‹ L'Internationale et le jacobinisme au ban de l'EuropeChapitre 139 sur 159 · PIECE LXXXVI · texte numérisé non relu

PIECE LXXXVI

ADRESSES ET JlàMnrESDOHB BÉDSTIBUK liU {CONBOIL ^aOSNIOnMX 9DB 1*1

La commune de Lyon aux membres de la délégation gouvernement

taie à Bordeaux,

ff Dans les graves circonstances que la France a traversées depuis le 4 septembre, le conseil municipal de Lyon vous a toi:yonis donné, dans la lutte que vous soutenez contre les barbares,

ET ^■E JACODINISME. «15

BFfflque appQi ; il -vdus a transmis ù plusicnrG reprises ses voeux «t ^ee TGSotntioDS.

• Aujourd'hui, les prévisions se dressant menaçantes, la népubliqno eïigo un effort suprême contre l'ennemi, qui, dans son insolence, ose nous conseiller une pais déshonorante.

■>• Dans ta lutte â outrance qu'il s'est décidé ù soutenir, le pays est troublé par une anxiclé profonde; il so demande si l'élat d'isole- BGtit'dans lequel lo gouTernement se troDve condamné n'est pas va danger, s'il n'est pas né<;cssairo d'apporter à 'la défense nationale une nouvelle force et un nouvel appui,

t Des obstacles de totilc nature no permellcUt pas, avant la fin do tB'guen-e, de constituer un gouvomcmenl régulier émane du suffrage universel du pays tout cnlior, librement consulté; mais, si la réunion d'une Assemblée nationiile complète ne peut s'accomplir. im conseil gouvernemental, résultat des votes des grandes cités, peilt «e faire rapidement et stb'ement.

■0 Cette Assemblée, représentant l'fime'de la Franco républicains, montrera à l'Europe qno tous les Frau!.-ai3 sont unanimes dans teup -volonté de chasser l'ennemi et de fonder la népuLliquo ; elle ■era pour le gouvernement un appui et une force immouse dana Pœnvre de la défense niilionale.

■ Appuyé sur ce levier indiscutable, le gouvernement pcuri'a sans btaitation décréter les meem-es nécessaires et tes applique!-; it trouvera dans les mandataires du pays non-soulemonl des conseillers,

î des agents sûrs et fidèles.

■> Noos vous demandons do couBlitaer immédiatement un conseil ^ de gouveruemcnl sur les bases suivantes :

" Les élections auront lieu te plus ropidcmoat possible dans f tous les départements non envahis;

* B" lies députés sont nommés par les électeurs de chaque chcf- ' lieu de dépm'tement, ou do la ville la plus populeuse ;

■ S* Le nombre des députés est de un par département au minimum ;

> 4" Los départements dont le oheT-lien a nnopopulntion au-dessus do A0,000 habitants nomment eu plus un député par groupe de 40;000. >

RésoIatioBS d'intérêt général présentées au goarerneoient de Tours a du ùoneeU munioipal dû Lyon par ha citoyens BAnonarr. Vallier et Gauj-eton.

^l'Epuration dos cadres dcrarroée el appUoalion immédiulo du décret qui suspend les lois sur l'avancement hiérarchique dans l'armée ;

« 2<> Approbation sans réserve du décret du gouvernement qui rend passible d'un conseil de guerre tout chef de corps qui a été battu, a capitulé ou s*est laissé surprendre ;

« 3« Responsabilité personnelle et effective des chefs de corps pour l'organisation et Tinstruction des troupes qui leur sont confiées;

« A^ Nomination immédiate de commissaires civils munis de pleins pouvoirs auprès des chefs de corps d'armée ;

« 50 Responsabilité personnelle et effective des intendants militaires;

tiQ^ Nomination immédiate de commissaires civils munis de pleins pouvoirs auprès des intendants ;

« 7o Droit de réquisition absolu par les commissaires civils auprès des armées et des intendants pour tout ce qui concerne la défense nationale ;

a S° Le remplacement militaire est absolument interdit ;

a 9o Achèvement immédiat de Tarmement dans toutes les communes. — Exécution de travaux de défense (tranchées, obstacles de toutes sortes) dans chaque commune, au besoin par voie de réquisition forcée ;

a 10^ Les maires et conseillers municipaux sont responsables de Texécution de ces travaux et les contrevenants seront traduits devant une cour martiale qui jugera souverainement ; il en sera de même de quiconque entravera la défense ;

c ilo Toute commune qui n'aura pas opposé à Tennemi une résistance proportionnée à sa population et à ses ressources, subira une contribution de guerre au profit des départements dévastés, sans préjudice, pour tes individus, des peines édictées par les lois militaires contre la désertion devant l'ennemi ;

« 12° Seront passibles de la confiscation immédiate de leurs biens et des peines militaires tous les Français qui auraient quitté le territoire depuis la déclaration de guerre et ne rentreraient pas dans leurs foyers, sans délai, pour concourir à la défense nationale;

« 13" Révocation de tous les fonctionnaires ayant servi sous le régime impérial;

a 140 Nécessité de frapper d'une contribution de guerre les valeurs mobilières;

a 15» Toutes les lois antérieures qui entraveraient l'application des mesures précédentes sont provisoirement suspendues. »

A f Assemblée nationale et à la Commune de Paris,

« Délégués du conseil municipal de Lyon, nous n'avons pu voir, sans une profonde douleur, se propager la lutte sanglante entre Paris et l'Assemblée de Versailles.

