INCIDENT FAVIER ET CRESTIN
(ItrcoDseil de guerre de Lyon. Audience du mardi 14 novembre 1871.)
Le citoyen Favier, président du cercle do la rue Grolée et du conseil d'arrondissement. — Je suis très-étonné d*ôtre appelé ici ; j*ai déjà dit que les épouvantables malheurs qui ont frappé la France ont produit chez moi un manque de mémoire, et que je ne me souviens pas de faits aussi anciens (rires dans Tauditoire).
Le président. — Vous ne vous souvenez de rien?
A/. Favier, — Non, toutes ces capitulations m'ont troublé la tête, et cette dernière catastrophe de l'armée du général Bourbaki obligé de passer en Suisse, avec cent quarante mille hommes, a porté le dernier coup à ma mémoire (nouveaux rires).
Le président. — Comment se fait-il, si vous manquiez ainsi de mémoire, que vous ayez été nomifié au conseil d^aiTondissement?
M. Favier. — Ceci est une question entre moi et mes électeurs.
Crestin, maire de la Guillotière. — Le mouvement a eu lieu à la Guillotière parce que depuis longtemps « un journal bonapartiste de Lyon », la Comédie politique, avait désigné la Guillotière et son maire comme acquis d'avance a l'insurrection.