RÉUNION PUBLIQUE
c Citoyens,
a Vous êtes invités à assister à une réunion qui aura lieu samedi 8 avril, salle de la Perle (Valentino), grande place de la Croix- Rousse.
c Ordre du jour :
a 1® Les futures élections ;
« 2<> La France actuelle et son avenir.
C Pour la commission *■ :
f G. RAYMOND, BREVET. »
^ n s'agit ici de la eommission provisoire de la Commune.
ET LE JACODINISME.
) EXPLICATIONS DU UimE DE LA GriLI.OTIKRE, GRESTIK, AU SUJET DB
■ l'isscmnECTioN du 30 avril, ou il ne voit que le fait des provo-
l'CATIONS DU GOUVEnNEUENT ET DE L'ASSeUDLRE.
• Monsieur le nédacteur du journal le Vonijeur,
• La Guillotière, presque exclusivement peuplée do républicains, élaït, depuis le 18 mars, dans un état d'agitation des plus inquiétants, que les violences de l'Assembléo contra Paris, les cris êcliappâs à un certain nombre de députés, les incrotables circulaires dl'
GOUVERNEMENT, LES ÉLOGES OES UÉHOB DE LA CAPITULATION, N'ÉTAIENT PAS DE NATURE A CALUEH.
t Ln loi municipale, en donnant aux campagnes le droit da nommer leur ntaire, refusé aux villes, a été considérée dans notre Brrondissement oomjne une provocation direelo, el il a été dès lors assez diflicile aux eiloyens chargés de l'administration do contenir les colères débordantes.
" < C'est dans ces conditions, et pour tenter d'éteindre des ferments redoutables, que la délégation de la municipalité lyonnaise
it allée porter des paroles de conciliation à Versailles et à Paris.
• On sait que In délégation n'a rien obtenu.
■ Ce résultat ne fit qu'exaspérer les esprits.
■ Un régime exceptionnellement doux était nécessaire. Les pré- Ktttions les plus grandes étaient indiquées, particulièrement pour
l Guillotière, loule frémissante de républicanisme et de palrio-
■ Comment ocs indications ont-elles été remplies? le demandons aux journaux de Versailles et aux journaux
1& Lyon, qui suivent Ictirs plans de campagne. I Nous le demandons aux , directeurs des chantiers de la Baire, i ont choisi, pour réduire les salaires d'une grande quantilê do
riers, précisément l'avant- veille du 30 avril. [ Le 3<J avril au matin, dès quatre heures, la générale bat, quel- ' ques hommes portent le mot d'ordre : • Abstention * aux Uroltcaux, dans la ville, à la Croix-Rousse.
■ Empflcher une manifestation du suffrage universel, quand cette manifestntion doit être une protestation contre les agissements du gouvernement, quel est cet intérêt ?
• L'empêcher précisément dans le moment où le succès de ta manifestation est le plus assuré, quelle est cette politique?
• Peut-elle être celle des républicains? Et quand, immêdialemcnl
après, le désarmement est ordonné par le gouvernement dans cd quartier hostile à la monarchie, Teffet n*est-il pas de nature à nous éclairer sur la cause ? Et le bénéfice obtenu ne dénonce*t-iI pas le parti qui seul pouvait avoir intérêt à ce que ce mouvement se produisît ?
tt Ces arguments, je me suis efforcé toute la journée de les faire valoir auprès de la population eatraînéc; je me suis évertué à lui faire comprendre que la Républiq[ue seule avait à perdre à une prise d'armes aussi insensée et inopportune, et qu'il était par trop naïf de nous amuser à faire le jeu de nos ennemis.
« Sauf une centaine d'hommes aveuglés, tous se sont rendus à oes raisons si simples. Les autres même les aiu*aient également admises sans rinterventioa de quelques meneurs inconnus.
<K Gomment se fait-il que les ordres donnés par M. Bourras pour occuper dès le matin les postes de cette mairie n'aient pas été exécutés ? Gomment se fait-il que les commandants des bataillons qui devaient les recevoir ne les aient pas reçus ? Et quand on se dit avec certitude que si oes ordres avaient reçu leur exécution, tout ce qui s'est passé à la Guillotière n'aurait pas eu lieu, que conclure ?
d Gette interrogation n'est-elle pas la lumière ?
« Salut et fraternité.
€ CRESTÏN,
« Maire da 3« arrondissement. »
PIÈGE Lin
« Reçu du commandant du IS» bataîHon le timbre dudit, dentandé, avec deux délégués de Paris et plusieurs hommes en armes.
Signe : BREVET * .
« La Groix-Roasse, 30 aviil 1S7L »