit domaine qu’il avait en France.... et qui, ayant été abandonné pendant vingt-cinq ans et plus, appartient peut-être en ce moment à une douzaine de personnes. ;

JOLIVET

Eh bien !.... c’est une douzaine de procès en expropriation forcée....

FHANVAL.

Et si cela doit ruiner d’honnôtes familles....

JOLIVET

L’équité avant tout.... Votre litre est réef; il faut le faire valoir... Sinon vous courez tisijue de voir contre vous une prescription acquise, si même elle ne l’est pas déjà....

FRANYAL.

D’accord; mais je vous avoue cependant que si aela pouvait s’arranger

• JOLIVET

Du tout, Monsieur, du tout; ces affaires là ne s’arrangent pas.... Douze procès eu expropriation forcée.... Vous dites que votre notaire se nomme ...

FRANVAL

M.deVersac.

JOLIVET, lui donnant une plume et de l'encre.

Vous allez lui écrire un mot.....’Il faut enyoyer chez lui

eheiclierle lilreet les pièces authentiques, et dès aujourrd’hui

COMEDIE. #7

nous commencerons.... Mais tenez, voici M. Derveille luiméine....

FRANVAL, écrivant.

C'est ça.... on renfort.... Les triples corsaires! on dirait qu'ils ont peur, que leur proie ne leur échappe.... Allons, morbleu.... je ne m’étais pas trompé.... ils se ressemblent tous.

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