PIÈCE LXXX
MAKIFlSTia DIVERS DO COMITE RBVOLUTIOIfflAIRS DU EAUTT HE Lan FRàNGE, ETABLI A LYON, AU MOIS DE BEPi ' JBMBRJg 187(h
Comité révolntionnnire âa saint de la France. Aux citoyens travailleurs lyonnais.
« Citoyens!
a Dans [les circonstances oritiqpies au milieu desquelles nous nous trouvons, en face d'une réaction sans cœur et sans patriotismei en présence des faits odieux c[ue nous voyons tous les jours se passer, le silence ne nous est plus permis. — Nous devons protester contre les élections au moyen desquelles on veut nous imposer une constituante réactionnaire.
« Mais par quels moyens élèverons-nous la voix contre ces continuateurs de T Empire qui se déclarent hypocritement républicains?
a Ces moyens sont la presse et les réunions publiques.
« Le comité du salut de la France a déjà annoncé dans diverses réunions la création d'un journal, mais la mauvaise volonté des imprimeurs, qui craignent encore les lois de l'empire, et d'un autre côté la guerre sourde faite par la réaction riche à un comité de travailleurs ont empoché ce comité, malgré ses efforts, de réaliser son projet de journal.
a Mais si vous le voulez, citoyens, votre journal paraîtra et démasquera sans pitié tous les réactionnaires, quelle (pie soit leur position, quelles que soient leurs forces.
« Le comité vous invite donc à ouvrir dans vos chantiers une souscription volontaire destinée à la création du journal : Le saldt DE LA France, tribune des travailleurs.
« Les délégués des chantiers se chargeront de centraliser les souscriptions et de les verser au comité, qui tiendra constamment à la disposition de ces délégués tous les livres de comptes ; de plus.
ehaque^ chantier reaavra graituitooiAnl wk «i^rtain. nombre. 4'«Mniplai]:«B. du journaL c Union bt. aouo^xurà»
c Le comité :
€ Signé: PLAGET; BLANC; PARRATON; D^ANDftÉfe; GAMET; BfôGHOFF;: CHARVET; BÉNE; GtttUavimft VIGN0I. »
Timbra tTet. ces moti :
minnuQui française. Lyon, 1870.
Comité eeotral da saint de> la France
a Citoyens!
» Aprèft UsaAglanto. comédie du second empire^ le peuple» las deai turpitudes, et des trahisons, épuisé" par des impôts écrasants, engagé dans une guerre fratricide et purement dynastiq[ue et qui fut pour Tarmée française une suite de désastres, le peuple, disonsnous, proclama, le 4 septembre, la République.
a En retrouvant sa souveraine autonomie, le peuple avait le droit de penser qu'un système complet et énergiciue de défense nationale seraient mis immédiatement à exéculion. Mais à des institutions nouvelles il fallait des noms nouveaux, et le gouvernement provisoire a eu la coupable imprudence de laisser subsister l'organisation administrative et bureaucratique de l'état déchu.
« Qu'en est-il résulté ? Un tiraillement perpétuel dans le sein gouvernemental, des obstacles suscités par le mauvais vouloir des fonctionnaires de l'ox-cmpiro, un antagonisme et, qui plus est, des. conflits entre l'autorité civile républicaine et l'autorité militaire bonapartiste, à ce point qu'on en est réduit aujourd'hui à employer la force armée à réduire celle-ci. Puissent des flots de sang ne pas être versés à ce sujet I
f La défense nationale est donc entravée, et la jeune République, venue avec des idées pacifiques, est à la veille de se voir sérieusement menacée dans son existence.
« C'est dans ces circonstanods difficiks qne prit naissanee le comité du salut de la France. Devant le danger toujoMtrs croissant et l'impuissance des pouToirs officiels à le conjurer, des citoyens courageux, des républicains sincères s'organisèrent fédérativement sous le nom ci-dessus, dans le but de seconder, par l'initiative privée, Tautorité dans sa tâche en lui signalant les mesures néeessaires dans l'intérêt de la Révolution e4 les lui faisant o^tra à exéeUtion.
i08 L'INTERNATIONALE
« Faisant appel aux vrais patriotes qui sentent qu'il ne suffit pas d'avoir une République de nom, mais qu'il faut encore ({u'elle se manifeste par l'austérité de ses principes et ta virilité de ses actes, le comité sera vraiment l'expression du sentiment populaire.
« L'organisation en est simple : des groupes de vingt-cinq citoyens, trente au plus, nommant un délégué qui se met en rapports avec ce comité ; une commission executive choisie dans ce comité s'abouchera avec les délégués pour les tenir au courant de tout ce qui peut les intéresser.
f Les ordres sont toujours apostilles du timbre du comité : ils doivent être refusés s'il n'ont pas le signe convenu.
f Le comité, »