‹ L'Internationale; documents et souvenirsChapitre 32 sur 314 · PREMIERE PARTIE, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE, CHAPITRE II

tant celte note en 1872 dans le Mémoire de la Fédération jurassienne (p. 209), j'ai écrit : a Pour celui qui vient de lire dans cette même brochure le compte-rendu des travaux du Congrès, y compris le texte ofliciel et définitif, en français, des statuts et règlements adoptés par le Congrès, la note ne peut signifier qu'une chose, c'est que le Conseil général publiera aussi un compte rendu, et que dans ce compte-rendu se trouvera aussi le texte officiel et obligatoire des statuts et règlements. Le texte français imprimé dans la brochure est incontestablement le texte sur lequel le Congrès a voté ; la brochure le dit expressément : Les statuts présentés par la commission' sont adoptés par l'assemblée dans la forme suivante (p. 10), et plus loin : Les règlements ont été adoptés dans la forme suivante (p. 26). » La preuve que nous avons là en effet les textes français authentiques, c'est qu'aucun délégué du Congrès n'a jamais réclamé, et que les Sections françaises et suisses, toutes les fois qu'elles ont publié les statuts et le règlement de l'Internationale, de 18G6 à 1870, les ont publiés en un texte conforme (sauf les légères variantes que j'ai relevées en note) à celui de la brochure de Card '.

Pour terminer, j'ai à indiquer encore, en reproduisant un passage de cette même brochure qui suit immédiatement le texte du règlement, les décisions prises à l'égard de la nomination du Conseil général et du choix du lieu où devait se réunir le prochain Congrès :

Enfin rassemblée a mis la dernière main à son travail. Elle a décidé :

1° Que le siège du Conseil central pour l'année 1867 reste à Londres ;

20 Que les membres du Conseil central sont réélus à lexf-eption dun seul d'entre eux % qui est exclu à cause des calomnies (.ont il s'est rendu coupable contre quelques-uns de ses collègues ;

3° Que le prochain Congrès aura lieu à Lausanne le premier lundi du mois de septembre 1867.

Pour le lieu de la i)rochaine assemblée ou pro})osait d'abord Bruxelles, mais le Congrès a déclaré à l'unanimité que la Belgique, à cause de ses lois sur les étrangers, ne i)eut pas être regardée comme un pays libre. C'est à la proposition de M. Côrnaz, faite au nom de la Section de Lausanne, dont il était délégué, que celte ville a été choisie pour le lieu de la prochaine réunion du Congrès.

... La clôture du Congrès a été prononcée samedi soir, à huit heures et demie.

Le lendemain dimanche [»)]. une fête : [(romenade sur le lac, baïuiuel et soirée familière ont réuni les délégués des dillerents jiays et les nombreux sociétaires de Genève et des Sections voisines. La Socit-lé chorale et la Société du Grûlli donnèi-ent leur concours à cette fête.

1. Excepte- dans la brocluiro, impriiin-o l'n 18G9, (pii contient les slatiits de la Fédération romande adoptfs par le (lnnL,'rcs roniaiid de janvier IHli'.t. Kn lélc de cette brochure, le Comité fédéral romand, vimlant donner lis Statuts généraux de l'Internationale, a, par une étourderie inconcevable, au lieu »te reproduire les Statuts définitifs voti's a Genève, en I8GG. reproduit la traduction parisienne des l'rorimunal Rules de 18(ii.

2. Il s'af<it de Lelubez. — On trouve la liste des soixante-trois membres du Conseil ijénéral élus au Coni^riVs di' (lenéve dans la brochure Sliituls et règh-iiiriits. imi)rimée à Londres 'Imprimerie coopérative intcrnalinnaif, ;tO, Tavislock Streeti a la lin de 18G7 par les soins du (^onu'rès i,'éniTal : elle comprend trente-six .\nL,'lais. dix français, sept Allemands, cin(| Polonais, un Danois, un F-spairnol. un llidlandais, un Italien, et un Suisse.

Voici enlin ce que la brochure Gard nous apprend (p. 28) au sujet des adhésions envoyées au Conjurés par des organisations qui n'avaient pu s'y faire représenter, ou par des notabilités scientifiques :

Pour eomplétci' co coinptc-reiidu, il faut faire iiienlion des lettres dadliésioii que le (^oiigirs a reçues de diU'érents-pays ; et d'abord, deux lelli-es d'ilalie, une du Comité eenlral desSoeiélés ouvrières de la Londjardic, l'autre du Comité des représentants de 44 associations ouvrières d'Italie, qui a son siège à Gènes... D'Allemagne... on a reçu aussi deux lettres : l'une de M. Biichner, qui jouit d'une célébrité universelle dans les sciences exactes et y fait l'autorité, ({ui reconnaît pourtant qu'il regarde comme son plus grand mérite d'avoir contribué à la fondation des sociétés ouvrières et des associations coopératives de Darmstadt et d'avoir toujours proclamé hauteujent que, de toutes les questions (|ui occupent les esprits, la question du travail est la plus importante [)our l'avenir de l'humanité. . .; l'autre lettre est de M. Lange, qui se distingue par des vues larges et justes dans la science de l'économie sociale et qui a fait beaucoup pour la propagation et le progrès du mouvement coopératif en Allemagne.

On chercherait en vain, dans les trente pages du Compte-rendu du Congrès de Genève, le nom de Karl Marx. A dessein, il ne s'était pas rendu à cette réunion, préférant rester dans la coulisse. Un mois après, il écrivait à son jeune ami et confident, le D' Kugelmann : « J'avais de grandes inquiétudes au sujet du premier Congrès, à Genève. Mais, en somme, il a réussi au-delà de mon attente. L'impression en France, en Angleterre et en Amérique était inespérée. Je n'ai pas pu y aller, et ne l'ai pas voulu non plus, mais c'est moi qui ai écrit le programme des délégués de Londres. Je l'ai limité exprès aux points qui permettent une entente immédiate et une action commune des ouvriers, et qui donnent immédialement un aliment et une impulsion aux besoins de la lutte de classe et à l'organisation des ouvriers comme classe. Messieurs les Parisiens avaient la tête remplie de la plus creuse phraséologie proudhonienne. Ils parlent de science, et ne savent rien. Ils dédaignent toute action révoliilionimire, c'est-à-dire procédant de la lutte de citasse elle-même, tout mouvement social centralisé * et par conséquent réaUsable aussi par des moyens politiques (comme par exemple la diminution de la journée de travail par voie lég-islative). Sous pi-étexte de liberté et d'anti gouvernementalisme, ou d'individualisme antiautoritaire, — ces messieurs, qui ont accepté pendant seize ans et acceptent encore si tranquillement le plus abominable despotisme, — ils prêchent en réalité le régime bourgeois vulgaire, seulement idéalisé à la mode proudhonienne. Proudhon a fait un mal énorme. Son apparente critique et son apparente opposition contre les utopistes (il n'est lui-même qu'un utopiste petit bourgeois, tandis qu'on trouve au moins dans les utopies d'un Fourier, d'un Owen, etc., le pressentiment et l'expression Imaginative d'un monde nouveau) ont d'abord gagné et séduit la « jeunesse brillante - », les étudiants, ensuite les ouvriers, en particulier ceux de Paris, lesquels, comme ouvriers de luxe, se trouvent, sans s'en douter, faire grandement partie de la vieille ordure ^. Ignorants, vaniteux, prétentieux, bavards, gonflés d'emphase, ils ont été sur le point de tout gâter, étant accourus au Congrès en un nombre nullement proportionné à celui de leurs membres. Dans le Report [compte-rendu] je leur donnerai sur les

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