X Nous sommes accourus sur le champ de bataille pour lenlar un effort suprême do eoncîlialion entre los belligéroots,

■ Où est l'ennemi ? Pour nous, il n'y a parmi les oombattanls que dos Français. Nous intervenons entre eux au nom d'un pnncipa sacré : la rraternitê.

• Nous trouvons en présence deux pouvoirs qui se disputent les destinées de ia France : d'un côté, l'Assemblée nationale, dans la-

I quelle nous respectons le principe du suffrage universel; de l'autre, la Commune, qui personnille un droit incontestable, celui qu'ont les villes de s'administrer eiles-mfimes.

' f Nous venons leur rappeler, à tous deux, une chose plus sainte |Dcore, le devoir d'épargner la Fronce et la République. ' « A l'AsBemblêe nationale nous dirons : Voici déjà trop longtemps tpie vous dirigez contre Paris des attaques meurtrières, que vous lui faites une guerre sans Irôvo. Le sang coula à flots. Après le siège des Prussiens, dont vous avez pris la place, le blocus des Français contre des Français I...

^ ■ Qu'espérez-vous î Votre dessein est-il d'enlever Paris d'assaut? ^Bé^ous n'y entreriez, dans tous les cas, que sur des monceaux de ^^Badavres et de ruines fumantes, poursuivis par les malédictions ^^Bb8 veuves et des orphelins. Vous no trouveriez devant vous qu'un ^^H^clre de ville. El le lendemain d'une telle victoii'e, quelle serait ^^Bptre autorité morale dans le pays? Ouvrez les yeux, il en est ^^RlBmps encore ; reconnaissez qu'une ville qui se défend avec cet liérotsme contre loulo une armée française est animée par quelque choso de plus sérieux qu'une vaine patience et une aveugle turbulence. Elle protège un droit, elle proclame une vérité.

■ Ne vous retranchez pas derrière une analogie qui n'est que spécieuse. Dans la guerre civile qui a désolé la grande République américaine, le Sud combatlait pour lo maintien de l'esclavage; Paris, au contraire, s'est soulevé au nom de la liberté. Si vous -voulez emprunter des lepons à l'histoire, souvenez-vous plutût des hommes d'Élal de la Prusse, qui, au lendemain des désastres d'Iéna, donnèrent à leur pays meurtri et humilié les mâles consolations de la liberté qui relève el régénère les peuples.

* A la Commune nous dirons : Prenes-y garde; en sortant de vos attributions, vous vous aliénez les esprits sincères et justes. Rentrez dans la limite des revendications municipales. Sur ce terrain, vous avez pour vous le droit et la raison. — N'employez pas, pour défendre la liberté, des armes qu'elle désavoue. Plus de suppression de journaux! Ce ne sont pas les critiques, ce sont vos propres fautes que vous devez redouter. — Plus d'arrestations arbitraires! Plus d'enrûleuienls forcés! Contraindre A la guerre civile, c'est viotealer la conscience. — Songez du reste aux dangers imminents et terribles I que la prolongation d'une lutte fratricide fait courir à la République

^^g que lu proioiiguiiuu u un

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t Assez de sang répandu I Ytras avez le droit de sacrifier ▼otre Tie et votre mémoire^ -vous n*avez pas le droit «d'exposer ladômocrafis ' à une défaite irréparable.

« Notre mission, on le voit, est tonte pacifique. Aux mis et ana autres nous crions : Trêve I Déposez les armes, faites taire la du canon et écoutez celle de la justice!

a Paris réclame ses franchises communales 7 le droit de ses maires, d'organiser sa garde nationale, de pourvoir lui-même à son administration intérieure. Qui peut lui donner tort? Sont-œles hommes aujourd'hui au pouvoir, qui n'ont cessé de revendiquer pendant vingt ans le gouvernement du pays par le pays?

« Que l'Assemblée nationale -veuille bien y réfléchir. Sa résistance se briserait tôt ou tard contre la volonté des citoyens appuyée sur le droit : car la cause de Paris est celle de toutes les villes de France. Leurs revendications légitimes, étouffées aajourd'àui, éclateraient demain plus irrésistibles. Quand une idée a pris racine dans l'esprit d'un peuple, on ne l'en arrache point à coups de fusil.

« C'est donc au nom de l'ordre comme au nom de la liberté, que nous adjurons les deux partis belligérants de songer à la reepon* sabilité de leurs actes. Derrière le voile de sang et de fumée qm couvre le terrain de la lutte, ne perdons point de vue deux choses sinistres : la République déchirée de nos propres mains, et les Prussiens qui nous observent, la mèche allumée sur leurs canons.

a BARODET, GRESTIN, FERROUILLAT, OUTHIER, YALLIER, conseillers municipaux, délégués. »

PIÈCE Lxxxvn

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