‹ L'Internationale et le jacobinisme au ban de l'EuropeChapitre 130 sur 159 · MAIRIE DE TOULOUSE · texte numérisé non relu

MAIRIE DE TOULOUSE

« Garde nationale et citoyens de Toulouse.

t En présence des événements graves qui ont menacé hier la sécurité publique, et dont la responsabilité paraît peser sur les déterminations prises par la garde nationale d'occuper quand môme le poste du Capitule, il est de notre devoir d'exposer aux citoyens de Toulouse la vérité pure et simple.

a La municipalité était vacante par la démission du maire et de ses conseillers. D'un autre côté, on était informé de la nomination comme préfet de la Haute-Garonne, de M. le comte de Kératry, dont les antécédents politiques permettaient de mettre en doute les sen-" timents républicains. Nous ajouterons en même temps que les actes dei l'assemblée do Versailles laissaient planer des doutes sur son dévouement à la Républi(pic. Dans cette situation, la garde nationale de Toulouse, voulant à la fois assurer la conservation de la République et pourvoir, en l'absence de Tadministrafion municipalOi à la gestion des affaires de la commune et au maintien de la sécurité publique, a cru remplir un devoir impérieux en venant occuper le capitole.

a Cette occupation ayant paru éveiller les craintes d'une partie de la population, le comité de la garde nationale s'est empressé d'accueillir les offres de conciliation qui lui furent apportées par un groupe d'hommes honorables, constituant Tassociation républicaine, qui voulurent bien servir d'intermédiaires entre nous et les autorités judiciaires et militaires réunies à l'arsenal.

« Plusieurs entrevues furent la conséquence de cette intervention et conduisirent à une transaction de nature à concilier les droits et les sentiments de tous.

ce 11 fut ensuite convenu, sur la demande des généraux, [ue nos

postes seraient réduits à leur effectif ordinaire et que, de leur côté, ils feraient évacuer de Tarsenal la force civile qui s'y trouvait et queTarsenal avait armée.

c Sur Tordre du commandant Valette, comme maire de la ville, les piquets supplémentaires rentrèrent immédiatement sans résistance dans leurs quartiers.

a Une heure après, les places publiques étaient envahies par toutes les troupes et par cette môme force civile qui, d'après les engagements des généraux, devait évacuer l'arsenal .

c Le comité, surpris de voir qu'on ne tenait aucun compte des conventions acceptées de part et d'autre, proteste au nom de la garde nationale contre cette mesure violente que rien dans ses actes et dans ses intentions ne peut justifier.

t II proteste notamment contre les affiches placardées en ville, lui attribuant la qualification de Commune révolutionnai re.

« Depuis dimanche, au moment où ces affiches ont paru, nous avons protesté par la voix du colonel Frugier, duquel nous ne nous sommes jamais séparés.

« Nous protestons aussi contre la pose des afjRcbes elles-mêmes faites à notre insu *.

« Dans cette situation, nous pouvons inviter les citoyens à dissiper toute crainte et à conserver le caractère que l'ordre et la tranquillité publique seront maintenues tant qu'ils ne dépendront que de la garde nationale.

c Vive la France 1

€ Vive la République !

« Le comité formant la commission municipale :

a Les citoyens FRUGIER, lieutenant-colonel de la garde ; DUNAQ, commandant major; VALETTE, chef de bataillon ; PROUST, chef de bataillon ; LAVAL, chef de bataillon ; MURATET, capitaine adji;dant-major; GALBEYRAN, capitaine ; ADER, capitaine; GROS, capitaine ; ENGAUSSE, capitaine ; VERDALLES, lieutenant ; FRÉGHOU, sous-lieutenant; AUDIBERT, sous-lieutenant; OALMETTES, sous-lieutenant ; LAFRÉNÉE, sous-lieutenant. »

*■ Cette déclaration est mensongère. En effet, dans la soirée da 36, à Fissoe de leur réunion, les orflciers, en faisant remettre au citoyen Duportal la liste des membres appelés à faire partie de la commission executive, avaient accompagné cet envoi de la lettre suivante, signée du secrétaire provisoire de la Commune : « Leàtoffm Duportal est prié de par les officiers réunis de faire placarder demain une affiche qui porte les noms ci-iessus comme faisant partie de la commission executive de la Commune de Toulouse. »

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