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Le D' Coullery avait déjà quarante-six ans en I8C1D

3. La Section de Sonvillier compta, dès le début, au nombre de ses membres un jeune ouvrier graveur, Adhémar Schwitzguébel. né en 1844, qui devait jouer un rôle considérable dans le mouvement socialiste en Suisse.

4. On trouvera dans le second volume de ces Documents et Souvenirs la reproduction d'une notice nécrologique sur Constant Meuron, publiée dans le Bulletin de la Fédération jurassienne du 15 mai 1872. En 1866 il avait soixante-deux ans. Quoique appartenant à une branche d'une famille de l'aristocratie neucbâteloise, les de Meuron (il n'usait pas, pour son compte, de la particule), il avait été, en 1831, l'un des chefs de l'insurrection républicaine de NeuchAtel. Arrêté l'année suivante à Berne, et livré à l'autorité prussienne par le gouvernement bernois, il fut condamné à mort à Neucliâlel ; toutefois, le roi de Prusse consentit à commuer la peine capitale en celle delà détention perpétuelle. Enfermé dans la prison que flanque la vieille « Tour de César », à Neuchàtel, il réussit, en 1834, à s'évader avec l'aide de sa vaillante femme, Emilie Fasnacht (de Morat), qui lui fit passer, cachée dans un pain, une lime, avec laquelle il scia un barreau de fer d'une fenêtre de la prison. Il dut vivre en exil jusqu'en 1848 ; la révolution du 1" mars lui permit de rentrer dans le canton de Neuchàtel, devenu république. 11 se fixa auLocle, et y vécut, d'abord comme ouvrier guillocheur, puis comme comptable dans l'atelier de M. Adolphe Huguenin, monteur de boîtes. A l'automne de 1869, il se retira à Saint-Sulpice, sa commune d'origine, où il mourut en 1872.

5. .l'avais alors vingt-deux ans et demi. Après des études commencées à Neuchàtel et continuées à la Faculté de philosophie de l'Université de Zurich, j'avais accepté, en août 1864, pour un an, la place vacante de professeur d'histoire et de littérature à l'Ecole industrielle du Locle qu'était venu m'offrir, au nom de la Commission d'éducation de cette ville, le directeur de l'Ecole, M. Barbezal ; mon intention était, l'année achevée, d'aller poursuivre mes études à Paris. La mort, survenue en février 1865, d'un frère plus jeune, qui s'essayait à la peinture et que j'avais compté emmener à Paris avec moi, changea ma destinée : renonçant à mon projet, je résolus de rester au Locle; je passai l'examen d'Etat, et, à l'expiration de l'année scolaire, je fus nommé professeur à titre définitif (août 1865).

6. Jean-Philippe Becker avait été l'un des chefs de l'insurrection badoise de 1849, et vivait depuis ce moment à Genève. Lorsque Lassalle fonda en 1863 l'Association

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Dans toutes ces Sections primitives, la conception de l'Internationale était encore fort mal définie. Le mot d'ordre avait été jeté aux échos : « Ouvriers, associez-vous ! » Et l'on s'était associé, coupant tous les ouvriers indistinctement dans une seule et même Section. Aussi les éléments les plus hétérogènes, pour la plupart fort peu sérieux, se coudoyaient alors dans les réunions de llnternationale, et l'influence était à ceux qui savaient broder les plus belles phrases sur ce thème d'un vague si complaisant : « Dieu, patrie, humanité, fraternité ».

Dans plus d'une localité, l'Internationale ne faisait qu'un avec le parti politique radical, et certaines personnalités ambitieuses cherchaient déjà à se iàire d'elle un simple moyen d'arriver à un emploi dans le gouvernement.

A la Chaux-de-Fonds, cependant, les radicaux, qui d'abord avaient patronné l'Internationale, s'aperçurent bien vite qu'ils ne pourraient pas dominer et exploiter à leur profit le mouvement ouvrier, et ils cherchèrent à l'étoufter au berceau. Le National suisse, journal radical de la Chaux-de-Fonds, commença dès lors contre l'Internationale une guerre de calomnies et d'attaques personnelles. Il en fut autrement à Genève, où les organes radicaux, la Suisse radicale et le Carillon, se montrèrent, dans un but intéressé, sympathiques à l'Internationale : ils comptaient sur elle pour rétablir le gouvernement de James Fazy, qui venait d'être renversé.

Coullery, en qui se personnifiait alors l'Internationale dans les cantons romands de la Suisse, déployait la plus grande activité pour la propagande. Il donnait meetings sur meetings, prêchant de village en village l'union des travailleurs et la fraternité.

Il voulut avoir un journal à lui, et. n'ayant pu trouver d'imprimeur, il créa lui-même une imprimerie à la Chaux-de-Fonds. Le journal parut sous le titre de la Voix de V Avenir ; son premier numéro porte la date du 3i décendjre i8G5.

La Voix de V Avenir, quoique fort mal rédigée, et n'ayant d'autre programme qu'une sorte de néo-christianisme humanitaire, trouva de nombreux lecteurs, non seulement en Suisse, mais en France. Il faut dire que c'était à ce moment presque le seul organe socialiste qui se publiât en langue française *.

L'article 3 des Statuts provisoires de l'Internationale disait : « En i865 aura lieu en Belgique la réunion d'un Congrès général ». Mais le Conseil général dut reconnaître que la convocation d'un Congrès serait prématurée en i865, et qu'en outre la Belgique ne pourrait pas offrir l'hospitalité aux délégués, à cause de la loi sur les étrangers que le gouvornenient belge venait de faire voter. Au lieu d'un Congrès, on se contenta d'une simple Conférence, qui se réunit à Londres du 20 au 29 septembre i8()Ô. Paris y fut représenté par Tolain, Fribourg, Charles Limousin et Eugène N'urlin ; Bruxelles par César De Paepe- ; Genève par le Français Dupleix et l'Allemand J.-l*h. Becker ; les autres membres de la Conférence étaient des Anglais, Odger, Crcnier, Wheelcr, llowell, Weston, etc.. ou des étrangers habitant Londres, Dupont, V'ésinicr, Lelubez, Ilermann Jung, Karl Marx.

générale des ouvriers allemands f.iUgenieiner deuli^cln'r Arheitcrvcrcin '. .I.-I'li. lîecker avait ailliéré à cette organisation : mais il en sortit en I8(>.i, quand SciiwtMlzer, le successeur de Lassalle, parut vouloir se ménager les bonnes griU'es de Bismarck.

1. Il y eu avait deux autres en Belgique, la Tribune du l'euple et la Liberté.

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